« Produits sucrés : le gouvernement recule sur l’idée d’une nouvelle taxe »

Date de publication : 5 novembre 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=0bf16c940e8084433fbc223915b9ba3a&midn=21021&from=newsletter

Le Monde

Mathilde Gérard et Camille Stromboni remarquent en effet dans Le Monde : « Un pas en avant, un pas en arrière ? Difficile de suivre la position du gouvernement concernant les taxes sur les produits sucrés, en débat lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année 2025, qui s’est poursuivi à l’Assemblée nationale, lundi 4 novembre. Signe, sans doute, que le sujet est sensible ».
Les journalistes relèvent que « si l’exécutif soutient un renforcement de la « taxe soda », il s’est prononcé […] contre l’instauration d’une nouvelle taxe sur le sucre ajouté dans les aliments manufacturés ».
Ils expliquent que « les amendements en faveur de telles taxes, y compris celui adopté en séance plénière, qui était porté par les écologistes, n’ont pas été soutenus par l’exécutif. Le recul avait été amorcé quelques jours auparavant ».
Mathilde Gérard et Camille Stromboni notent que « «plutôt que de vouloir systématiquement taxer», la ministre de la Santé a affirmé, le 29 octobre, vouloir «convaincre» les industriels pour qu’ils «aillent vers des recettes utilisant beaucoup moins de sucres». Position qu’elle a précisée dans l’Hémicycle, en affirmant vouloir travailler avec les industriels à des «objectifs» qui, s’ils n’étaient pas atteints, pourraient «déclencher une taxation» ».
Les journalistes observent qu’« il est un sujet sur lequel le gouvernement a, en revanche, tenu bon : la révision de la taxe existante sur les sodas, dont les députés ont proposé un durcissement, en revoyant son barème ».
Ils précisent en effet qu’« instaurée depuis 2012, et amplement réformée en 2018 pour introduire une plus grande progressivité, la « taxe soda », qui a généré 456 millions d’euros de recettes budgétaires en 2022, s’avère finalement peu efficace, dans sa forme actuelle, sur le plan de la santé. Plusieurs études ont conclu qu’elle avait peu d’effets sur les comportements des consommateurs, et qu’elle n’avait pas suffisamment incité les industriels à réduire les teneurs en sucres de leurs produits ».
Mathilde Gérard et Camille Stromboni rappellent que « la fiscalité nutritionnelle fait partie des recommandations de politiques publiques de l’OMS pour lutter contre la hausse des maladies chroniques comme le diabète de type 2, l’obésité ou l’hypertension ».
Mathilde Touvier, épidémiologiste de la nutrition et directrice de recherche à l’Inserm, précise : « Oui, les politiques de prix ont un effet, car en moyenne le prix reste le premier critère d’achat pour les consommateurs. Mais ce n’est pas le seul levier. L’essentiel est de banaliser et faciliter l’accès aux produits bons pour la santé. Si on augmente les taxes d’un côté mais qu’on ne rend pas plus accessibles d’autres produits plus sains, cela risque d’être vu comme une punition ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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