« Faire la photo du microbiote d’un patient pourrait devenir un outil de base en médecine »

Date de publication : 8 novembre 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=b6a3d8fbeee10393bf46b89b5927b3a2&id_newsletter=21024&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=21024&from=newsletter

Libération

Olivier Monod indique dans Libération qu’« un consortium de recherche appelle les Français à envoyer des prélèvements issus de leurs selles pour faire avancer la connaissance du microbiote intestinal, cet ensemble de micro-organismes qui peuple cette région du corps ».
Le journaliste livre un entretien avec Joël Doré, microbiologiste à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui coordonne « Le French Gut », « partie française de ce projet international lancé en 2019 et qui vise à identifier les micro-organismes présents chez un million de personnes dans le monde, dont 100.000 en France ».
Olivier Monod interroge ainsi : « Il existe une grande diversité parmi les microbiotes des individus sains que votre étude cherche à documenter. Finalement, sait-on vraiment ce qu’est un microbiote sain ? ».
Joël Doré répond qu’« on connaît déjà très bien les quelques espèces de bactéries que l’on retrouve chez tous les êtres humains en bonne santé. On sait donc quelles espèces sont là et on connaît certaines grandes fonctions associées à la santé. Par exemple, les individus en bonne santé ont tous des bactéries qui produisent une molécule appelée butyrate, qui joue un rôle d’anti-inflammatoire, de protecteur de la paroi des intestins et même un rôle anticancéreux ».
« On a aussi des données sur les microbiotes associés à des régimes alimentaires protecteurs, comme le régime méditerranéen. Il y a déjà beaucoup d’études sur le microbiote, mais toujours sur quelques centaines, voire milliers d’individus », 
remarque le chercheur.
Olivier Monod observe en outre : « On voit déjà des marques de yaourts ou de probiotiques vanter les bienfaits de leurs produits sur le microbiote. Est-ce que ces promesses sont trop simplistes par rapport à l’état des connaissances sur le sujet ? ».
Joël Doré déclare : « On peut dire ça. […] Le microbiote déjà en place chez un individu joue un grand rôle dans l’effet que l’on peut attendre d’un probiotique en termes de santé. On ne peut donc pas tenir de discours généraliste sans prendre en compte le microbiote des personnes qui prennent le probiotique en question ».
Le chercheur continue : « En visant 100.000 réponses, on espère pouvoir apporter des réponses plus fortes sur l’influence de la naissance par césarienne sur le microbiote, l’influence du tabac ou encore du café. On se pose des questions parfois toutes bêtes. Par exemple, l’appendice a-t-il un rôle sur la composition du microbiote ? Pour le moment, 20% de nos répondants ont subi une appendicectomie. Notre étude va permettre d’apporter une réponse robuste à cette question ».
Olivier Monod demande enfin : « A terme, quels sont les espoirs les plus forts sur lesquels pourraient déboucher vos recherches ? ».
Joël Doré répond qu’« on peut imaginer que faire la photo du microbiote d’un patient devienne un outil de base en médecine. Nous avons un projet, en relation avec le centre de cancérologie Gustave-Roussy, dans lequel nous démontrons que la composition du microbiote prédit si un patient va bien répondre à une chimiothérapie ou une immunothérapie ».
« Nous voulons aussi recueillir des données sur des malades atteints de pathologie neurologique (Parkinson, Charcot) ou de troubles psychologiques, pour voir ce que la composition du microbiote peut nous apprendre »
, ajoute le microbiologiste.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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