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06 novembre 2024
Kamala Harris a voulu rejouer la campagne de 2016, et mimer la stratégie de Hillary Clinton. Pour un résultat identique. Son refus de porter des mesures de redistribution sociale lui a coûté les voix de nombreux travailleurs. Sa défense de la production pétrolière record des États-Unis a découragé les mouvements écologistes. Sa promesse de renforcer « l’armée la plus létale du monde » et son soutien aux crimes du gouvernement israélien ont, quant à eux, détourné les électeurs progressistes du Parti démocrate dans les « swing states ». Par Luke Savage, traduction Alexandra Knez.
Durant la campagne, les démocrates ont ressassé de belles formules issues des années 1990 : éloge du bipartisme, appel au « pragmatisme », rejet explicite de l’idéologie en faveur de « solutions » vaguement définies. Ils se sont délestés d’engagements fondamentaux, tenant un remake hasardeux de la stratégie de Hillary Clinton en 2016 qui a fini en échec cuisant. Figure de proue de l’establishment californien et vice-présidente en exercice, Kamala Harris n’allait sûrement pas jouer la surenchère à gauche. Pourtant, le retrait de Joe Biden a offert au parti une occasion en or de se présenter sur la base d’un programme de renouveau.
Comme on pouvait s’y attendre, l’entrée surprise d’une jeune candidat dans la course a généré une manne de financement et un sentiment d’enthousiasme palpable. Surtout, la participation inattendue du gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a même soulevé l’espoir d’un virage en faveur des classes populaires. Comme l’instant Branko Marcetic dans Jacobin, le slogan de Harris « Nous ne retournerons pas en arrière » suggérait non seulement un rejet de Trump, mais aussi une rupture avec les deux dernières années, hautement impopulaires, de la présidence Biden.
Au moment de la Convention Nationale Démocrate (DNC) d’août, il est devenu toutefois évident que la campagne de Kamala Harris allait plutôt s’inscrire dans la continuité – dans le ton, la substance et la stratégie – de celle de Hillary Clinton en 2016. La DNC, bondée de célébrités, a multiplié les louanges à l’égard des solutions technocratiques aux problèmes économiques et sociaux : partenariats public-privé, déductions fiscales pour les petites entreprises, effacement de la dette médicale du credit score (dossiers de crédit) des citoyens, etc. Dans l’incarnation, elle marquait à la fois une rupture avec les aspects les plus progressistes de la présidence Biden, et une continuation avec les aspects les plus rejetés de cette même présidence.

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Il suffit pour s’en convaincre de considérer la manière dont la question de Gaza a été traitée par Kamala Harris. Tout au long de sa campagne, elle a rejeté toute prise de distance, même rhétorique, avec la Maison Blanche. Elle a réitéré à maintes reprises son soutien à la campagne de nettoyage ethnique menée par l’extrême droite israélienne. Une posture qui, selon les sondages,a entravé de manière significative la participation des jeunes électeurs des États clés tels : le Michigan, l’Arizona, la Géorgie et la Pennsylvanie.
Dans une attitude qui fait fortement écho à Hillary Clinton, la campagne Harris/Walz a délibérément contrarié l’aile la plus progressiste des démocrates, vantant le bipartisme et s’adressant avec effusion aux conservateurs. Interrogée au début du mois sur sa différence d’approche avec Joe Biden, Harris n’a pas pu nommer une seule décision qui la distinguerait du président en exercice… hormis la nomination d’un républicain à son cabinet. Ayant chaleureusement accueilli le soutien de l’ancien vice-président républicain (et adepte de la torture) Dick Cheney, Harris a également affiché le soutien de dizaines d’anciens collaborateurs de Ronald Reagan, George Bush, John McCain et Mitt Romney.
Dans le cadre des mêmes efforts visant à séduire des républicains modérés imaginaires, Harris a martelé son « pragmatique » et son opposition à « l’idéologie ». elle a évoqué son amour des armes à feu et s’est engagée à maintenir « l’armée la plus létale du monde » entre les mains des États-Unis. En termes programmatiques, cela s’est traduit par une série de virages à droite sur tous les sujets.
La campagne démocrate de 2020, du moins, avait tendu la main à l’aile gauche du parti. En 2024, cette dimension était à peine perceptible.
Reniant son opposition à la fracture hydraulique, Harris vante aujourd’hui les mérites d’une production pétrolière record. En matière de santé, sa principale promesse – « faire des soins abordables un droit et non un privilège en élargissant et en renforçant la loi dite “Affordable Care Act” » – se révèle être un faux-fuyant dénué de sens.
La campagne démocrate de 2020, du moins, avait tendu la main à l’aile gauche du parti. En 2024, cette dimension était à peine perceptible. Harris a bien défendu l’élargissement du Medicare pour les personnes âgées, un soupçon de politique industrielle pro-syndicale et l’extension du crédit d’impôt pour chaque nouveau-né. Mais son programme était nettement moins ambitieux que celui de Joe Biden en 2020.
