Le flufénacet, un pesticide récemment classé perturbateur endocrinien, massivement utilisé (blé et orge) menace de non conformité la moitié des eaux potables !

Pesticides : des associations européennes demandent le retrait du flufénacet

À la suite d’une réévaluation par l’Efsa, l’herbicide flufénacet ne respecte plus aucun critère acceptable d’autorisation. Et la dangerosité du TFA, son métabolite, est attestée. Plusieurs ONG européennes enjoignent les autorités à s’en saisir.

Agroécologie  |  12.11.2024  | 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/pesticides-associations-retrait-perturbateur-endocrinien-flufenacet-tfa-45040.php4

 F. Gouty

Envoyer par e-mail

Pesticides : des associations européennes demandent le retrait du flufénacet

© Alonbou Le flufénacet est un herbicide largement utilisé en grandes cultures.

La traque aux pesticides de la famille des substances per- et polyfluoroalkylés (PFAS) continue. Le 7 novembre, l’ensemble des associations membres du réseau PAN Europe ont adressé un courrier à la Commission européenne lui demandant de se prononcer contre la réautorisation des produits à base de flufénacet (dont 80 rien qu’en France), après la réunion du Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale (Scopaff) à son sujet en décembre prochain. À l’échelle française, Générations futures, l’une des ONG de ce collectif, a également envoyé un courrier similaire, le 5 novembre, à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ainsi qu’aux ministères de la Transition écologique, de l’Agriculture et de la Santé.

Stopper le flufénacet

« Nous leur demandons que l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits concernés soient suspendus en urgence et à ce qu’elle soit retirée par l’Anses, explique François Lafforgue, avocat de l’association sur ce dossier. Si nous n’obtenons pas de réponse avant le 5 janvier prochain, nous saisirons la juridiction en référé pour contester ce refus implicite et faire appliquer le droit. » Le flufénacet est un herbicide largement utilisé en grandes cultures dont l’autorisation européenne a été prolongée jusqu’en juin 2025, faute de réévaluation depuis 2014. Ses propriétés ont néanmoins été récemment documentées par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa). Dans un rapport (1) livré en septembre dernier, celle-ci atteste de son caractère de perturbateur endocrinien, nuisible pour le développement cérébral et notamment de sa toxicité pour le milieu aquatique.“ Nous leur demandons que l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits concernés soient suspendus en urgence et à ce qu’elle soit retirée par l’Anses ”François Lafforgue, avocat de Générations futures

« Le flufénacet ne respecte pas les critères d’autorisation de mise sur le marché, indique Pauline Cervan, toxicologue de l’association. Et en tant que substance candidate à la substitution, il n’aurait dû être autorisé que pour sept ans. Or, après neuf prolongations successives, il est resté sur le marché pendant plus de onze ans après son autorisation initiale. » L’association entend ainsi faire respecter l’article 44 du règlement européen de 2009sur les pesticides, qui confère aux États membres de retirer les produits dans les critères d’acceptabilité ne sont plus assurés. L’homologue allemande de l’Anses aurait, par exemple, déjà entamé une procédure en ce sens.

Chasser le TFA

Générations futures compte aussi sur l’Anses pour qu’elle applique sa méthodologie (2)de classification des métabolites dans l’eau potable. Cette dernière prévoit en effet l’application d’un seuil de concentration très strict pour les métabolites jugés « pertinents », notamment s’ils proviennent de la dégradation de perturbateurs endocriniens comme le flufénacet (ou le fluopyram, un fongicide également de la famille des PFAS). En l’occurrence, l’herbicide en question se dégrade en acide trifluoroacétique (TFA), molécule particulièrement persistante considérée comme probablement reprotoxique.

En suivant cette logique, l’Anses devrait attacher une limite réglementaire de 0,1 microgramme par litre d’eau potable au TFA (contre 0,5 microgramme par litre pour les PFAS en volume total, dès 2026). « Pour justifier de cette « pertinence », l’Anses doit être formellement saisie par la direction générale de la Santé (DGS), regrette Pauline Cervan, tout en comptant sur les travaux de l’Anses. « Elle mène justement une campagne exploratoire des PFAS – y compris le TFA – dans l’eau potable ; elle finira par en trouver et ne pourra très certainement pas éviter de prendre en compte le TFA. Le risque de non-conformité de l’eau potable s’en retrouvera cependant particulièrement important. »1. Consulter le rapport de l’Efsa
https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/89972. Consulter la méthodologie de l’Anses
https://www.anses.fr/fr/content/avis-de-lanses-relatif-levaluation-de-la-pertinence-des-metabolites-de-pesticides-dans-les

Félix Gouty, journaliste
Rédacteur spécialisé

L’eau potable des Français menacée de non-conformité par un polluant éternel

Les ressources hydriques sont massivement contaminées par une molécule issue de la dégradation du flufénacet, un pesticide récemment classé perturbateur endocrinien. Les associations demandent son interdiction en urgence. 

