Michelin, L’Oréal… Ces multinationales qui militent pour un « salaire décent »
Challenges
mer. 4 décembre 2024 à 6:30 AM UTC+1 https://www.challenges.fr/economie/michelin-l-oreal-ces-multinationales-qui-militent-pour-un-salaire-decent_913261#xtor=CS3-89-%5BMichelin%2C%20L’Oréal…%20Ces%20multinationales%20qui%20militent%20pour%20un%20«%20salaire%20décent%20»]
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Le groupe Michelin a mis en place une rémunération minimale tenant compte du coût de la vie. Une expérience qui en inspire d’autres, comme L’Oréal.
Une solution magique pour augmenter le pouvoir d’achat des Français ? Michelin, leader mondial du pneumatique, a fait un tabac, en avril dernier, en annonçant la mise en place d’un « salaire décent » pour tous les salariés du groupe, y compris à l’étranger. Cette rémunération minimale maison doit permettre de « subvenir aux besoins essentiels d’une famille de quatre personnes », de l’alimentation aux transports en passant l’éducation des enfants, les frais de santé, et constituer une épargne de précaution. « Le smic n’est pas suffisant pour vivre »,commente Florent Menegaux, le président de Michelin. On croirait entendre le discours d’un leader syndical ou d’une ONG…
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Concrètement, la marque au bibendum adapte les salaires au coût de la vie locale. A Greenville, aux Etats-Unis, un ouvrier gagne 40 000 euros annuels, contre 69 312 yuans par an, l’équivalent de 9 000 euros, pour un employé chinois basé à Pékin. En France, le groupe a régionalisé les salaires. Un ouvrier basé au siège de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) touche 25 300 euros annuels, soit 1,2 smic, alors que son collègue parisien va percevoir 39 600 euros (1,9 smic) annuel.
Le smic à 1 600 euros net
Côté syndicats, on met toutefois un gros bémol. « Le salaire décent n’empêche pas les plans sociaux et les délocalisations pour des raisons de compétitivité comme on le voit actuellement », rétorque Laurent Bador, le délégué syndical central CFDT Michelin. En effet, le fabricant de pneumatiques a annoncé la suppression de 1 254 emplois avec la fermeture des sites de Cholet (Maine-et-Loire) et de Vannes (Morbihan). L’image d’un groupe se vantant d’être social en a pris un coup.
N’empêche, Michelin a relancé le débat autour du smic. Il est vrai que le nombre de salariés au salaire minimum a augmenté ces dernières années en passant de 12 % en 2019 à 17 % en 2024 de la population active. Certains secteurs, comme la restaurati[…].
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