Les débats autour du Doliprane continuent : faut-il maintenir la fabrication de génériques en France ?

« La création d’une capacité pharmaceutique publique permettrait de garantir une production stable de médicaments essentiels »

Tribune

Publié le 23 octobre 2024 à 06h27, modifié le 23 octobre 2024 à 15h58  https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/23/doliprane-la-creation-d-une-capacite-pharmaceutique-publique-permettrait-de-garantir-une-production-stable-de-medicaments-essentiels_6358439_3232.html

Temps de Lecture 2 min.

La vente de la division de santé grand public de Sanofi n’est qu’une manifestation parmi d’autres du désengagement progressif des acteurs pharmaceutiques du marché des médicaments dits « matures » – c’est-à-dire les médicaments mis au point il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies, depuis longtemps « génériqués », et vendus à bas prix.

Le phénomène est bien connu des économistes : ces médicaments n’étant plus protégés par un brevet, c’est-à-dire par un droit de propriété, les prix chutent et le marché ne parvient plus à les produire en quantités suffisantes. Inéluctablement, des ruptures d’approvisionnement mettent en danger de nombreux patients qui ne parviennent pas à obtenir le traitement prescrit par leur médecin.

Lire aussi |  Dans un contexte de pénurie de médicaments en France, une dizaine de laboratoires condamnés à verser 8 millions d’euros pour ne pas avoir constitué de stocks

L’Etat, en matière de produits de santé, n’intervient pas directement sur le marché par la production ou la distribution. Il exerce une mission de régulation, en essayant de concilier des objectifs a priori contradictoires : l’accès aux médicaments pour le plus grand nombre, la maîtrise des dépenses de santé et l’attractivité industrielle. Cependant, cette régulation ne suffit plus.

Offre durablement trop basse

Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.S’abonner

La pression budgétaire conduit l’Etat à tirer les prix des médicaments vers le bas – le secteur pharmaceutique apparaissant par ailleurs comme une source d’économies politiquement acceptable. Pour 2025, le gouvernement envisage ainsi plus de 1 milliard d’euros de baisse de prix sur les produits de santé. Or, dans un contexte de concurrence internationale, les laboratoires priorisent les pays proposant les prix de médicaments les plus élevés – ce n’est pas le cas de la France. En parallèle, les laboratoires s’orientent vers la commercialisation de médicaments innovants, lesquels sont protégés par un brevet et prétendent à des prix très élevés. Ils jouent ainsi leur rôle social en repoussant les frontières de la connaissance en santé pour améliorer nos conditions de vie.

Lire aussi |  Doliprane : « La fabrication et la distribution de médicaments anciens, tel le Doliprane, est-elle si stratégique ? »

Faut-il, dès lors, envisager l’hypothèse d’une hausse des prix en faveur des médicaments matures pour inciter les industriels à garantir leur disponibilité en France ? Il peut s’agir d’une solution pertinente, bien qu’elle pose deux questions essentielles. Tout d’abord, jusqu’à quel niveau faut-il faire monter les prix pour être certain que la France redevienne suffisamment attractive pour les laboratoires pharmaceutiques ? Ensuite, cette politique est-elle éthique vis-à-vis des pays ne disposant pas des mêmes capacités budgétaires ? Tout le paradoxe est là : face à une offre durablement trop basse, alors qu’il existe des dizaines de substituts génériquables, la remontée des prix peut être sans limite et se ferait au détriment d’investissements publics essentiels.

Réduire notre dépendance

La solution la plus efficiente pour compenser l’abandon durable des médicaments matures par les industriels est la constitution d’une capacité stratégique de production publique de médicaments. Celle-ci est déjà permise par la loi. Le code de la santé publique permet aux pharmacies hospitalières d’élaborer des médicaments lorsqu’il n’existe pas de spécialité pharmaceutique disponible. Il ne s’agit probablement que d’une question de temps avant que l’Etat ne se saisisse plus directement du sujet, intervenant ainsi au-delà de son rôle de régulateur.

Lire aussi |  Le risque de pénurie de médicaments a encore fortement augmenté en 2023

Plusieurs exemples étrangers existent déjà : au Brésil, la production publique de médicaments permet depuis plusieurs décennies d’approvisionner le système de santé dans des aires thérapeutiques négligées par les acteurs privés. Surtout, aux Etats-Unis, l’Etat de Californie a lancé une initiative visant à financer une production à but non lucratif d’insuline, afin de faire face aux difficultés d’approvisionnement.

