Quentin Haroche |
28 Octobre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/hôpital-moins-lits-plus-places-2024a1000jyi?ecd=wnl_all_241103_jim_jim-pro_etid6960161&uac=368069PV&impID=6960161&sso=true
Montpellier – Une jeune femme de 25 ans est décédée le 15 octobre dernier d’une méningite foudroyante. Selon ses proches, la victime avait appelé à deux reprises le SAMU, qui n’avait pas pris conscience de la gravité de la situation.
« Il ne faut absolument plus que ce genre de situation se reproduise ». Le 15 octobre dernier, une jeune montpelliéraine de 25 ans est décédée d’une méningite foudroyante. Sa meilleure amie, qui était présente avec elle au moment du drame, estime que le manque de réactivité et le mépris des opérateurs du SAMU qu’elle a contacté ce jour funeste sont responsable de ce drame. Elle veut désormais mettre le SAMU de Montpellier devant ses responsabilités.
Selon la version de ce témoin, la patiente de 25 ans a contacté les services de secours au moins à deux reprises ce jour-là, une fois le centre 15 et une fois les pompiers (qui l’ont renvoyé vers le 15). Au téléphone, la patiente a évoqué une fatigue et une fièvre intense, des vomissements, une difficulté des mouvements des 4 membres, du sang dans les selles et plusieurs pertes de connaissance. Malgré ces signes inquiétants, l’agent régulateur du SAMU a refusé d’envoyer une ambulance et a demandé à la patiente de se rendre chez un généraliste.
L’amie de la victime dénonce le « mépris » des agents du SAMU
Toujours selon le témoignage de l’amie de la victime, les agents du SAMU et les pompiers se seraient montré « méprisants » et auraient minimisé les symptômes de la jeune femme. « Mon amie a évoqué des douleurs insupportables, on lui a rétorqué d’une voix autoritaire : « calmez-vous madame, buvez de l’eau avec du sucre et ça ira » (…) elle lui dit : j’ai mal à la main, je ne la sens plus, l’agent lui répond : « vous ne pouvez pas avoir mal à la main et ne plus la sentir » raconte-t-elle. Les pompiers lui auraient quant à eux conseillé de prendre une douche chaude.
Ce n’est que deux heures après le premier appel infructueux au SAMU et alors que l’état de la jeune femme empirait que son amie l’a amené elle-même aux urgences de la polyclinique Saint-Roch. Elle a alors été transférée de toute urgence au CHU de Montpellier où elle est rapidement décédée. L’autopsie a permis d’établir que la jeune femme avait été emportée par une méningite.
Les circonstances du drame ont immédiatement amené le CHU de Montpellier à ouvrir une enquête interne, tandis que l’Agence régionale de Santé (ARS) d’Occitanie a diligenté une mission d’inspection. « Les détails du drame sont encore troubles » reconnait la direction du CHU, qui a fait part de « son émotion suite au décès brutal d’une jeune patiente de 25 ans ». Elle s’engage à « apporter en toute transparence les précisions nécessaires à la compréhension des circonstances exactes du décès de cette jeune patiente ».
« La régulation médicale est un acte très difficile » rappelle le Pr Soulat
Le centre 15 de Montpellier a indiqué pour sa part que « plusieurs mesures ont déjà été prises au sein de l’établissement » pour éviter que ce genre de drame se reproduise. L’agent du SAMU ayant répondu à l’appel de la victime a été suspendu à titre conservatoire. Sans prendre parti sur une affaire dont il ne connait pas tous les tenants, le Pr Louis Soulat, vice-président de SAMU Urgences de France, a tenu à rappeler au micro de BFM que « la régulation médicale est un acte très difficile, qui se fait au téléphone : dans le cas présent, ce sont des symptômes relativement fréquents pendant cette période de l’année ».
Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte par le parquet de Montpellier en recherche des causes de la mort et les parents de la victime ont porté plainte pour non-assistance en danger. La justice peut cependant se montrer particulièrement lente dans ce genre de dossier. En mai dernier, un médecin régulateur du SAMU a été condamné à un an de prison avec sursis pour ne pas avoir correctement traité un appel, ce qui aurait conduit à la mort d’une petite fille de sept ans. Les faits remontaient à…2017.