Les nouveaux médicaments anti-obésité

Comment fonctionnent les nouveaux médicaments anti-obésité comme le Wegogy et le Mounjaro ? Comprendre en trois minutes

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 Ces nouveaux traitements Wegovy (Novo Nordisk) et Mounjaro (Eli Lilly), appelés « analogues du GLP-1 », sont autorisés en France depuis octobre et novembre 2024. Ils sont qualifiés de « révolutionnaires » par certains médecins spécialistes de l’obésité. 

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Par Barbara Marty et Pia Vidal (motion design)

Publié hier à 06h00, modifié hier à 08h04 https://www.lemonde.fr/comprendre-en-3-minutes/video/2024/11/22/comment-fonctionnent-les-nouveaux-medicaments-anti-obesite-comprendre-en-trois-minutes_6408013_6176282.html

La France compte plus de 8 millions de personnes en situation d’obésité. Dans ce contexte, l’arrivée sur le marché des traitements anti-obésité Wegovy (Novo Nordisk) et Mounjaro (Eli Lilly) représente un nouvel espoir pour les patients. Car jusqu’à présent, en cas de difficulté à perdre du poids, les options étaient très limitées. Ces médicaments sont salués par certains spécialistes de l’obésité pour leur efficacité. D’autres professionnels de santé restent prudents et soulignent l’absence de recul sur leurs effets sur le long terme.

Dans cette vidéo, nous revenons sur le principe actif de ces nouveaux médicaments, qui imitent une hormone digestive naturellement produite par le corps humain : le glucagon-like peptide-1 (GLP-1). Cette hormone, découverte dans les années 1980, agit notamment sur la sécrétion d’insuline et le sentiment de satiété.

Nous expliquons également les conditions pour être éligible à ce type de traitement en France, qui ne peut être prescrit que par des médecins spécialistes en endocrinologie, en diabétologie ou en nutrition. Le Wegogy et le Mounjaro sont pensés pour être utilisés en deuxième intention, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle.

Pour en savoir plus sur ces nouveaux traitements et l’emballement qu’ils provoquent sur les marchés financiers, vous trouverez un décryptage complet ci-dessous.

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« Comprendre en trois minutes ».

Barbara Marty et  Pia Vidal (motion design)

*Les nouveaux médicaments anti-obésité, succès public et financier malgré la prudence des professionnels de santé

Wegovy, Ozempic, Zepbound… De nouveaux traitements sont en train de changer le visage d’une maladie qui touche un milliard d’humains, faisant la fortune des laboratoires qui les ont conçus et bouleversant des secteurs entiers. 

Par Zeliha ChaffinPublié le 05 septembre 2024 à 05h47, modifié le 05 septembre 2024 à 09h21 https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/09/05/l-irresistible-vague-des-medicaments-anti-obesite_6304515_3234.html

Temps de Lecture 5 min.

Une affiche publicitaire vantant les injections de sémaglutide, à New York (Etats-Unis), le 25 juin 2024.
Une affiche publicitaire vantant les injections de sémaglutide, à New York (Etats-Unis), le 25 juin 2024. RICHARD B. LEVINE / NEWSCOM / SIPA

Assiste-t-on à un tournant dans la lutte contre l’obésité ? Après des décennies d’échecs dans la mise au point de traitements efficaces, l’arrivée d’une nouvelle génération de médicaments, qui affiche des résultats cliniques particulièrement prometteurs (de 15 % à 20 % de perte de poids en moyenne), suscite un vif enthousiasme ces dernières années auprès des patients. Au point que leurs fabricants, submergés par les commandes, peinent à répondre à la demande, malgré des usines tournant à plein régime.

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Avec plus d’un milliard de personnes dans le monde atteintes d’obésité, dont 890 millions d’adultes, ces traitements ne manquent pas de clients potentiels. D’autant que ces chiffres ne cessent de croître. En l’espace de trente ans, le taux d’obésité a plus que doublé chez les adultes et quadruplé parmi les enfants et les adolescents. Une aubaine pour le danois Novo Nordisk et l’américain Lilly, les laboratoires pharmaceutiques à l’origine du Wegovy et du Zepbound, ces nouveaux médicaments anti-obésité tant convoités. Les industriels n’ont d’ailleurs pas eu beaucoup d’efforts à fournir pour populariser leurs produits. Sur les réseaux sociaux, des anonymes euphoriques, à coups de photos virales avant et après traitement, se sont chargés d’en assurer la promotion. Tout comme les célébrités, à l’instar d’Elon Musk ou d’Oprah Winfrey, qui chantent leurs louanges.