La création d’une capacité pharmaceutique publique présente plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permettrait de garantir une production stable et continue de médicaments essentiels, indépendamment des fluctuations du marché et des décisions des acteurs privés. Ensuite, elle renforcerait l’autonomie stratégique de la France, en réduisant notre dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales et en créant des emplois. Ce dispositif pourrait, au demeurant, être instauré dans le cadre d’un grand partenariat européen, mobilisant des investissements publics et privés. Enfin, il s’agirait d’une industrie publique certainement bénéficiaire ; les marges dégagées sur la vente des médicaments chimiques ne sont sans doute plus celles d’autrefois, mais elles existent.

Vincent Héraud est juriste, chargé de cours à l’université Paris Cité ; Adrien Lehman est économiste, enseignant à Sciences Po.

Doliprane : « La fabrication et la distribution de médicaments anciens, tel le Doliprane, est-elle si stratégique ? »

Tribune

Si le marché des médicaments génériques doit effectivement être mieux régulé pour éviter les pénuries, le choix de Sanofi de réorienter son activité vers l’innovation en investissant dans la recherche et le développement est une bonne nouvelle, estime l’économiste Pierre-Yves Geoffard dans une tribune au « Monde ».

Publié le 23 octobre 2024 à 11h00  https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/23/doliprane-la-fabrication-et-la-distribution-de-medicaments-anciens-tel-le-doliprane-est-elle-si-strategique_6358672_3232.html

Temps de Lecture 4 min.

L’annonce par Sanofi de sa décision de vendre des parts de sa filiale Opella, qui assure la production de médicaments anciens, génériqués et peu rentables – dont le Doliprane –, à un fonds d’investissement américain enflamme la classe politique française. De Jordan Bardella (Rassemblement national) à Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), en passant par Marine Tondelier (Les Ecologistes) ou Boris Vallaud (Parti socialiste), tous s’indignent de la vente de cet « actif stratégique » à un fonds étranger. Certes, la défense de l’emploi soulève de légitimes inquiétudes chez les salariés concernés ; mais doit-on vraiment qualifier de « stratégique » la fabrication et la distribution de boîtes de comprimés dont le principe actif est tombé depuis des décennies dans le domaine public, et à très faibles marges ?

Lire aussi |   Vente du Doliprane : « Sanofi et l’Etat ont tous deux fait des compromis »

Car voilà un médicament, fort utile et très apprécié par des millions d’usagers à travers le monde, connu sous plusieurs noms, ici Efferalgan ou Dafalgan, là Tylenol ou Panadol, ou encore… Doliprane. S’il porte autant de noms différents, ce médicament, c’est qu’il est, depuis longtemps, un bien public. Son principe actif est le paracétamol, une molécule dont les effets, contre la douleur notamment, ont été identifiés dès 1880. L’innovation pharmaceutique des dernières années du XIXe siècle était ébouriffante : synthèse de l’aspirine, de l’héroïne et, plus tard, des premières amphétamines. Plus d’un siècle a passé, et, à l’instar de toutes ces inventions, le paracétamol n’est plus protégé par aucun brevet : n’importe quel laboratoire pharmaceutique peut l’utiliser, en faire un médicament, et le commercialiser sous sa propre marque.

Une telle liberté de copier nourrit une vive concurrence sur le marché des génériques, dont les vertus sont connues : pour vendre au prix le plus bas, chaque fabricant doit être le plus efficace possible pour produire au moindre coût, et le moins gourmand possible en réduisant ses marges. Mais l’« optimisation » de chaque étape de la chaîne de production n’est pas sans écueil. En amont, la production des principes actifs repose sur une industrie chimique lourde, souvent polluante. Cette production est presque exclusivement localisée en Chine ou en Inde, où son coût est plus faible, car le travail y est moins rémunéré qu’en France ou en Europe, et les normes environnementales y sont moins strictes. Une telle localisation n’est pas sans risque : qu’une usine de paracétamol à Wuxi, dans la lointaine province de Jiangsu, connaisse des difficultés et, de Brest à Palerme, d’innombrables patients peinent à obtenir le médicament dont ils ont besoin.

