Raphaël Glucksmann : avec Trump, « la naïveté et la faiblesse de l’Europe doivent prendre fin »

Ce vendredi à 8h20 dans le grand entretien, notre invité est l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann. Nous sommes au lendemain de la victoire de Donald Trump, et ce sera au menu des discussions entre les dirigeants européens réunis à Budapest.

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Avec

Après les résultats de l’élection présidentielle américaine, Raphaël Glucksmann dit se sentir « l’âme d’un Européen qui va se retrouver seul, comme tous les Européens, face à la guerre sur notre continent. Face à Vladimir Poutine, face à l’instabilité du monde, face à la catastrophe climatique… Donc l’âme de quelqu’un qui a compris qu’il est temps de devenir adulte, capable d’assurer sa propre sécurité, capable d’assumer, enfin, d’être autonome sur la scène internationale. »

« Je ne déplore rien », assure-t-il toutefois. « Les Américains ont choisi. Moi, ce que je déplore, ce n’est pas le choix des Américains, c’est le fait que nous, en Europe, nous nous soyons comportés comme d’éternels adolescents et que nous ayons pensé que le parapluie américain était éternel. Donc que ça nous dispensait de travailler pour construire notre défense, pour renforcer notre industrie, pour ne pas dépendre justement de la décision des électeurs en Pennsylvanie pour savoir si Berlin, Vilnius ou Varsovie seront défendus ou pas. Moi, c’est ça que je déplore. C’est notre propre inaction. »

« Les semaines et les mois qui viennent sont absolument décisifs »

« On se retrouve dans une situation où l’Europe, pas simplement l’Ukraine, l’Europe peut se retrouver dans la situation de la Tchécoslovaquie en 1938 », analyse l’eurodéputé. « C’est-à-dire qu’un deal va s’établir entre Donald Trump et Vladimir Poutine, et nous, comme les représentants de la Tchécoslovaquie en 1938 à Munich, nous allons être dans les corridors, nous allons être à côté, pendant que les grands décident de notre avenir. C’est pour ça que les semaines, les mois qui viennent sont absolument décisifs. »

Pour Raphaël Glucksmann, « nous sommes dans une mentalité d’herbivore, pour reprendre les métaphores poétiques de notre Président. On a simplement protesté. Ça doit prendre fin, cette naïveté et cette faiblesse de l’Europe doivent prendre fin. Moi, j’ai travaillé pendant tout le précédent mandat, et je continue à le faire, sur les instruments de défense commerciale. Aujourd’hui, l’Europe doit être capable, face à la coercition chinoise, face à la surcapacité de production chinoise notamment, de soutenir des guerres commerciales. Ça veut dire répondre de manière forte, énergique, à chaque action américaine qui aura un impact sur notre économie. Il n’y a que cela que Donald Trump entendra. Il n’y a que cela que ces gens à la mentalité autoritaire entendent. »

Réactions:

« Ils sont en train de découvrir que leur UE n’existe pas, à part le business et le capital. »

 » Glucksmann vient faire son réquisitoire contre ce qu’il A VOULU et PROMU et notamment : 1 / La dépendance aux USA question militaire (seul de Villepin fut le dernier à dire : NON) ; 2 / L’élargissement sans fin fin à l’Est, à des pays avec qui nous n’avons rien en commun et qui sont pro-US 

« La construction européenne aurait du se cantonner aux pays fondateurs (et encore j’étais contre, cf. Mendès France et le traité de Rome), il y avait déjà beaucoup à faire. » 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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