Nouvelle erreur diplomatique de la France
Ce vendredi 1er novembre, en première commission des Nations unies sur la paix et la sécurité, la diplomatie française a honteusement poussé le bouton rouge – avec son ennemi la Russie et le Royaume Uni – pour voter contre la résolution « impact d’une guerre nucléaire et recherche scientifique ».
Cette résolution – approuvée à une écrasante majorité de 144 voix – doit examiner les effets physiques et les conséquences sociétales d’une guerre nucléaire à l’échelle locale, régionale et planétaire, notamment les effets climatiques, environnementaux et radiologiques, ainsi que les incidences sur la santé publique, les systèmes socio-économiques mondiaux, l’agriculture et les écosystèmes.
- L’ambassadrice française C. Petit a expliqué qu’il n’y a « pas de valeur ajoutée à créer un « nouveau » panel d’experts pour étudier les conséquences d’une guerre nucléaire. Les conséquences dévastatrices d’une guerre nucléaire sont déjà connues ». C’est comme si nous demandions aux experts du climat d’arrêter toutes leurs études sur les conséquences du dérèglement climatique car nous les connaissons !
Toutes les autres puissances nucléaires se sont abstenues. La Chine décidant elle de voter « oui », avec des États de différentes alliances nucléaires (dont Allemagne, Australie, Canada, Grèce, Japon, Norvège).
À une époque où le risque de conflit nucléaire est élevé, il est incompréhensible que notre diplomatie vote contre une étude scientifique, par ailleurs soutenue par l’Académie des sciences, dont le seul but est de renforcer notre connaissance et donc le tabou de l’emploi d’armes nucléaires.
- Nous souhaitons remercier les plus de 40 000 personnes qui ont participé – alors que nous redoutions ce vote irresponsable – à notre action de plaidoyer et d’information (sur X/tweeter, Instagram et Facebook) concernant cette résolution.
Courant décembre, cette résolution sera soumise au vote en Assemblée générale des Nations unies, nul doute qu’elle sera adoptée. Nous demandons une fois encore à la France de ne pas répéter son vote négatif !
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Vingt mensonges sur les armes nucléaires
ICAN France et l’association Initiatives pour le Désarmement nucléaire publient un argumentaire qui apporte des clés de compréhension aux associations et personnes luttant pour un monde libéré des armes nucléaires, afin d’encourager la réflexion sur la remise en cause de la dissuasion nucléaire.
En effet, les récents conflits et crises internationales montrent clairement que les armes nucléaires ne garantissent pas la paix, mais permettent la guerre conventionnelle (Russie – Ukraine), exacerbent les tensions (Iran – Israël, course aux arsenaux des puissances nucléaires dont la France) et rendent plus fragile l’équilibre stratégique mondial (Chine, Corée du Nord, États-Unis).
Les mensonges couramment véhiculés autour de la sécurité prétendue qu’offrent les armes nucléaires sont déconstruits et il est expliqué pourquoi la diplomatie française se trompe – parfois volontairement – dans ses critiques sur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) qui permet d’engager un désarmement nucléaire progressif et multilatéral.
Un argumentaire librement téléchargeable et n’hésitez pas à nous poser vos questions ou demandes pour organiser une conférence via coordination@icanfrance.org
Actions des organisations membres
Le 13 novembre, le Festival changé d’Air (à Changé), invite P. Bouveret directeur de l’Observatoire des armements pour une conférence sur « L’héritage empoisonné : Vérité et justice sur les conséquences des essais nucléaires français en Polynésie ».
Le 15 novembre, le Collectif Halte Aux Nucléaires Gard organise une conférence « Arme nucléaire : protection ou danger ? » avec le Dr Abraham Behar Président de l’Association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (à 19h, maison du protestantisme, 3 rue Brousson à Nîmes).
Le 30 novembre, à l’occasion du 10ème anniversaire de la création d’Initiatives pour le désarmement nucléaire, cette association organise au Palais du Luxembourg, un colloque « Guerre, Paix et Périls planétaires au XXIe siècle » (inscription obligatoire). IDN, à travers cette journée de réflexion, entend dépasser son objectif initial de sensibilisation au seul risque de guerre nucléaire, et veut contribuer à transformer la conscience collective d’une menace systémique globale pour réinventer la paix Dans cet esprit, il sera officiellement lancé l’Observatoire des périls planétaires (OPP) pour un monde plus sûr.
Ce 30 octobre, la ville de Brasparts (Finistère) sur proposition du Collectif finistérien pour l’interdiction des armes nucléaires(CIAN29) a voté une délibération pour demander à la France de ratifier le TIAN et soutenir ainsi l’Appel des villes de notre campagne. Nous comptons ainsi désormais un total de 87 villes soutenant le TIAN, Le CIAN29 a entamé, depuis plusieurs mois, des démarches auprès des municipalités du Finistère pour promouvoir le TIAN et engrange les succès, puisque ce sont désormais 6 villes – Morlaix, Carhaix, Berrien, Saint-Rivoal, Motreff et Brasparts – de ce département qui ont endossé cet Appel.
Le 2 décembre, à Caen, la Ligue des Droits de l’Homme co-organise avec ICAN France une conférence intitulée « Fin des armes nucléaires ou fin du monde » avec l’intervention de JM. Collin, directeur de ICAN France : « Il n’existe qu’une certitude : la problématique de l’arme nucléaire prendra fin, soit par son utilisation, soit par son élimination. Il nous reste à déterminer ensemble quelle fin nous souhaitons… », (18H30, MDA 1901 – Salle rouge 8 Rue Germaine Tillion).
Le 12 décembre, il sera réalisé la 55e vigie citoyenne par le Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires. Lors de la 54ème vigie les militant.e.s ont déployé des banderoles à Dijon et à Moloy près du site du Commissariat à l’énergie atomique.
Tous ensemble contre les armes nucléaires
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