Prix âprement négociés

En aval de la chaîne, les laboratoires pharmaceutiques fabriquent à partir du principe actif des comprimés et des boîtes pour les contenir, et distribuent ces boîtes, à l’hôpital ou en ville. Les prix de vente sont âprement négociés par chaque organisme d’assurance-santé, qui en rembourse une grande partie. Ainsi, avant la crise liée au Covid-19, le Doliprane pesait en France plus de 200 millions d’euros dans le budget de la Sécurité sociale. On comprend qu’un acheteur responsable cherche à obtenir le prix le plus faible. Mais des écarts subsistent, même entre pays européens, et il peut être plus rentable pour un fabricant de servir en priorité les pays aux prix les moins bas.

Lire aussi |  s  Doliprane : « La création d’une capacité pharmaceutique publique permettrait de garantir une production stable de médicaments essentiels »

Ces deux risques, de blocage en amont et de variabilité de l’offre en aval, sont la cause des ruptures d’approvisionnement ; celles-ci concernent depuis quelques années de nombreux médicaments qui, bien que génériques, n’en sont pas moins indispensables pour de nombreux patients. Là se situe un véritable enjeu stratégique : il faut mieux réguler le marché des médicaments génériques dont les dysfonctionnements sont avérés. Permettre aux fabricants de ne pas dépendre d’un seul producteur de principe actif situé dans un pays lointain passe par l’encouragement de ces productions à s’effectuer en Europe, sinon en France. Certes, cela coûte et coûtera plus cher qu’en Asie, mais la sécurité de l’approvisionnement est à ce prix. Notons que deux usines de paracétamol doivent prochainement ouvrir ou… rouvrir, en France.

Lire aussi | s  Le paracétamol made in France, enjeu de souveraineté

Par ailleurs, alors que le marché du médicament est européen, et que les procédures d’autorisation d’un nouveau médicament sont désormais gérées par l’Agence européenne des médicaments, les conditions tarifaires de sa mise sur le marché, comme son remboursement par l’Assurance-maladie, restent du ressort de chaque pays, souvent à travers des procédures opaques. Plaider pour une meilleure coordination entre pays européens et pour une transparence accrue sur les prix du médicament relève aussi d’une approche véritablement stratégique.

Puissant moteur de croissance

Mais pour la classe politique française, le vrai enjeu est de défendre la production, en France, de médicaments anciens. D’autres pays semblent avoir une vision différente de ce qui est, ou non, stratégique. Ainsi le Danemark, dont l’entreprise pharmaceutique Novo Nordisk connaît depuis quelques années un succès fulgurant. Producteur historique d’antidiabétiques, ce laboratoire a découvert deux médicaments qui ont aussi démontré leur efficacité dans la lutte contre l’obésité et le surpoids.

Tout comme celles d’un traitement de même type développé par l’américain Lilly, les ventes explosent littéralement à travers le monde, et la capitalisation boursière de Novo Nordisk est devenue la plus élevée d’Europe, détrônant LVMH. Mieux encore, ces ventes représentaient en 2023 plus d’un point du PIB du Danemark, faisant de cette entreprise un puissant moteur de croissance. Laquelle ne bénéficie pas qu’au Danemark : le laboratoire investit 2,1 milliards d’euros en France, afin de doubler la taille de son site de production près de Chartres, y créant ainsi 500 emplois.

Lire le décryptage |    Médicaments antiobésité : derrière Novo Nordisk et Lilly, la compétition s’accélère

La France abrite de grandes entreprises pharmaceutiques comme Sanofi, dont l’incapacité à découvrir un vaccin contre le Covid ne doit pas faire oublier qu’elle fut naguère à la pointe de l’innovation. Que cette entreprise décide de réorienter son activité vers la découverte des médicaments de demain, en investissant dans la recherche et le développement, devrait plutôt inciter à l’optimisme qu’aux cris d’orfraie : là où de nouveaux traitements seront découverts sera la valeur, là seront les emplois de demain.

Pierre-Yves Geoffard est professeur à l’Ecole d’économie de Paris, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS.

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.

Le paracétamol : « Un mauvais exemple de souveraineté sanitaire et industrielle »

Tribune

Etienne Caniard, ancien membre du collège de la Haute Autorité de santé, regrette, dans une tribune au « Monde », de voir la classe politique se servir du paracétamol pour en faire le symbole d’une dépendance industrielle. La priorité devrait être accordée au rapatriement de la production de principes actifs en Europe.