Disponibles uniquement sur ordonnance, le Wegovy et le Zepbound (baptisé « Mounjaro » en Europe) se présentent sous la forme de stylos injecteurs préremplis, que les patients s’autoadministrent à un rythme hebdomadaire, à l’image des solutions disponibles dans le traitement du diabète. La coïncidence n’est pas fortuite. Ils font tous deux partie de la famille des analogues du GLP-1, qui comprend notamment le sémaglutide et le tirzépatide, leurs principes actifs respectifs, déjà utilisés depuis plusieurs années comme antidiabétiques en raison de leurs propriétés de régulation de la glycémie.

« Une base scientifique solide »

Car si ces produits, qui ralentissent également la vidange gastrique et augmentent la sensation de satiété, font aujourd’hui fureur auprès des patients obèses, ils sont en effet loin d’être nouveaux. Le tout premier analogue du GLP-1, l’exénatide, a été commercialisé par l’américain Lilly en 2005 pour la gestion du diabète.

En 2014, le liraglutide (Saxenda) était, quant à lui, le premier de cette classe de médicaments à décrocher une approbation dans le traitement de l’obésité. « Ils ont depuis largement été utilisés et disposent déjà de nombreuses études qui attestent d’une base scientifique solide, même si l’on est encore très loin d’avoir épuisé toutes les connaissances à leur sujet », observe l’épidémiologiste Mahmoud Zureik, à la tête d’Epi-Phare, l’agence publique qui mesure l’efficacité et la sécurité des médicaments.

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Les analogues du GLP-1 n’ont toutefois réellement pris leur envol qu’avec l’arrivée du sémaglutide, développé par le laboratoire Novo Nordisk (et connu d’abord sous le nom d’Ozempic). Affichant lors des essais cliniques une perte de poids moyenne de 12,4 % chez les participants après cinquante-six semaines, et près de 15 % au bout de deux ans, cette molécule s’est révélée bien plus efficace que ses prédécesseures, dont les moyennes tournaient plutôt entre 5 % et 8 %. L’arrivée du tirzépatide de l’américain Lilly, qui, pris à la dose la plus élevée, a induit dans les études une perte de poids moyenne de près 18 % sur un an et demi, a encore accru l’intérêt de ces produits. D’où leur incroyable succès.

« L’engouement s’explique aussi par le peu d’options en termes de médicaments qui existaient jusqu’ici pour traiter cette maladie chronique, souligne Karine Clément, professeure de nutrition à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Avant les années 2010, quasiment tous les traitements développés ont échoué, principalement à cause de leurs effets secondaires graves. » Pour les patients, l’arrivée de cette nouvelle pharmacopée, en dépit de leurs effets secondaires connus (nausées, diarrhées, constipations, vomissements…), a non seulement soulevé un formidable espoir, mais elle est aussi venue légitimer une pathologie pour laquelle les malades étaient souvent considérés comme responsables de leur état.

« La prise en charge doit être globale »

De là à parler de révolution, il n’y a qu’un pas que les professionnels de santé se gardent bien de franchir. « C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, mais ces traitements ne sont pas des produits miracles qui vont régler à eux seuls le problème. La prise en charge de l’obésité doit être globale : modification des habitudes alimentaires, activité physique… », avertit Karine Clément.

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Du côté des marchés financiers, l’emballement est bien réel. En Bourse, les fabricants de médicaments anti-obésité ont flambé ces trois dernières années. « La société Novo Nordisk est aujourd’hui devenue la première capitalisation boursière européenne, et Lilly, sa rivale, est passée en tête des valorisations de l’industrie pharmaceutique au niveau mondial », souligne Florent Cespedes, analyste chez Berstein.