Après un bref interrègne, les démocrates ont renoué avec leur tendance historique à s’appuyer sur les propriétaires, les cadres et les diplômés, plutôt que les travailleurs. Une approche qui avait démobilisé de nombreux électeurs dans les swing states en 2016.
La victoire inattendue de Donald Trump il y a huit ans s’était expliquée par une stratégie peu orthodoxed’attaques populistes contre les élites du Beltway, mais aussi d’attaques sélectives contre les dogmes du marché traditionnellement adoubés par les républicains. Comme l’a observé le politologue américain Corey Robin en 2018 : « La critique de la ploutocratie par Donald Trump, sa défense des acquis et sa dénonciation des fractures causées par le libre échange ont compté au nombre des innovations rhétoriques les plus notables de sa campagne. ».

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Arrivé au pouvoir avec un projet prétendument révolutionnaire en main, Trump a rapidement renoué avec un programme républicain plus conventionnel. L’adhésion supposée de Trump à une inflexion étatiste, hormis sur les enjeux commerciaux, a rapidement cédé la place à des réductions d’impôts et déréglementations en cascade.
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En 2024, Trump était privé de son aura d’outsider. Sans surprise, il a compensé cette lacune en redoublant ses attaques contre les immigrés, promettant « le plus grand effort de déportation de l’histoire de notre pays » et suggérant que la criminalité des immigrés est génétique. On mentionnera également des discours d’incitation à la violence raciale (avec l’appui de son colistier JD Vance) contre une petite communauté d’Haïtiens de l’Ohio.
Toujours aussi déséquilibré , le mouvement Make America Great Again (MAGA) n’a pas été en mesure de discipliner ses éléments conservateurs les plus impopulaires. Une limite particulièrement évidente sur la question du droit à l’avortement. Depuis l’invalidation (extrêmement impopulaire) de l’arrêt Roe v Wadepar la Cour suprême des États-Unis, un déluge de projets de loi anti-choix s’est abattu au niveau de chaque État. Ce boulet électoral a sans doute coûté aux républicains un triomphe aux élections de mi-mandat en 2022.
Rien ne permet de penser que les responsables des deux partis impulseront un changement de direction. Les républicains seront confortés dans leurs choix. Les démocrates estimeront sans doute qu’ils ne se sont pas assez déplacés vers la droite.
Rien ne permet de penser que les responsables des deux partis impulseront un changement de direction. Les républicains, qui ont remporté un succès inattendu à grand renfort de théories conspirationnistes, seront confortés dans leurs choix. Les démocrates, quant à eux, estimeront sans doute qu’ils ne se sont pas assez déplacés vers la droite.
Aucune éclaircie ne poindrait à l’horizon si l’on ignorait les mouvements d’opinion au sein de la population américaine elle-même. Les dernières années ne l’ont pas rendue plus conservatrice – bien au contraire. Profondément insatisfaits de leurs dirigeants et du système politique en général, les Américains soutiennent massivementle remplacement du collège électoral par un simple vote populaire. Ils rejettent catégoriquement les pressions exercées par les républicains pour restreindre le droit à l’avortement et sont largement favorables au remplacement du dispositif américain de santé par un modèle socialisé. Ils sont de plus en plus nombreux à rejeter les bombardements sur Gaza, et s’opposent à ce que leur gouvernement continue d’armer la machine de guerre israélienne.
Les sondages révèlent que le public américain se situe à la gauche des deux partis sur les questions d’imposition et de redistribution, qu’une majorité est favorable à l’augmentation du salaire minimum et que plus des deux tiers voient d’un bon œil le renouveau actuel du mouvement syndical américain. Les auteurs d’une récente étude de l’Académie américaine des arts et des sciences le confirment : les Américains perçoivent l’économie comme accaparée par les riches et les puissants – et estiment que trop peu a été laissé aux travailleurs.
Le système politique américain semble verrouillé, mais des raisons d’espérer subsistent. Le renouveau, dans tous les cas, ne viendra pas d’un establishment démocrate qui a voulu mimer le Parti républicain dans ses pires penchants néolibéraux et militaristes.
Victoire de Trump : les démocrates victimes de l’illusion de la croissance
Beaucoup d’États-Uniens ont sanctionné par leur vote le bilan économique de Joe Biden. Les démocrates ont trop souvent refusé cette réalité au nom des chiffres flatteurs de la croissance.
Oubliant les difficultés du quotidien vécues par les citoyens moyens. Ils en paient le prix fort.