Publié le 23 octobre 2024 à 13h00  Temps de Lecture 2 min. https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/23/le-paracetamol-un-mauvais-exemple-de-souverainete-sanitaire-et-industrielle_6358697_3232.html

Pas un politique ne manque à l’appel pour dénoncer le projet de cession partielle par Sanofi de sa filiale qui « produit » le Doliprane. Est-ce pourtant le bon exemple pour illustrer une politique de réindustrialisation et de sécurité sanitaire ? A l’évidence non, et ce, pour plusieurs raisons. Le risque de pénurie existe pour certains médicaments, notamment les anti-infectieux et les médicaments du système nerveux, mais pas pour le paracétamol.

Ainsi, la construction de deux nouvelles usines, l’une par Seqens, qui produira 15 000 tonnes de paracétamol qui seront disponibles sur le marché, dès 2026, et l’autre par Ipsophène, à Toulouse, qui produira 4 000 tonnes par an, soit, au total, deux fois et demie la consommation européenne. Si inquiétude il doit y avoir, elle est plutôt du côté des capacités du marché européen et mondial à absorber une telle production dans l’avenir.

Les difficultés d’approvisionnement peuvent exister, mais elles sont liées à notre dépendance vis-à-vis du principe actif nécessaire à la fabrication du paracétamol. Ce principe actif était produit en France jusqu’en 2008, date à laquelle Rhodia s’est délocalisé en Chine. Les rachats successifs ont paradoxalement conduit une entreprise française, précisément Seqens, à devenir un des premiers producteurs de paraminophénol (PAP), sur le territoire chinois, le principe actif indispensable à la fabrication du paracétamol, mais dont la mise à disposition de la production peut être affectée par des restrictions chinoises aux exportations.

Absence de politique européenne du médicament

Ne s’intéresser qu’à la dernière étape de la chaîne de fabrication revient à s’assurer de notre approvisionnement en chips en construisant des usines pour les fabriquer sans produire de pommes de terre. Les vraies questions ne sont pas posées. La première est celle de la consommation de paracétamol par les Français. Nous en sommes les premiers consommateurs en Europe avec une transformation de notre utilisation vers les dosages les plus forts sans aucune justification (+ 140 % sur la même période de dix ans pour le dosage à 1 000 milligrammes).

Lire aussi |  Doliprane : « La création d’une capacité pharmaceutique publique permettrait de garantir une production stable de médicaments essentiels »

Contrairement à ce qui est couramment affirmé, nous n’avons jamais connu de pénurie réelle, les difficultés d’approvisionnement au début de l’épidémie due au Covid-19 étaient liées au stockage de précaution de nos compatriotes. Ces difficultés ont d’ailleurs été résolues en quelques semaines avec deux mesures simples, l’interdiction de vente en ligne et la limitation du nombre de boîtes délivrées en officine.

La seconde est celle de l’absence de politique européenne du médicament. Les solutions pour assurer notre indépendance sanitaire sont pourtant connues. Il faut rapatrier la production des principes actifs des médicaments stratégiques sur le plan industriel et sanitaire (MSIS) en Europe avec une véritable coopération entre Etats afin de limiter la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement.

L’indépendance ne se décrète pas

Nous devons également construire un système d’information européen comme cela a été fait pour l’approvisionnement en médicaments pour le Covid-19 afin d’optimiser l’utilisation des stocks disponibles.

Lire aussi  Vente de Sanofi : « Les inquiétudes sont légitimes mais justifiaient-elles de menacer d’aller jusqu’au blocage de l’opération ? »

Le paracétamol est un mauvais exemple de souveraineté sanitaire et industrielle. Utiliser la popularité d’un médicament pour entretenir des peurs irrationnelles, en faire le symbole d’une indépendance sanitaire et industrielle ne peut que contribuer à entretenir les logiques de repli sur soi au détriment d’une véritable politique du médicament européenne.

L’indépendance ne se décrète pas, elle suppose de ne pas ignorer la complexité des circuits de production, les Français méritent mieux que des discours plus démagogiques que réalistes.

*« Ils ont cassé les labos » : chez Sanofi, l’écœurement des chercheurs

Le groupe pharmaceutique devrait encore supprimer 400 postes de chercheurs en France. Une stratégie globale que l’épidémie de Covid-19 et le débat sur les vaccins ne semblent pas remettre en cause. 