Selon les estimations, les médicaments anti-obésité pourraient rapporter plus de 100 milliards de dollars (90,2 milliards d’euros) d’ici à la fin de la décennie. Et cela, sans compter les potentiels nouveaux débouchés de ces produits. Des études cliniques récentes de Novo Nordisk et Lilly menées sur des patients obèses ont ainsi mis en avant des résultats très prometteurs sur l’insuffisance cardiaque, la prévention des accidents vasculaires cérébraux, l’insuffisance rénale ou l’apnée du sommeil.

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D’autres recherches, encore à des stades très préliminaires, soulignent d’éventuels effets des analogues du GLP-1 sur les addictions à l’alcool ou au tabac, la stéatose hépatique (plus connue sous le nom de « maladie du foie gras »), Alzheimer et même Parkinson« Cela rappelle l’arrivée des statines il y a trente ans. Les articles de recherche sur leurs vertus supposées pour prévenir les fractures des hanches, Alzheimer ou certains cancers, au-delà de leur utilisation dans l’hypercholestérolémie, ont foisonné. Mais, finalement, rien n’a été confirmé », met en garde Mahmoud Zureik.

L’industrie agroalimentaire pourrait en pâtir

Les spéculations sur les conséquences d’une épidémie de kilos en moins frisent même parfois la démesure. L’industrie agroalimentaire, qui, selon certains experts, pourrait pâtir de l’effet coupe-faim des traitements, est ainsi scrutée de près. Tout comme les paniers de courses des géants de la grande distribution. Il y a un an, le patron de l’enseigne américaine Walmart avait affolé les marchés après avoir admis observer une légère inflexion dans les habitudes d’achats de ses clients.

Dans le secteur médical, certains oracles de la finance pronostiquent déjà une baisse des chirurgies bariatriques et des ventes de dispositifs médicaux pour les pathologies liées à l’obésité. Jusqu’à présent, le seul dommage collatéral reste celui de l’industrie des régimes alimentaires, où l’ancienne gloire du secteur, Weight Watchers, a annoncé, au mois d’août, un plan de restructuration après avoir vu son cours de Bourse chuter de plus de 90 % depuis le début de l’année.

Avant de faire l’inventaire des gagnants et des perdants, encore faut-il que ces médicaments soient adoptés à grande échelle. Si la demande des patients est pour l’instant au rendez-vous, certaines inconnues demeurent. « On doit repenser la prise en charge de l’obésité afin de bâtir la séquence thérapeutique idéale pour chaque patient. Qui sont les bons répondeurs à ces médicaments ? A quel moment de leur parcours de soins faut-il les prescrire ? Pour quelle durée ? Toutes ces questions sont encore sans réponses », souligne Sébastien Czernichow, professeur à l’université Paris Cité et chef du service de nutrition à l’hôpital européen Georges-Pompidou.

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Autre défi de taille : le coût de ces traitements, aujourd’hui très onéreux. En surchauffe ces dernières années, les systèmes de santé s’inquiètent du choc sur leurs budgets. Au Danemark, patrie du Wegovy, un comité d’experts a ainsi recommandé, en juin, d’en restreindre les prescriptions, tandis qu’aux Pays-Bas un autre déconseillait au ministre de la santé néerlandais, mi-juillet, leur remboursement.

Aux Etats-Unis, le Congressional Budget Office relevait en mars que les économies potentielles d’une réduction de l’obésité ne compenseraient pas, à ce stade, les coûts d’une prise en charge de ces produits. « L’arrivée de nouveaux produits concurrents sur le marché dans les prochaines années fera baisser leurs prix », estime Florent Cespedes. Dans tous les cas, les négociations de prix entre les autorités de santé et les laboratoires s’annoncent ardues.

