Quentin Haroche| 06 Novembre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/donald-trump-choix-risqué-santé-des-2024a1000ka7?ecd=wnl_all_241110_jim_jim-pro_etid6982293&uac=368069PV&impID=6982293&sso=true
Washington – Donald Trump a largement remporté l’élection présidentielle américaine ce mercredi. Un certain flou demeure concernant son programme de santé qui suscite l’inquiétude. Quant aux référendums sur l’avortement, leurs effets devraient se faire attendre.
Cette fois, il n’aura pas fallu attendre une semaine pour connaitre le résultat. Une seule longue soirée électorale aura suffi à mettre fin au suspens. Ce mardi, les électeurs américains ont décidé de renvoyer à la Maison Blanche l’ancien président Donald Trump, quatre ans après lui avoir préféré l’actuel président Joe Biden. Le candidat républicain prendra ses fonctions le 20 janvier prochain.
Même si les résultats définitifs de l’élection se font encore attendre ce mercredi matin, le milliardaire semble avoir remporté 51 % des voix contre 47 % pour son adversaire, la vice-présidente démocrate Kamala Harris. La plupart des chaines d’information américaines ont officialisé la victoire de Donald Trump à 11h30 ce mercredi, lorsqu’il a dépassé la barre fatidique des 270 grands électeurs, mais son succès ne faisait guère plus de doute depuis plusieurs heures.
Les républicains pourraient tenter d’interdire l’avortement dans tout le pays
Kamala Harris, qui caressait le rêve de devenir la première femme à la tête des Etats-Unis, avait fait de l’avortement son principal thème de campagne. Deux ans après que la Cour Suprême a redonné aux Etats le pouvoir de légiférer sur cette question, conduisant 13 Etats à interdire l’IVG et 4 autres à fortement limiter ce droit, l’avortement était en effet devenu un enjeu majeur pour les Américains. Mais bien que les sondages indiquent que plus de 60 % des Américains soutiennent le droit à l’avortement, ils ont donc choisi de donner les clés de la Maison Blanche à Donald Trump. Ce dernier s’était dit fier d’avoir rendu possible le revirement de jurisprudence de la Cour Suprême sur l’avortement en 2022.
La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle ce mardi met ainsi fin à tout espoir de faire adopter une loi fédérale légalisant l’avortement. Et ce d’autant plus que les résultats non définitifs des élections législatives, qui se tenaient également ce mardi, semblent indiquer que les républicains sont en passe de reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès, le Sénat et la Chambre des représentants. Les élus les plus conservateurs pourraient même être tentés d’imposer une interdiction fédérale de l’avortement, une solution à laquelle Donald Trump s’est dit opposé. Le nouveau président sera en tous les cas libre de nommer à nouveau des juges opposés au droit à l’avortement.
Bientôt un ministre de la Santé antivaccin ?
Le programme de Donald Trump sur les autres questions de santé est bien plus flou. Le candidat républicain a plusieurs fois affiché sa volonté de supprimer le système Obamacare, qui permet aux Américains les plus modestes de souscrire à des assurances médicales privées (il avait déjà tenté de l’abroger lors de son premier mandat), mais sans préciser par quoi il souhaitait le remplacer. Durant son discours de victoire ce mardi, le candidat républicain a également une nouvelle fois évoqué la possibilité de nommer Robert Kennedy Jr ministre de la Santé : le neveu de l’ancien président démocrate a par le passé défendu des positions antivaccins et prétend que le fluor présent dans l’eau courante aux Etats-Unis serait dangereux.
Dans un grand nombre d’Etats, les Américains étaient également invités à se prononcer par des référendums ce mardi, dont certains concernaient des questions de santé. Dix Etats organisaient ainsi ce mardi des votes sur l’avortement. Dans le Missouri, les électeurs ont choisi de rétablir le droit à l’avortement, supprimé 2022. A l’inverse, les électeurs du Dakota du Sud ont maintenu l’interdiction de l’IVG tandis que seulement 55 % des électeurs de Floride ont voté pour rallonger le délai légal d’avortement (actuellement fixé à six semaines), soit moins que les 60 % requis pour changer la loi. D’une manière générale, les changements devraient se faire attendre, compte tenu de la possible contestation des résultats de ces différents référendums devant la justice; des atermoiements dont beaucoup d’électeurs n’ont probablement pas conscience et qui retarderont d’autant les réelles évolutions.
Toujours en Floride, l’initiative visant à légaliser le cannabis récréatif a également échoué. A l’inverse, les citoyens du Nevada ont décidé de légaliser le cannabis thérapeutique dans l’Etat. On attend dans la journée le résultat d’autres référendums concernant la légalisation du cannabis ou d’autres drogues.