Par Chloé AeberhardtPublié le 19 janvier 2021 à 10h12, modifié le 19 janvier 2021 à 19h23

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/19/ils-ont-casse-les-labos-chez-sanofi-l-ec-urement-des-chercheurs_6066765_3234.html

Un technicien de laboratoire spécialisé dans la composition des vaccins, au centre de distribution monde Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), le 20 juillet 2020.
Un technicien de laboratoire spécialisé dans la composition des vaccins, au centre de distribution monde Sanofi de Val-de-Reuil (Eure), le 20 juillet 2020.  JOEL SAGET / AFP

Cela fait plusieurs semaines que la CGT Sanofi y pense. Depuis le 8 décembre 2020 exactement, quand, au cours d’une conférence téléphonique avec plusieurs syndicats, Paul Hudson, le directeur général du groupe pharmaceutique français, a communiqué le nombre de postes de chercheur qui seraient supprimés en France dans les trois prochaines années : environ 400. Le syndicat a laissé passer les fêtes de Noël, attendu les dernières annonces gouvernementales excluant pour l’heure un reconfinement, avant de passer à l’offensive, lundi 18 janvier, en lançant un appel à la grève nationale pour le lendemain. « Parce qu’on en a ras-le bol », soupire le représentant syndical CGT Thierry Bodin.

La suppression de ces postes de recherche et développement (R&D) n’est pas une surprise. Le 26 juin 2020, lors d’un comité d’entreprise européen, la direction de Sanofi avait annoncé un plan de restructuration concernant 1 700 emplois en Europe, dont un millier en France, dans les fonctions support, commerciales et sur des plates-formes liées à la recherche. « A l’époque, on ne connaissait pas l’ampleur du désengagement prévu en R&D, explique le syndicaliste. Or ces 400 emplois s’ajoutent aux 300 supprimés en juin 2019, aux 100 cédés lors du transfert de l’activité de recherche anti-infectieuse de Sanofi au groupe allemand Evotec en 2018, et j’en passe… » 

Lire aussi s  « Ils ne s’arrêtent jamais » : les syndicats de Sanofi s’indignent d’un énième plan social

La CGT estime qu’en 2008 la R&D Pharma (hors division vaccin) comptait 6 350 salariés répartis sur onze sites. Ils seraient moins de 3 500 aujourd’hui, concentrés sur quatre sites, bientôt trois. Le plan prévoit en effet que l’activité de Strasbourg, centrée sur l’immuno-oncologie, soit transférée sur la plate-forme de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « L’ensemble des postes de Strasbourg y seront accueillis », promet-on chez Sanofi, qui rappelle qu’aucun départ ne sera contraint. Les chercheurs concernés risquent donc de ne pas avoir d’autre choix que de déménager en région parisienne.Le dossier strasbourgeois, comme celui des suppressions de postes, devrait figurer à l’ordre du jour du prochain comité social et économique (CSE) central, prévu pour la fin janvier. D’ici là, le groupe ne communiquera pas davantage sur le plan, réservant la primeur des informations aux représentants du personnel.

« Centres d’excellence »

Rien ne semble ébranler la détermination de Sanofi, qui déroule sa feuille de route comme si le monde entier n’avait pas les yeux rivés sur l’avancée de la recherche scientifique, comme si sa propre R&D n’était pas montrée du doigt depuis l’annonce, vendredi 11 décembre 2020, du retard de son vaccin anti Covid-19 développé avec GSK. « Le timing de ces annonces est choquant, estime l’économiste de la santé Nathalie Coutinet, maîtresse de conférence à l’université Sorbonne Paris-Nord. Sanofi est l’une des rares entreprises françaises à avoir gagné de l’argent avec le Covid-19 [le chiffre d’affaires a progressé de 5,7 % au troisième trimestre 2020, à 9,4 milliards d’euros, et le bénéfice net de 9,4 %, à 2,3 milliards]. Le pays est en plein marasme et, au lieu de faire preuve d’un peu de patriotisme, ils suppriment des postes. »

En fait, cette réduction d’effectifs s’inscrit dans la vision à long terme, baptisée « play to win » (« jouer pour gagner »), présentée par Paul Hudson en décembre 2019. « Nous nous focalisons sur les aires thérapeutiques dans lesquelles nous pouvons faire la différence », explique-t-on chez Sanofi. L’oncologie, l’immunologie, l’hématologie, les maladies rares, les vaccins… autant de spécialités qui devront être rassemblées dans des « centres d’excellence ». En investissant 2 milliards d’euros par an dans la R&D en France sur les trois prochaines années, le groupe espère notamment « faire de la région parisienne un “hub immuno-oncologie” et de Lyon un “hub vaccin” ». 