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Zeliha Chaffin

ANSM: Analogues du GLP-1 et obésité : nous prenons des mesures pour sécuriser leur utilisation en France

https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-et-obesite-nous-prenons-des-mesures-pour-securiser-leur-utilisation-en-france

Médicaments de la classe des aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité en France

  • Mounjaro (tirzépatide)
  • Saxenda (liraglutide)
  • Wegovy (sémaglutide)

Actualisation du 13/11/2024

Le médicament Mounjaro (tirzépatide) est commercialisé depuis novembre 2024 en France à un prix fixé librement par le laboratoire. C’est un agoniste du GLP-1 (glucagon-like peptide 1) et du GIP (polypeptide insulinotrope dépendant du glucose) et il est indiqué dans le traitement de l’obésité et du diabète de type 2. Quelle que soit l’indication, ce médicament est soumis aux mêmes conditions de prescription et de délivrance que les aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité, que nous précisons :
La prescription initiale de ces médicaments doit être réalisée par un médecin spécialiste en endocrinologie-diabétologie-nutrition ou compétent en nutrition (à savoir titulaire d’un DESC, d’une FST ou d’une VAE de nutrition) ;Les renouvellements peuvent être réalisés par tout médecin.Pour l’ensemble des aGLP-1 ayant une indication dans le traitement de l’obésité, nous recommandons aux médecins de se conformer au parcours de soin de la HAS. Ces médicaments doivent être utilisés uniquement en deuxième intention, en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique.
 
Le comité scientifique temporaire (CST) dédié à l’analyse de l’usage des analogues du GLP-1 (aGLP-1) s’est réuni le 12 septembre 2024. Au cours de cette séance, dédiée à l’encadrement des aGLP-1 indiqués dans l’obésité, des représentants d’associations de patients ont été auditionnés pour recueillir leurs avis. Suites à l’avis du comité d’experts, nous décidons de restreindre les conditions de prescription et délivrance de l’ensemble des aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité. Nous recommandons l’utilisation de ces médicaments conformément au parcours de soin de la Haute autorité de santé (HAS). 
Cette mesure vise à sécuriser l’utilisation des aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité, dans un contexte de mésusage potentiel de ces produits.  

Depuis octobre 2024 le médicament Wegovy (sémaglutide), un nouvel aGLP-1 indiqué dans le traitement de l’obésité est commercialisé en France à un prix fixé librement par le laboratoire, sans remboursement possible par l’assurance maladie. 

Les cas de mésusages avec les aGLP-1 sont avérés, notamment le détournement à des fins esthétiques par des personnes pour qui ce traitement n’est pas indiqué (c’est-à-dire des personnes n’étant pas en situation d’obésité ou de surpoids qui n’ont pas de problème de santé liés au poids). Ces mésusages peuvent peuvent entraîner des effets indésirables ** parfois graves

Pour encadrer l’utilisation de ces médicaments, nous suivons l’avis du comité scientifique temporaire et mettons en place des mesures en accord avec les recommandations émises par la HAS. 

Ainsi, la prescription initiale des aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité doit être réalisée par un médecin spécialiste en endocrinologie-diabétologie-nutrition ou titulaire de la formation spécialisée transversale « Nutrition appliquée ». Les renouvellements peuvent être réalisés par tout médecin. 

De plus, nous demandons aux médecins de se conformer au parcours de soin de la HAS et de prescrire les aGLP-1 indiqués dans le traitement de l’obésité aux patients ayant un indice de masse corporel (IMC) initial supérieure ou égale à 35 kg/m2, âgés de moins de 65 ans. Ce médicament doit être utilisé uniquement en deuxième intention, en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle et en association à un régime hypocalorique et à une activité physique. 

Ces recommandations serons réévaluées au regard de l’évolution de la situation.

PUBLIÉ LE 05/07/2024

**Analogues du GLP-1 : point sur la surveillance des effets indésirables graves et mésusages

https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-point-sur-la-surveillance-des-effets-indesirables-graves-et-mesusages

Le comité scientifique temporaire (CST) dédié à l’analyse de l’usage des analogues du GLP-1 (aGLP-1) s’est réuni le 4 juin 2024. Cette séance a permis d’actualiser les données de surveillance disponibles pour ces traitements et de présenter les risques à l’étude. L’ANSM reste vigilante au regard de la prescription croissante et des risques associés aux aGLP-1, particulièrement dans les situations de mésusage.

Pour rappel, les médicaments de la classe des aGLP-1 contrôlent la glycémie en se fixant sur les récepteurs de l’hormone GLP-1 (glucagon-like peptide-1), hormone qui régule le taux de glucose sanguin et l’appétit. Ils sont indiqués dans le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé ou le contrôle du poids dans un contexte d’obésité. Ces médicaments sont parfois détournés pour la perte de poids à des fins esthétiques et non de santé. 