L’ampleurL’ampleur de la victoire de Donald Trump le 5 novembre 2024 ne peut s’expliquer sans comprendre le facteur économique et la façon dont les démocrates ont abordé cette question. Les 4 points gagnés par le milliardaire new-yorkais entre les scrutins de 2020 et de 2024 montrent qu’une partie de l’électorat a basculé, au cours de ces quatre années, vers les républicains.
La question est alors de savoir ce qui a déterminé cette bascule. De ce point de vue, les premières enquêtes post-électorales confirment ce qui avait été perçu au cours de l’ensemble de la campagne : l’économie a été le premier déterminant du vote pour 39 % des électeurs, selon une enquêt de l’agence AP.
L’hypothèse d’un rejet du bilan économique de la présidence Biden est confirmée par d’autres éléments, notamment par les résultats des référendums locaux. Dans des États qui ont choisi très largement Trump, le droit à l’avortement a souvent été renforcé dans les urnes, preuve que son discours réactionnaire n’a pas été la principale force motrice de sa victoire.

Mieux, même, dans le Missouri, un État où Donald Trump a emporté 1,7 million de voix et 58,5 % des suffrages exprimés, les électeurs ont voté non seulement à 52 % en faveur du droit à l’avortement, mais également à 58 % en faveur du relèvement du salaire minimum à 15 dollars de l’heure en 2026 contre 12 dollars actuellement.
La question du niveau de vie a été au cœur de la campagne. Mais les démocrates ont été victimes sur ce sujet d’une illusion fatale : celle que la croissance économique assurerait leur victoire. Ils sont restés fidèles au fameux « it’s the economy, stupid ! »(« c’est l’économie, crétin ! ») lancé par un conseiller de Bill Clinton pour expliquer en 1992 la défaite de George Bush père. À l’époque, le pays traversait une récession, et le candidat démocrate représentait une alternative.
Les démocrates de 2024 ont renversé la logique. Si la récession avait fait gagner Clinton, alors dans l’opposition en 1992, la croissance devait faire gagner les démocrates en 2024. Les chiffres parlaient d’eux-mêmes : le PIB états-unien affiche une croissance en apparence insolente : 2,5 % en 2023 et encore 2,8 % en rythme annuel au troisième trimestre de cette année. De quoi provoquer l’envie du reste du monde, englué dans une reprise molle.
Les économistes proches du Parti démocrate n’ont pas tari d’éloges sur cette croissance, réalisée alors même que le pays traversait une forte inflation. Et malgré tout, la productivité a rebondi, les revenus réels ont progressé de 11 % en quatre ans et le chômage est resté au plus bas. Un véritable « miracle » qui devait évidemment assurer la victoire du parti de l’âne.
La sombre réalité de la croissance
Pourtant, l’humeur des citoyen·nes n’a pas suivi cet enthousiasme des économistes. Toutes les enquêtes montraient que la plupart des États-Uniens avaient le sentiment que leur niveau de vie s’était dégradé. Mais les économistes et les cadres démocrates sont restés attachés à leur fétichisme statistique : les chiffres ne mentant pas, c’était donc le sentiment des électeurs et électrices qui était faux et manipulé.
Pendant des mois, et encore récemment, le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, éditorialiste économique au New York Times, a passé son temps à affirmer que les économistes avaient raison et que les gens avaient tort. Le sentiment négatif sur l’économie n’était que le produit d’une énième fake news trumpiste.
Mais le président élu n’a pas eu besoin de déployer ses talents de menteur pour convaincre l’électorat sur l’économie. Il a mené sa campagne en martelant cette question : « Votre situation est-elle meilleure qu’il y a quatre ans ? » Et une partie de l’électorat y a répondu dans les urnes.
Cette situation traduit un fait notable par rapport aux années 1990 : la croissance a changé de nature. Elle ne reflète plus aussi clairement le bien-être social. Et pour deux raisons. D’abord, les conditions de production de la croissance sont plus difficiles et supposent parfois une dégradation des conditions de vie des ménages. Ensuite, parce que les difficultés croissantes à produire de la croissance conduisent à une captation de cette dernière par une minorité à des fins d’accumulation. En d’autres termes : l’accélération de la croissance a un coût social croissant.
Et c’est l’incapacité des économistes et des démocrates à accepter cette réalité qui leur a coûté les scrutins du 5 novembre. Ainsi, derrière la supposée « bonne santé du consommateur états-unien » qui enthousiasme tant la presse économique, on trouve des réalités moins réjouissantes pour la réalité des citoyen·nes moyen·nes.
Une grande partie des États-Uniens ont eu le sentiment de travailler toujours davantage pour pouvoir consommer toujours moins.
Car les hausses de coûts sur les primes d’assurance et les loyers ne sont pas comptabilisées dans le taux d’inflation, mais se traduisent au contraire dans une hausse de la consommation, notamment de services. Il y a là une déformation statistique qui revient à penser que les ménages états-uniens se réjouissent et choisissent de dépenser une part croissante de leurs revenus en assurance-maladie, en loyers ou en assurances habitation.