Lire aussi  « Les résultats pas à la hauteur des espérances » : le vaccin anti-Covid de Sanofi et GSK prend du retard

Un objectif qui passe par le désengagement de domaines thérapeutiques dans lesquels le groupe ne s’estime plus assez compétitif, comme le diabète et les maladies cardio-vasculaires. « Nous allons développer nos effectifs dans les domaines où la science nous guide », assure le groupe. « C’est surtout la rentabilité qui les guide, s’étrangle Sandrine Caristan, représentante SUD-Chimie sur le site de Montpellier. Aux traitements contre les maladies cardio-vasculaires, pourtant rentables, Sanofi préfère les immunothérapies à la carte pour les patients et les systèmes de santé qui auront les moyens de se les payer. » 

Elle rappelle qu’il y a une dizaine d’années le site de Montpellier multipliait les secteurs de recherche – oncologie, diabète, chimie exploratoire… Et puis, au fil des restructurations, les effectifs sont passés de 1 500 en 2010 à 850 aujourd’hui. « On a vu notre site se ratatiner. Ils ont cassé les labos, confié toute la recherche à des sous-traitants. On ne fait plus que du suivi de projet. Je suis chimiste, je ne fais plus de science. On m’a enlevé mon métier. » A la CGT, Thierry Bodin constate le même écœurement chez ses collègues chercheurs : « Le 11 janvier, le groupe annonçait l’acquisition pour 1,1 milliard de dollars [907 millions d’euros] de Kymab, une biotech spécialisée dans les anticorps monoclonaux,raconte-t-il. Un collègue de Vitry, qui mène des recherches dans le même domaine, m’a dit que, de son côté, il n’arrivait pas à obtenir d’embauches… On a le sentiment que le groupe déshabille notre R&D pour habiller les nouvelles acquisitions. »

Année décisive

Et celles-ci sont nombreuses. Comme toutes les Big Pharma, Sanofi mise sur des rapprochements avec des biotechs pour mettre la main sur des technologies complexes et onéreuses qu’elle ne maîtrise pas encore. Pour développer son second vaccin contre le Covid-19, qui repose sur l’ARN messager, le groupe s’est ainsi associé à Translate Bio – comme Pfizer à BioNTech. « Dans une course à l’innovation où la compétition est rude, il est moins risqué et plus rapide d’acquérir une molécule prometteuse en s’associant à une biotech que d’essayer d’allouer des ressources en interne sur une aire thérapeutique où le groupe n’a pas forcément les compétences nécessaires », résume Martial Descoutures, analyste financier chez Oddo-BHF.

D’après lui, l’année 2021 sera décisive pour le groupe : « On va commencer à voir si la stratégie de Paul Hudson porte ses fruits en termes de résultats cliniques. » Car, ces dernières années, c’est là que la firme a montré ses limites. « Les investisseurs seront très attentifs à la capacité de Sanofi de renouveler son portefeuille de médicaments, de façon à s’aligner sur ses concurrents. » Le groupe est d’autant plus sous pression boursière que son image a été écornée avec l’annonce du retard de son vaccin anti-Covid-19, que les syndicats attribuent volontiers à une « perte d’expertise » liée au recentrage de la R&D.

Lire aussi  Covid-19 : « C’est par des biotechs que l’industrie pharmaceutique a produit un miracle : la mise au point en un an de plusieurs vaccins efficaces »

« Etablir un lien est tentant, mais nous manquons de données pour le faire, nuance Mme Coutinet. Une chose est sûre : ces réductions d’effectifs posent la question de la souveraineté sanitaire française. En soi, ce nest pas le problème d’une firme privée surfinanciarisée, dont la préoccupation numéro un reste de distribuer des dividendes à ses actionnaires, mais bien celui du gouvernement. » D’autant que le groupe bénéficie d’un cadre fiscal avantageux pour sa R&D. Selon un amendement au projet de loi de finances déposé par La France insoumise (LFI) le 9 novembre 2018, Sanofi percevrait entre 110 millions et 150 millions d’euros par an au titre du crédit impôt recherche.