Par Stéphane Foucart et Stéphane MandardPublié hier à 05h58, modifié hier à 09h54 https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/11/12/l-eau-potable-des-francais-menacee-de-non-conformite-par-un-polluant-eternel_6389147_3244.html

Temps de Lecture 5 min

Pulvérisation de produits phytosanitaires sur un champ de blé à Saint-Rogatien (Charente-Maritime), le 1ᵉʳ avril 2021.
Pulvérisation de produits phytosanitaires sur un champ de blé à Saint-Rogatien (Charente-Maritime), le 1ᵉʳ avril 2021.  LéOTY X / ANDIA.FR

Les autorités françaises et les gestionnaires de l’eau sont à l’aube d’une situation sans précédent : une majorité de Français pourrait prochainement se retrouver avec une eau potable non conforme aux critères de qualité. La faute d’une molécule, l’acide trifluoroacétique (TFA), un « polluant éternel » aujourd’hui non réglementé, et aux effets sanitaires mal documentés, qui contamine les ressources hydriques en France et en Europe.

Le TFA que l’on retrouve dans l’eau est notamment issu de la dégradation d’un pesticide, le flufénacet. Utilisé principalement pour le traitement des cultures de céréales (blé et orge en particulier), le flufénacet est l’un des herbicides les plus vendus en France. Ses ventes ont quasiment doublé entre 2019 et 2022 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles) pour atteindre plus 900 tonnes par an.

Or, le 27 septembre, le flufénacet a été reconnu comme un perturbateur endocrinien par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cette requalification devrait conduire automatiquement les autorités françaises à considérer désormais le TFA comme un métabolite « pertinent » pour l’eau potable – c’est-à-dire potentiellement dangereux. En effet, selon la procédure mise en place par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dès lors qu’une substance active est un perturbateur endocrinien, ses métabolites doivent être considérés par défaut comme « pertinents », donc soumis à un seuil à ne pas dépasser.

Cette limite est fixée à 0,1 microgramme par litre (µg/L). Au-delà de cette concentration, bien que sans risque sanitaire avéré, l’eau est déclarée « non conforme ». Selon le code de santé publique, les collectivités peuvent obtenir une dérogation pour distribuer aux usagers une eau non conforme pendant trois ans. En l’état de la législation, cette dérogation est renouvelable une seule fois : au terme de six années, l’eau doit être redevenue conforme pour pouvoir être distribuée.

L’eau en bouteille n’est pas épargnée

Selon les modélisations effectuées par l’Anses pour le compte de l’EFSA dans le cadre du dossier d’évaluation du flufénacet, on sait depuis 2017 que la dégradation de l’herbicide mène à des concentrations en TFA jusqu’à 10 µg/L, soit jusqu’à cent fois supérieures à cette limite. Le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe a réalisé des prélèvements d’eau potable dans une dizaine de pays de l’Union européenne (UE) dont la France entre mai et juin : la limite de conformité était dépassée dans 86 % des cas et dans trois échantillons d’eau testés dans l’Hexagone sur quatre. Un échantillon prélevé dans l’eau du robinet qui alimente un tiers de Paris a notamment mis en évidence un taux supérieur à 2 µg/L, soit vingt fois supérieur au seuil de qualité.

Lire aussi |   L’eau potable des Parisiens et des Européens contaminée par un « polluant éternel » non surveillé

Selon nos informations, si le TFA faisait aujourd’hui l’objet d’une surveillance réglementaire, plus de la moitié des Français seraient concernés par une eau non conforme. Interrogée, la direction générale de la santé explique avoir demandé à l’Anses de mener une campagne nationale exploratoire sur les ressources utilisées pour la production d’eau potable portant sur 34 substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), dont le TFA. Les résultats sont attendus en 2026.

Newsletter « Chaleur humaine »Comment faire face au défi climatique ? Chaque semaine, nos meilleurs articles sur le sujetS’inscrire

Selon les mesures réalisées par le réseau PAN Europe, l’eau en bouteille n’est pas épargnée. Douze des dix-neuf échantillons d’eau en bouteille (63 %) testés en Europe contiennent également des traces de TFA, à des teneurs moyennes toutefois inférieures à celle de l’eau du robinet. La plus haute concentration relevée sur une eau minérale était de 3,2 µg/L.