L’ANSM poursuit sa mission de surveillance des risques associés aux aGLP-1. Lors du CST, les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) de Limoges et Montpellier ont présenté les résultats de l’enquête nationale (2019-2023) menée sur les effets indésirables graves des aGLP-1 déclarés en France, mettant en évidence plusieurs points d’alertes. Certains de ces points ont déjà été évalués ou sont en cours d’évaluation au niveau européen. 

Actuellement, nous avons recensé peu de cas d’effets indésirables graves liés à l’utilisation des aGLP-1, sans doute en raison des tensions importantes d’approvisionnement qui nous ont contraints à restreindre l’utilisation de ces médicaments. Néanmoins, lorsque ces tensions prendront fin, un plus grand nombre de patients pourront avoir accès aux traitements, ce qui pourrait entraîner une nette augmentation des cas d’effets indésirables graves. Dans ce contexte, le GIS Epi-Phare, en collaboration avec le Centre Drugs-SafeR de Bordeaux, lance un programme d’études de pharmaco-épidémiologie sur les aGLP-1 et leurs effets indésirables graves. 

Epi-Phare, sur la base du système national des données de santé (SNDS), prévoit d’examiner  les évènements gastro-intestinaux rares mais graves, dont la pancréatite, l’occlusion intestinale, la gastroparésie (paralysie de l’estomac qui entraîne un retard de sa vidange). Leurs équipes estimeront la fréquence des risques liés à l’anesthésie pour les patients traités par aGLP1, notamment  de pneumopathies d’inhalation (lorsque des aliments passent dans les voies respiratoires). Ils étudieront aussi la possibilité d’un risque accru d’idées suicidaires pour ces patients, car le lien avec le traitement n’a pas pu être établi à ce jour. Enfin, des études porteront sur la surveillance d’effets indésirables à long terme, actuellement non-connus ou très rares, comme le risque de cancer de la thyroïde ou de cancer gastro-intestinaux. Ce programme pourra évoluer en fonction des résultats obtenus et de l’évolution des connaissances scientifiques.

Ces effets indésirables graves font l’objet d’études dans le cadre de l’accroissement de l’usage des aGLP-1, dans ses indications mais aussi dans les cas de mésusage. Selon les dernières estimations de la Caisse nationale d’Assurance Maladie, parmi les patients prenant de l’Ozempic, 1,5% sont considérés en situation de mésusage. Ces chiffres sont très probablement sous-estimés car ils sont issus du SNDS et ne prennent en compte que les médicaments dispensés en pharmacie et remboursés.

Nous rappelons que les aGLP-1 ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques, c’est-à-dire pour la perte de poids chez des personnes sans obésité ou chez des personnes en surpoids qui n’ont pas de problèmes de santé liés au poids. Les professionnels de santé doivent proposer en première intention des conseils sur l’adaptation du mode de vie et des mesures hygiéno-diététiques. 

Nous attirons également l’attention sur les risques associés à l’utilisation de stylos injecteurs obtenus en dehors du circuit légal et sécurisé de distribution des médicaments.  L’alerte diffusée par l’EMA fin 2023 et celle de l’OMS du 19 juin dernier sur l’identification de stylos pré remplis faussement étiquetés comme de l’Ozempic, sont toujours d’actualité. Dans ce contexte, l’ANSM maintient une vigilance particulière sur les déclarations qui lui sont transmises.

Information pour les patients

  • Le médicament n’est pas un produit ordinaire. Afin de s’assurer que les bénéfices attendus du médicament sont toujours supérieurs aux risques encourus, il est indispensable de respecter les conditions d’utilisation définies par les professionnels de santé qui vous suivent.
  • Si vous possédez un ou des stylos d’aGLP-1 qui ne vous ont pas été prescrits par un médecin et dispensés par un pharmacien, nous rappelons que vous ne devez pas les utiliser car ils peuvent vous exposer à des risques graves pouvant mener à l’hospitalisation voire au décès.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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