Lutter contre la pollution, ça marche !
Blandine Esquerre, Dr|
Toulouse – Conscientes des conséquences néfastes de la pollution atmosphérique sur la santé des habitants – par ailleurs de mieux en mieux connues -, les grandes métropoles mettent en œuvre des plans de protection de l’atmosphère (PPA) qui visent à diminuer les concentrations aériennes nocives. L’impact de ces plans sur 10 ans (2009-2019) vient de faire l’objet de publications pour deux d’entre elles : Toulouse et Montpellier, par le CREAI-ORS Occitanie.
Baisse notable
Produits par la pollution industrielle, le trafic routier ou encore la combustion de biomasse pour le chauffage, trente polluants sont surveillés en permanence dans ces zones par Atmo Occitanie, grâce à des capteurs fixes ou non et lors de campagnes ponctuelles. Les conséquences sur la santé (décès, passages aux urgences, hospitalisation ou traitement médicamenteux), sont estimés en nombre de cas attribuables.
Pour 117 communes de l’agglomération toulousaine et 114 de celle de Montpellier, l’analyse des PPA évalue le « chemin parcouru », approche rétrospective analysant directement les bénéfices, et le « chemin à parcourir », soit les bénéfices attendus si les concentrations respectaient les recommandations OMS publiées en 2021 (donc après le lancement des PPA).
Les deux études notent des baisses notables des deux principaux polluants, particules fines (PM2,5) et NO2, et de l’impact sanitaire. Ainsi, pour 100 000 habitants et concernant respectivement Montpellier et Toulouse, la mortalité attribuable passe de 113 à 92 et 160 à 75 décès, l’incidence attribuable du cancer du poumon, de 9 à 7 et de 15 à 6 cas, et celle des AVC de 19 à 17 et de 30 à 15 cas. Concernant l’asthme des enfants, la baisse est notable : elle était respectivement de 608 à 347 cas et de 910 à 443 cas, toujours pour 100 000 habitants.
Tout n’est pas rose
Mais ces améliorations sont à relativiser. Tout d’abord, l’étude montre à quel point les gains seraient plus importants si les concentrations de PM2,5 et NO2 atteignaient les valeurs guides de l’OMS : plus de 300 décès évitables par an dans le chef lieu de l’Héraut, 400 pour la ville rose.
De plus, l’estimation géographique très fine amène une autre conclusion peu glorieuse. En effet, les analyses par maille de 50 mètres de côté concernant Toulouse, 20 mètres pour Montpellier, ont permis de décliner les résultats par sous-groupe, selon le niveau de défavorisation sociale des habitants. Ils sont nets : plus les zones sont défavorisées, plus elles sont impactées par la pollution comme par ses conséquences sanitaires. Les auteurs de conclure que la révision des PPA devra en tenir compte si l’on veut réduire les inégalités de santé !
ÉVOLUTION DES IMPACTS DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE SUR LA SANTÉ ENTRE 2009 ET 2019. ÉVALUATION QUANTITATIVE SUR LE TERRITOIRE DU PLAN DE PROTECTION DE L’ATMOSPHÈRE DE TOULOUSE ET MONTPELLIER
Le rapport sur Toulouse
Voir aussi:
Occitanie : Dossier de presse – Abaissement des vitesses en Occitanie, un impact positif sur la pollution atmosphérique, 2024
HAUTE-GARONNE : ÉVALUATION DE L’IMPACT DE LA BAISSE DE VITESSE DE 110 À 90 KM/H SUR LA RN124, 2023