Face à une situation qu’elle juge « alarmante », l’association Générations futures demande « la suspension immédiate de l’utilisation des produits à base de flufénacet sur le territoire français ». Elle en a recensé pas moins de 80. Par le biais du cabinet d’avocats TTLA, spécialisé en environnement, l’ONG a envoyé des courriers en ce sens, le 5 novembre, aux ministres de l’agriculture, de la santé, de la transition écologique et de la consommation ainsi qu’à l’Anses.

Pas de réponse du ministère de l’agriculture

Contacté par Le Monde, le ministère de la transition écologique mise sur une non-réapprobation du flufénacet par l’UE en juin 2025 en raison de son caractère perturbateur endocrinien. Il assure qu’il « sera vigilant à suivre les décisions de l’Anses en la matière », tout en indiquant que « le suivi de la politique des produits phytosanitaires relève du ministère de l’agriculture ». Ce dernier n’a pour sa part pas répondu aux sollicitations du Monde. De son côté, l’Anses indique ne« pas avoir été saisie à ce jour d’une demande d’évaluation de “pertinence” du TFA ».

Au niveau européen, PAN Europe a écrit, le 7 novembre, à la Commission pour lui demander d’interdire au plus vite le flufénacet. Son autorisation a expiré depuis le 31 décembre 2013 mais elle a fait l’objet de neuf procédures de prolongation – la dernière jusqu’en juin 2025 – dans l’attente que son évaluation soit finalisée.

« Suite à l’avis de l’EFSA de septembre dernier, le processus législatif pour ne pas réapprouver le flufenacet a débuté », déclare au Monde Stefan De Keersmaecker, le porte-parole chargé des questions de santé au sein de la Commission européenne. Ce processus pourrait aboutir à une interdiction au mieux à l’été 2025.

Lire aussi |    Dans le sud-est de la France, la qualité de l’eau s’améliore globalement mais la présence de polluants émergents inquiète

Concernant le TFA, « la Commission ne dispose pas d’informations officielles sur [sa] présence dans l’eau potable car les Etats membres n’incluent pas la substance dans les paramètres “pesticides” dans l’eau potable », reconnaît le porte-parole de l’exécutif européen. « Néanmoins, au vu des informations les plus récentes sur la présence de TFA dans les sources de production d’eau potable, la Commission a mandaté l’Organisation mondiale de la santé pour analyser l’impact potentiel des TFA sur la santé, et le cas échéant, de proposer des nouvelles valeurs seuils », indique-t-on de même source. Preuve que Bruxelles est bien embarrassée par cette pollution massive, la Commission a lancé, en parallèle, une étude de faisabilité sur le traitement du TFA dans l’eau potable. Les systèmes de traitement actuel des stations d’épuration sont incapables de l’éliminer.

L’Allemagne a pris les devants. L’Office fédéral de la protection des consommateurs et de la sécurité sanitaire a écrit, le 11 octobre, à deux fabricants (Corteva et Adama) bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché pour des pesticides à base de flufénacet, pour les avertir de son intention de les retirer. Les autorités allemandes ont par ailleurs proposé à l’Agence européenne des produits chimiques de classer le TFA comme toxique pour la reproduction.

Possibles répercussions sur le système immunitaire

Aux Pays-Bas, l’Institut national de la santé publique et de l’environnement suspecte de possibles répercussions sur le système immunitaire. Relevant également des effets documentés sur le foie, il considère que le TFA est potentiellement aussi toxique que les autres PFAS. Faute d’étude épidémiologique spécifique, de nombreuses zones d’ombre demeurent sur la toxicité du TFA.

« Nous manquons de données pour le TFA. Nous ne savons pas encore s’il a un effet toxique sur notre système immunitaire, note Jacob de Boer, toxicologue à la Vrije Universiteit (Amsterdam) et spécialiste des polluants éternels. Si ce n’est pas le cas, le problème est de moindre importance. Si c’est le cas, alors nous avons un sérieux problème. »

Lire aussi :    Certains pesticides sont aussi des « polluants éternels », révèlent deux ONG

Les Pays-Bas sont le seul pays à avoir fixé une valeur sanitaire indicative pour le TFA dans l’eau potable, à 2,2 µg/l. Ce seuil s’applique si et seulement si aucune autre PFAS n’est présente. D’après les analyses pratiquées sur les eaux potables en Europe par PAN Europe, cette valeur n’est dépassée que dans 3 % des cas. « Ceci nous pousse à dire qu’il est encore temps d’agir et d’éviter que le TFA, par son extrême persistance dans l’environnement, n’atteigne dans le futur des concentrations dans l’eau potable pouvant générer un risque pour la santé », commente Pauline Cervan, toxicologue à Générations futures.

