Les Etats se sont engagés à réduire substantiellement ces aides, d’ici à 2030, mais le sujet est peu pris en compte dans les discussions de la COP16, qui se poursuit en Colombie.

Les négociations sur la façon de mettre en œuvre l’ambitieux accord de Kunming-Montréal sur la protection de la nature achoppaient encore, jeudi 31 octobre, à moins de quarante-huit heures de la conclusion de la 16e conférence mondiale sur la biodiversité (COP16). Avant de quitter la Colombie, mercredi, la ministre française de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a fait part de sa « préoccupation », évoquant des « signaux pas si encourageants ».
Sans surprise, le bras de fer entre le Nord et le Sud porte essentiellement sur les financements. Avec un sujet de crispations en particulier : des pays en développement, dont le Brésil et des Etats africains, réclament la création d’un nouveau fonds consacré à la biodiversité, alors que l’Union européenne et la majorité des pays donateurs s’y opposent fermement. Les diplomates tentent de dégager une solution de compromis pour faire en sorte qu’aucun camp ne perde la face.
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Si la question de l’accès des pays les plus vulnérables aux ressources dont ils ont besoin est cruciale, elle tend à occulter un autre enjeu financier, celui des subventions néfastes à l’environnement. « Il y a beaucoup de discussions sur les 20 milliards de dollars que les pays développés doivent apporter aux pays en développement [d’ici à 2025], mais c’est une goutte d’eau dans l’océan par rapport à ce que les gouvernements investissent dans ces subventions, remarque Farooq Ullah, du groupe de réflexion International Institute for Sustainable Development (IISD). Chercher à être plus ambitieux en matière de financements favorables à la nature sans mettre fin aux flux financiers néfastes, qui sont bien plus importants, n’a pas de sens. »