La pollution de l’air due aux incendies liée à la mort de 1,5 million de personnes par an dans le monde, selon une étude publiée dans « The Lancet »
Plus de 90 % de ces morts sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, dont près de 40 % dans la seule Afrique subsaharienne, selon les chercheurs.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 03h16, modifié à 08h18 https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/11/28/la-pollution-de-l-air-due-aux-incendies-liee-a-1-5-million-de-deces-par-an-selon-une-etude-publiee-par-the-lancet_6417570_3244.html

La pollution atmosphérique causée par les incendies est liée à plus de 1,5 million de morts par an dans le monde, dont la grande majorité survient dans les pays en développement, selon une étude portant de 2000 à 2019 publiée jeudi 28 novembre.
Ce nombre devrait augmenter dans les années à venir, car le changement climatique rend les incendies de forêt plus fréquents et plus intenses, explique l’étude parue dans la revue scientifique The Lancet.
L’équipe internationale de chercheurs a examiné les données, tant sur les incendies de forêt qui font rage que sur le brûlage des terres pratiqué en agriculture pour défricher des champs.
De 2000 à 2019, quelque 450 000 morts par an de maladies cardiaques ont été liées à la pollution atmosphérique due aux incendies, ont établi les chercheurs. Et 220 000 autres morts dues à des maladies respiratoires ont pu être attribuées à la fumée et aux particules rejetées dans l’air par les incendies.
Lire aussi | La pollution de l’air tourne au cauchemar dans le nord de l’Inde et du Pakistan
L’Afrique, la Chine et l’Inde les plus touchées
Dans le monde, la mort de 1,53 million de personnes toutes causes confondues a, au total, été associée à la pollution de l’air provoquée par les incendies, selon l’étude. Plus de 90 % sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, dont près de 40 % dans la seule Afrique subsaharienne. Les pays où le nombre de décès est le plus élevé sont l
Un nombre record de brûlis illégaux de champs agricoles dans le nord de l’Inde est en partie responsable du nuage de pollution aux allures apocalyptiques, avec des concentrations en microparticules nocives largement supérieures aux normes de santé internationales, qui recouvre la capitale indienne.
Lire aussi | Rivière toxique et smog intense : New Delhi plongée dans une pollution extrême
Les auteurs de l’étude appellent à une « action urgente » pour faire face au nombre considérable de morts causées par ces incendies, mettant l’accent sur « l’injustice climatique » vécue par les pays pauvres.
En outre, les moyens d’éviter la fumée des incendies – s’éloigner de la zone la plus polluée, utiliser des purificateurs d’air et des masques, rester à l’intérieur – ne sont pas accessibles aux habitants des pays les plus pauvres, ont rappelé les chercheurs. Ces derniers appellent donc à davantage de soutien financier et technologique pour les populations des pays les plus touchés.
L’étude est publiée une semaine après les négociations de l’Organisation des Nations unies sur le climat, lors desquelles les délégués ont convenu d’une augmentation du financement climatique jugée insuffisante par les pays en développement, et après l’état d’urgence nationale déclaré par l’Equateur, à la suite des incendies de forêt qui ont rasé plus de 10 000 hectares dans le sud du pays.
Lire aussi | A la COP29, un accord au goût très amer pour les pays du Sud
Le Monde avec AFP