Pour les défenseurs de l’environnement comme pour les scientifiques, le flufénacet n’est que le sommet émergé de l’iceberg. D’autres pesticides tout aussi problématiques, comme le fluopyram, produisent également du TFA en se dégradant dans les sols.

Aussi, ils demandent l’interdiction de tous les pesticides à base de PFAS (environ 12 % des substances actives des pesticides autorisées dans l’UE) susceptibles de se dégrader en TFA, mais également de limiter les autres sources d’émissions comme les gaz fluorés ou les rejets industriels des usines productrices de PFAS dans l’attente d’une restriction plus large de l’ensemble de la famille des polluants éternels, en discussion au niveau européen mais qui devrait prendre encore plusieurs années.

Lire aussi l’enquête (2023) |  « Polluants éternels » : explorez la carte d’Europe de la contamination par les PFAS

Stéphane Foucart et  Stéphane Mandard

Plusieurs ONG demandent l’interdiction d’un herbicide contaminant l’eau potable

Publié le 13 nov. 2024

https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/plusieurs-ong-demandent-linterdiction-dun-herbicide-contaminant-leau-potable-1106874

par Julien Naye

Les associations demandent l’interdiction du flufénacet, un herbicide très utilisé en France et en Europe et polluant l’eau potable.

Sommaire

Le flufénacet, un perturbateur endocrinien – L’eau potable menacée de non-conformité

Une substance amenée à disparaître

Reconnu comme perturbateur endocrinien par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) le 27 septembre 2024, le flufénacet est surtout employé dans les grandes cultures céréalières.

Le flufénacet, un perturbateur endocrinien

La France est-elle à l’aube d’une nouvelle crise sanitaire touchant l’eau ? C’est ce qui inquiète plusieurs ONG, dont Générations futures, qui a annoncé avoir demandé l’interdiction immédiate de produits à base de flufénacet. L’association a rappelé qu’il s’agissait d’un perturbateur endocrinien et que son usage conduit à des pollutions des eaux au TFA (acide trifluoroacétique).

Très persistante, non réglementée, cette molécule est issue de la dégradation de certains « polluants éternels » appelés PFAS, des substances présentes dans des revêtements antiadhésifs de poêles, des mousses anti-incendie ou des cosmétiques, et particulièrement dans les rejets des usines qui les produisent.

L’eau potable menacée de non-conformité

C’est en se dégradant dans l’environnement que le flufénacet contamine l’eau potable. Ces risques de contamination des eaux souterraines sont « connus », « évalués et disponibles dans le dossier depuis 2017 », « ça fait plus de sept ans que la France est au courant », a déclaré Pauline Cervan, la toxicologue de Générations futures.

Lors d’une conférence de presse en ligne, cette toxicologue a expliqué que le TFA n’est « pas encore inclus dans le contrôle de l’eau potable en France », mais va « finir par l’être de façon assez certaine ». Pauline Cervan a souligné qu’ainsi « une grande partie de l’eau potable deviendrait non conforme ». « Il est indispensable d’agir dès maintenant », a-t-elle insisté.

Une substance amenée à disparaître

Face à cette situation, ce sont 49 organisations environnementales qui ont exhorté la Commission européenne et les États Membres à interdire le flufénacet au niveau européen.

De son côté, le ministère de la Transition écologique a signalé que le flufénacet est une « substance qui est candidate à la substitution » par une alternative « avec une fin d’approbation par l’Union européenne à juin 2025, et étant donné son caractère perturbateur endocrinien, elle ne devrait pas être réapprouvée ».

« Nous serons vigilants à suivre les décisions de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement) en la matière. Notre position est toujours la même lorsqu’un produit phytosanitaire est prouvé comme ayant un impact sanitaire avéré, nous sommes pour l’interdiction de son utilisation », a ajouté le ministère.

Voir aussi:

Alerte rouge sur la qualité de l’eau douce en Europe

A peine plus du tiers des eaux de surface européenne sont en bonne santé, selon l’Agence européenne de l’Environnement. La pollution atmosphérique ne contamine pas seulement l’air, elle dégrade aussi les ressources aquatiques. A

L'Agence européenne de l'Environnement appelle à une diminution de 50 % de l'utilisation des pesticides d'ici à 2030.
L’Agence européenne de l’Environnement appelle à une diminution de 50 % de l’utilisation des pesticides d’ici à 2030. (iStock)

Par Les Echos

Publié le 15 oct. 2024 à 07:50Mis à jour le 15 oct. 2024 à 08:54 https://www.lesechos.fr/monde/europe/alerte-rouge-sur-la-qualite-de-leau-douce-en-europe-2125285