Ainsi, sur 2023, la consommation de services de santé, de services financiers et de services d’habitation à laquelle on peut ajouter les dépenses des « autres biens non durables », qui comprennent la consommation de médicaments, représentait 62,8 % de la croissance de la consommation des ménages. Au quatrième trimestre de 2024, la part de ces quatre éléments était moindre, mais pesait encore pour 39 % de la hausse de la consommation.
À cette hausse des dépenses contraintes s’ajoute le fait que les prix alimentaires ont explosé en 2022 et 2023 de respectivement 9,9 % et 5,8 %, venant peser encore davantage sur les budgets des consommateurs et consommatrices. Comme, en parallèle, les emplois créés ont été principalement des emplois à temps partiel dans des secteurs de service où les conditions de travail sont éprouvantes, les individus ont dû multiplier les emplois pour faire face. Une grande partie des États-Uniens ont eu le sentiment de travailler toujours davantage pour pouvoir consommer toujours moins. Ce n’était pas là une fake news mais une réalité très largement vécue.
Loin des discours triomphants des économistes, la croissance états-unienne traduisait en réalité une société mal en point. Car il faut toujours rappeler que, malgré les dépenses de santé croissante, l’espérance de vie à la naissance a décru aux États-Unis et a décroché des autres pays avancés. Une réalité que le fétichisme économique ignore profondément.
Au reste, la croissance façon Biden est fondée sur deux piliers : le secteur technologique, qui est une croissance de rente qui accroît encore le sentiment de dépenses contraintes et les dépenses militaires, un secteur non productif, qui, au troisième trimestre 2024, a représenté 21 % de la croissance totale. Le tout pour parvenir à dégager une croissance « moyenne » selon les critères du début des années 2000.
Plus d’inégalités
La traduction de tout cela est une croissance toujours plus inégalitaire. Malgré le discours pro-syndicats de Biden et les victoires ponctuelles de certains conflits du travail, comme dans l’automobile l’an passé, la répartition inégalitaire des richesses s’est encore accrue. Un des signes de cette réalité, c’est la hausse démesurée des marchés financiers, soutenue par le rêve de l’intelligence artificielle et par les dépenses publiques, mais concentrée autour d’une poignée de grandes entreprises. Autrement dit : le déficit public a surtout servi ceux qui détiennent des actions et qui travaillent dans les Big Tech. C’est-à-dire : les plus riches.
Un autre signe, fondé sur les données des cartes bancaires, réside dans la concentration des dépenses de consommation courante autour des ménages les plus riches. Selon l’institut Oxford Economics (sans rapport avec l’université du même nom), les 40 % les moins riches en revenus représentent 20 % des dépenses en cartes de débit, tandis que les 20 % les plus riches représentent 40 % des dépenses. Un écart jamais vu qui traduit une autre réalité de la croissance états-unienne : « le » consommateur états-unien est d’abord le plus riche.
La situation économique des États-Unis était donc explosive, et les démocrates étaient dans le déni. En ne cessant de crier aux fake news, ils ont achevé de s’aliéner une population cruciale pour leur victoire. Kamala Harris a tenté de corriger le tir en cessant de se prévaloir du bilan Biden, mais, obsédée par le gain du vote modéré, elle a refusé de prendre la réalité concrète des ménages en considération. Aucune vraie réponse n’a été apportée à ces derniers parce qu’aucune politique alternative ambitieuse n’a été construite.
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Évidemment, il y a un paradoxe à voir Donald Trump, un candidat soutenu par une grande partie de la caste des milliardaires de la tech, profiter de cette désespérance alors même qu’il propose de baisser encore les impôts sur les plus riches et de relever les prix par les droits de douane.
Mais il faut se placer dans le contexte des États-Unis. Trump a su mobiliser des tendances profondes de l’imaginaire économique états-unien, comme le lien entre dépenses publiques et inflation, dans un système politique bipartisan où les démocrates avaient semblé renoncer à défendre les intérêts des citoyen·nes moyen·nes. Il a su mobiliser un discours de protection pendant que les démocrates dansaient sur leurs difficultés. C’est cela qui a permis de faire basculer une partie de l’opinion vers Trump qui, par ailleurs, pouvait compter sur son socle d’électeurs et électrices racistes et réactionnaires.
Désormais, les économistes vont produire des études à foison pour expliquer combien l’élection de Trump va être nuisible à la croissance et à l’inflation. C’est sans doute vrai. Mais il faudra se rappeler que « l’économie » n’est pas que la victime de cette élection, c’est aussi la responsable du retour de l’extrême droite au pouvoir. Plus que jamais, la crise profonde et structurelle du capitalisme produit des monstres politiques.