« L’argent, seul remède pour attirer les médecins dans les déserts médicaux ? »

Date de publication : 15 novembre 2024

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Le Figaro

C’est ce que se demande Alix Vermande dans Le Figaro, qui note que « si de nombreuses aides financières sont mises en place afin de convaincre des généralistes de s’installer dans des zones sous-dotées, leur efficacité reste limitée. Au grand dam des collectivités qui y consacrent un budget loin d’être négligeable ».
Le journaliste observe ainsi : « Villa avec piscine à 1,5 million d’euros, séjours découvertes, campagnes de communication… Les collectivités rivalisent d’imagination pour tenter d’attirer des médecins. Ces investissements ne portent pas toujours leurs fruits dans un pays où 87% de la population vit dans un désert médical, et 6,7 millions de Français n’ont pas de médecin traitant, selon le second baromètre santé-social de l’AMF et de la Mutualité française ».
Alix Vermande relève que « malgré toute la bonne volonté des élus et les sommes engagées, nombreuses sont désillusions pour ces communes. «C’est à se demander ce qu’il faut faire pour donner envie à un médecin de venir ici…», se désespère une habitante de Saugues ».
Le journaliste explique que « ce charmant village de Haute-Loire a mis la main à la poche pour soigner une pénurie de généralistes : le paiement d’une agence de recrutement, un logement gratuit pendant 6 mois ainsi qu’un cabinet médical gratuit et tout équipé. En vain. Seulement 2 ans et demi après leur arrivée, deux jeunes médecins espagnols ont préféré rejoindre Toulouse ».


Alix Vermande note que « cette situation s’observe dans bien des départements. À plusieurs centaines de kilomètres de Saugues, dans la Creuse, la commune de Bénévent-l’Abbaye a, elle aussi, fait les frais d’investissements peu rentables ».
Le maire André Mavigner indique : « Environ 130.000 euros, car il y avait l’achat d’un bâtiment et la sollicitation d’un cabinet de recrutement. […] On est tombés sur un médecin roumain qui était un mercenaire. Il n’est pas resté longtemps et on s’est rendu compte qu’il avait déjà fait ça quatre ou cinq fois en France ».
Alix Vermande précise que « se sont ensuivies pour Bénévent-l’Abbaye une longue traversée du désert médical et des expériences infructueuses pour diverses raisons avec des soignants italiens, norvégiens, ou bien encore camerounais. Finalement, un docteur franco-algérien s’est installé ».


André Mavigner précise que « pour cela on a payé un deuxième cabinet de recrutement. On est dans un marché complètement déraisonnable. Il y a de la concurrence entre les collectivités et certains médecins en profitent pour demander des exigences qui dépassent parfois l’entendement ».


Le journaliste observe : « André Mavigner le concède : attirer des médecins avec de l’argent n’est pas la solution. Il mise davantage sur le développement d’une «dynamique d’attractivité générale du territoire avec des loisirs ou autres» ».
Alix Vermande note que « dans deux rapports publiés en 2023 et 2024, la Cour des comptes a confirmé les limites de ces «aides financières des collectivités concernant l’accès aux soins de premier recours». Dont le montant total est estimé, par la Cour, à 150 millions d’euros de dépenses nettes. À mettre en rapport avec le milliard d’euros du fonds d’intervention régional (FIR) des ARS et les 30 milliards d’euros pour le montant des soins de premier recours pris en charge par l’Assurance-maladie ».


« Cette dernière propose notamment le contrat d’aide à l’installation des médecins (CAIM), une aide forfaitaire de 50.000 euros pour les médecins s’installant en zone sous-dense en respectant différentes conditions dont celle de rester au moins 5 ans »
continue le journaliste.
Il ajoute que « la Cour des comptes préconise un meilleur ciblage des interventions des collectivités «aux seuls investissements mobiliers et immobiliers.» Et donc de ne plus faire appel à des cabinets de recrutement de médecins parfois peu scrupuleux ».

Non l’argent n’est pas la solution pour résoudre les déserts médicaux

Je renouvelle ma proposition de « Clinicat-Assistanat pour tous ».

Cette solution aurait l’avantage de combler à court terme l’ensemble du manque de praticiens quelle que soit la spécialité ou le lieu d’exercice, sans créer d’inégalité entre futurs généralistes et futurs spécialistes, sans pénaliser une catégorie, les futurs généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer leurs études. De plus financièrement, il suffirait de dispatcher toutes les aides aux installations, dispendieuses et peu efficaces, devenues inutiles.

L’activité serait partagée entre divers établissements, à l’image des assistants partagés actuels entre hôpitaux Généraux (CHG) et CHU. Les chefs de clinique-Assistants auraient leur activité entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail, EHPAD… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé, … Cela évitera de plus le dumping entre villes, entre départements pour recruter ou débaucher, les jeunes en fin d’internat, ou ceux déjà installés et répondant à une offre plus alléchante. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat et pour les postes de « Clinicat-Assistanat »

Bien sur parallèlement il faut réguler l’installation des médecins, en refusant la convention en cas d’installation en zone pourvue. Il faut aussi favoriser les installations de centres de santé ou maison de santé là où c’est nécessaire.

Mon analyse et mes propositions sur :  https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=YPlvB9

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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