« Arriver au travail la boule au ventre » : les soignants de psychiatrie de l’hôpital de Saint-Nazaire en grève
Mardi 26 novembre 2024 à 3:56 https://embed.radiofrance.fr/francebleu/player?id_extract=0aecdcfb-7c0c-4029-acb7-ac93e414d487
30% de grévistes selon Force Ouvrière. Ce lundi, les soignants en psychiatrie du centre hospitalier de Saint-Nazaire étaient appelés à se mobiliser. Trois médecins psychiatres ont claqué la porte et n’ont pas été remplacés. Les conditions de travail pour les paramédicaux sont « insupportables ».


Pas assez de lits face au nombre de patients, pas assez de médecins psychiatres et des soignants dans les hôpitaux psychiatriques bien souvent à l’image de ceux qu’ils soignent : au bout du rouleau. C’est vrai partout en France, mais parfois la situation devient carrément intenable. C’est le cas à Saint-Nazaire où il manque trois médecins psychiatres alors que les patients eux, sont toujours plus nombreux. L’hôpital de jour n’a plus de médecin du tout. Le syndicat Force Ouvrière avait appelé, ce lundi 25 novembre, à une première journée de grève.ⓘ
30% de grévistes selon FO
Le personnel des différents services s’est donc mobilisé et rassemblé devant cet hôpital de jour dans le parc d’Heinlex. Car, après la fermeture de vingt lits, la fermeture d’un service d’admission, trois médecins psychiatres ont claqué la porte et n’ont pas été remplacés. « Comment peut-on parler d’un hôpital quand il n’y a plus de médecin ? », interroge Yann Cajelot, infirmier en psychiatrie et délégué Force Ouvrière. Exemple concret des conséquences pour les paramédicaux et les patients ? « Certaines pathologies nécessitent une injection en présence d’un médecin. Comment fait-on ? »
Autre problématique : s’il n’y a plus assez de lits ni de médecins, pourquoi accepter la suroccupation ? « On se donne bonne conscience, mais on surcharge les infirmiers et on soigne mal.«
Du métier-passion au burn-out
Et que deviennent les patients gravement atteints quand ils ne sont pas ou peu soignés ? La question de la violence contre eux-mêmes et les autres est sous-jacente. « On se fait agresser, insulter. Je me suis même fait mordre une fois, raconte Fanny, 25 ans, quatre ans d’un métier-passion et déjà un burn-out. Quand on se retrouve à deux dans une unité où il y a des patients en crise, ça demande tellement de temps, d’investissement. » La jeune femme, pour la première fois de sa vie, se questionne sur son avenir. « Comme il n’y a pas de cadre, pas de médecin, le patient lui aussi est dans le flou et pour lui, c’est une grande souffrance. » Une perte de sens aussi pour le personnel.
Plus de cohérence et de stabilité dans les tâches. Les syndicats devraient en discuter avec la direction ces prochains jours. Quant au maire de Saint-Nazaire, David Samzun, qui est aussi le président du conseil de surveillance de l’hôpital, il assure « avoir avec plusieurs élu·es de Loire-Atlantique, alerté l’État, il y a quelques jours, sur la situation du secteur de la psychiatrie dans le département » et donne rendez-vous aux soignants de psychiatrie le 4 décembre à l’hôtel de ville.
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