Elle est essentielle à la vie. Mais avec le dérèglement climatique, elle vient à manquer dans de nombreuses régions, quand elle ne devient pas, dans d’autres, un puissant flot destructeur. L’eau est en danger en Europe, alerte ce mardi l’Agence européenne de l’Environnement (AEE), qui estime qu’à peine plus du tiers des eaux de surface sont en bonne santé écologique sur le continent. « La santé des eaux européennes n’est pas bonne. Nos eaux sont confrontées à une série de défis sans précédent qui menacent la sécurité de l’eau en Europe », affirme la directrice de l’AEE, Leena Yla-Mononen.

En ce qui concerne la santé chimique des eaux de surface, elle n’est bonne que dans 29 % des cas, contre 77 % pour les nappes phréatiques, d’où provient la majeure partie de l’eau potable consommée par les Européens. Une bonne santé chimique signifie l’absence de pollution excessive par les nutriments et par des substances chimiques nocives comme les PFAS et les microplastiques.

Consommer moins, protéger mieux

L’eau de surface est menacée par la pollution atmosphérique ( combustion du charbon , émissions des véhicules, etc.) et l’agriculture, qui déverse quantité de déchets contaminant les sols. « L’agriculture européenne doit davantage recourir à des pratiques naturelles et agroécologiques plus durables, accompagnées de mesures incitatives et d’un changement de nos habitudes alimentaires », recommande le rapport de l’AEE.

https://62c9635686c654811743f770dc5389f0.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-40/html/container.html

LIRE AUSSI :

DECRYPTAGE – Pollution de l’eau par les pesticides : un coût financier largement sous-estimé

DECRYPTAGE – Pollution : et au milieu coule une rivière

L’agence européenne, qui a analysé 120.000 masses d’eau de surface et 3,8 millions de km2 de masse d’eau souterraine dans 19 pays de l’Union européenne et en Norvège, appelle à une diminution de 50 % de l’utilisation des pesticides d’ici à 2030 . « Nous devons redoubler d’efforts pour rétablir la santé de nos précieux cours d’eau, lacs, eaux côtières et autres masses d’eau et pour faire en sorte que cette ressource vitale soit résiliente et sûre pour les générations à venir », insiste Leena Yla-Mononen.

Les effets du changement climatique (sécheresses comme inondations) et la surexploitation des ressources en eau douce exercent également une pression sur les surfaces aquifères. Réduire la consommation d’eau et rétablir les écosystèmes doivent être des priorités des gouvernements. D’autant que les ressources aquatiques sont également sous pression des conséquences du changement climatique, entre précipitations excessives, fonte des glaciers et sécheresse, souligne le rapport.

Avec AFP

ÉTAT DE SANTÉ – NOTRE EAU POTABLE EN DANGER ?

https://lcp.fr/programmes/etat-de-sante/notre-eau-potable-en-danger-286566

Disponible du 23 juin 2024 au 22 juin 2026

20% des Français ont bu au moins une fois une eau du robinet non conforme aux critères de qualité, en 2021. Depuis plusieurs mois, la recherche de résidus de pesticides et de polluants éternels a entraîné le dépassement des seuils de qualité, voire même la fermeture de captages dans plusieurs villes de France. La population s’inquiète d’avoir bu une eau contaminée pendant des années. Mais les risques réels pour la santé sont difficiles à évaluer, tant les sources de pollution sont nombreuses et diverses. Alors, l’eau du robinet est-elle toxique ? Et qu’en est-il des eaux minérales en bouteilles ? Des enquêtes récentes ont montré qu’elles n’échappaient pas aux contaminations. Vers quelle alternative les Français peuvent-ils se tourner ? Nous poserons ces questions à notre invitée, l’hydrologue Emma Haziza.

La santé figure au premier rang des préoccupations des Français et au coeur de tous les grands débats politiques et sociétaux.
L’organisation des soins, le service public hospitalier, mais aussi le mal de dos, les allergies, la bioéthique ou encore la nutrition… Sur LCP-Assemblée nationale, Elizabeth Martichoux explore chaque mois un thème de santé publique.
Entre reportages, interviews de professionnels de santé, de personnalités politiques mais aussi de patients, ce rendez-vous aborde tous les maux d’une problématique de santé, ses enjeux, les avancées et les nouveaux défis pour mieux vivre demain !

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Un avis sur « Le flufénacet, un pesticide récemment classé perturbateur endocrinien, massivement utilisé (blé et orge) menace de non conformité la moitié des eaux potables ! »

Laisser un commentaire