« Sécurité sociale : une baisse des remboursements prévue dès 2025 »
Date de publication : 20 novembre 2024


« En ouverture des débats autour du budget de la Sécurité sociale au Sénat, lundi 18 novembre, la ministre de la santé a annoncé une hausse du « ticket modérateur » de 5% sur les consultations comme sur les médicaments. Une somme à la charge du patient, couverte le plus souvent par les complémentaires santé », font savoir Mattea Battaglia et Camille Stromboni dans Le Monde.
« Alors que l’Assurance-maladie rembourse aujourd’hui 70% d’une consultation médicale, quand les mutuelles couvrent les 30% restants, il était question d’un nouveau rapport 60%-40%. Le tout, afin de dégager 1,1 milliard d’euros d’économies », poursuivent les journalistes.
« La ministre de la santé, Geneviève Darrieussecq, a fait bouger les lignes : le ticket modérateur« n’évoluera que de 5% » pour les consultations médicales, mais «en complément, [celui] sur les médicaments augmentera de 5%», a-t-elle déclaré. L’autre changement annoncé concerne le montant des économies escomptées, «ramené de 1,1 milliard à 900 millions d’euros», a précisé la ministre », rapportent-elles.
« A titre d’exemple, aujourd’hui, pour un médicament remboursé à 65%, comme un antibiotique (sur ordonnance) à 7,95 euros, il reste à la charge du patient, en plus de la franchise (1 euro), un ticket modérateur de 2,78 euros (35%), remboursé en partie ou en totalité par la complémentaire, selon l’Assurance-maladie », précise l’article.
Libération partage sur ce point l’avis de Nicolas da Silva, économiste spécialiste de l’assurance maladie, pour qui « cette décision risque d’augmenter les inégalités ». « Ce sont vers les mutuelles que ce coût est transféré […]. Or, en France, 2 à 3 millions de personnes n’en ont pas», poursuit l’expert. « Il existe en France un renoncement aux soins », alerte-t-il.
« Le sujet (…) a d’ores et déjà fait réagir les associations de patients et les syndicats de médecins, opposés à cette augmentation. Dans les rangs des mutuelles, on s’est aussi ému de ce qui passe pour un « coup de rabot » d’une ampleur « inédite », susceptible d’engendrer des hausses de cotisations pour les assurés », font savoir les journalistes du Monde.
« Un an après la polémique sur le doublement, effectif en mars, des « franchises médicales » – ces sommes à la charge du patient quand il achète une boîte de médicament (de 0,50 euro à 1 euro) ou consulte un médecin (de 1 euro à 2 euros) –, l’évolution à venir du ticket modérateur a aussi nourri une opposition politique, assez unanime, dans les rangs des parlementaires qui ont examiné le PLFSS à l’Assemblée nationale, en octobre », indiquent-elles.
« Mme Darrieussecq, lundi, a rappelé l’objectif d’économies à atteindre, pour le secteur de la santé, «à hauteur de 5 milliards d’euros». Et ce, alors qu’un risque de «dérapage» des dépenses de médicaments est évalué, en 2024, à 1,2 milliard, a-t-elle avancé », reprennent Mattea Battaglia et Camille Stromboni en conclusion.
La baisse du remboursement de certains médicaments par la « Sécu », un choc pour toute la chaîne de la santé »
Date de publication : 20 novembre 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=216d3ed6d2534b307b7e042a0fd0cac9&id_newsletter=21097&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=21097&from=newsletter

Zeliha Chaffin observe dans Le Monde qu’« à l’occasion de l’ouverture des discussions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 au Sénat, la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq, a indiqué, mardi 19 novembre, que les taux de remboursement des médicaments par l’Assurance-maladie allaient évoluer ».
« A partir de 2025, ces derniers seront abaissés de 5%, exception faite des médicaments pris en charge à 100%, qui échapperont au coup de rabot », indique la journaliste.
Zeliha Chaffin relève ainsi que « face à l’aggravation du déficit de la Sécurité sociale, attendu, en 2024, à 18 milliards d’euros (contre 10,5 milliards prévus initialement), le gouvernement cherche des mesures d’économies afin de freiner l’envolée des dépenses. L’annonce d’une hausse du ticket modérateur sur les médicaments, cette somme restant à la charge du patient après le remboursement par l’Assurance-maladie, et qui, dans la plupart des cas, est couverte par les complémentaires santé, a toutefois surpris ».
Zeliha Chaffin ajoute que « la prise en charge des médicaments sera également révisée. Les taux de remboursement existants de 15%, 30% et 65%, définis en fonction du service médical rendu du traitement (faible, modéré, et important ou majeur), un critère évalué par les autorités de santé lors de la mise sur le marché d’un médicament, et qui n’avaient pas bougé depuis 2011, passeront ainsi, au cours de l’année 2025, à 10%, 25% et 60%. En revanche, «les médicaments qui sont aujourd’hui pris en charge à 100% resteront remboursés à 100%», assure le ministère ».
La journaliste note que « les mutuelles se chargeant de couvrir le reste à charge, la grande majorité des patients ne verront pas de répercussions directes de ces évolutions sur leur porte-monnaie ; elles devraient assurer une économie de 900 millions d’euros à la Sécurité sociale. Pour autant, elles ne seront pas entièrement indolores ».
Eric Chenut, président de la Fédération nationale de la Mutualité française, déclare ainsi : « Pour préserver l’équilibre du secteur, nous serons obligés, à un moment, de les répercuter sur les cotisations demandées aux assurés. Les contrats individuels des retraités, qui, en raison de leur avancée en âge, ont davantage de pathologies, et donc une consommation plus importante de médicaments, seront les plus touchés ».
Zeliha Chaffin note que le responsable « déplore une mesure prise sans concertation ».
La journaliste relève que « pour le gouvernement, il s’agit surtout d’écoper au plus vite pour éviter le naufrage. Car les comptes de la Sécurité sociale, déjà dans le rouge, pourraient se révéler encore plus mauvais qu’escompté en 2024. […] Afin d’y remédier, l’exécutif projette d’intensifier les mesures d’économies sur les produits de santé ».
« Les industriels pharmaceutiques, déjà mis à contribution au travers de baisses de prix sur les médicaments, sont remontés. Car ces économies supplémentaires, encore floues, pourraient se traduire par une ponction plus importante que prévu par le biais de la clause de sauvegarde », poursuit la journaliste.
Voir aussi:
Le syndicat représentatif des jeunes médecins généralistes ReAGJIR annonce, dans un communiqué, s’opposer fermement à l’augmentation du ticket modérateur https://environnementsantepolitique.fr/2024/11/19/56207/