A Bercyon dit « veiller » à ce que le plan présenté aux syndicats respecte les engagements pris en juin dernier – des départs volontaires uniquement, aucune fermeture de site, et un investissement de 610 millions d’euros dans le futur pôle d’excellence pour les vaccins : « Il en va de la souveraineté industrielle de la France. » Et de la bonne marche de la stratégie de Sanofi.

Une grève « réussie » selon la CGT, « moins de 5 % de grévistes » d’après la direction

La grève du mardi 19 janvier chez Sanofi est une « totale réussite », a jugé la CGT, l’un des syndicats organisateurs, qui avait appelé à des débrayages de « deux à huit heures » dans une vingtaine de sites. « On dépasse toutes les mobilisations qu’on a pu connaître. On a battu nos records », s’est félicité Jean-Louis Peyren, coordinateur de la CGT. De son côté, la direction a comptabilisé « moins de 5 % de grévistes », selon un porte-parole.

La CGT va « faire le point jeudi » sur cette mobilisation et examinera la possibilité d’une nouvelle grève. « Au vu du succès d’aujourd’hui [mardi], la CGT se sent prête à envisager une autre grève qui serait reconductible », a ajouté M. Peyren. La CFDT, qui avait aussi lancé des appels à la grève, n’avait « pas de retour » mardi de tous les sites concernant l’ampleur de la participation. Mais le syndicat a noté « une mobilisation assez importante sur différents sites », a fait savoir Florence Faure, coordinatrice CFDT.

Chloé Aeberhardt

Doliprane : un faux scandale peut en cacher un vrai

Aurélie Haroche| 18 Octobre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/doliprane-faux-scandale-peut-cacher-vrai-2024a1000j31?ecd=wnl_all_241027_jim_top-jim_

Paris – Finalement, il y avait un oubli de taille lors de la grandiose cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques le 26 juillet dernier à Paris. Aucune mention en effet n’a été faite d’un symbole indépassable en France : le Doliprane. Le déchainement des réactions politiques de tous bords depuis l’annonce de l’ouverture de négociations exclusives entre Sanofi et le fonds d’investissement américain CD&R concernant la cession de sa filiale dédiée aux médicaments OTC, Opella, révèle en effet un attachement pour ce médicament dont l’ampleur est presque inattendue. Souveraineté, fleuron de l’industrie, sécurité sanitaire : Doliprane présenterait des indications insoupçonnées qui vont bien au-delà de la fièvre et des courbatures. A moins que le coup de chaud ne masque un trompe-l’œil. Doliprane pourrait faire partie de ces étoiles que l’on croit voir briller mais qui sont pourtant mortes depuis des millénaires. Protégé par l’absence de substitution (qui ne s’explique pourtant pas par une marge thérapeutique étroite), Doliprane est, comme ne l’ignore pas la grande majorité des professionnels de santé, une marque parmi d’autres sous laquelle est vendu le paracétamol. Un fait lapidairement résumé par le Dr Mathias Wargon sur X : « Doliprane « le médicament préféré des Français » mais quelle bullshit. Comme si on ne pouvait pas produire du paracétamol d’autre marque. Le plus connu c’est le Dafalgan mais il est génériqué par toutes les marques ». 

Une goutte d’eau 

Sanofi ne s’y est pas trompé. Même s’il ne peut pas (ou en tout cas plus) ignorer l’attachement des Français pour son médicament, il est loin de compter parmi ses priorités aujourd’hui. L’économiste spécialisé dans la santé à la Wharton School, Sylvain Catherine décrypte ainsi sur X : « Dans le rapport financier de Sanofi, le mot « Doliprane » est mentionné une seule fois sur 292 pages. Dans la décomposition des ventes, il n’apparaît même pas mais on peut établir que les ventes européennes d’antalgiques représentent globalement 1% des revenus du groupe. C’est 20 fois moins que leur premier produit, DUPIXENT, un anticorps monoclonal approuvé en 2017. DUPIXENT est mentionné 112 fois dans le rapport. Ce produit subira la concurrence de génériques à partir de 2031. Donc pour une entreprise comme Sanofi, la question est de savoir quel nouveau médicament en phase clinique remplacera les profits de leur produit star dans 7 ans. DUPIXENT est vendu aux US $4,000 pour 2.28ml, soit le coût de production d’une tonne de paracétamol ». Il ajoute encore pour tenter de démontrer l’absurdité de la proposition faite par la France Insoumise d’une nationalisation de Sanofi : « La nationalisation de Sanofi, c’est 136 milliards d’euros. Le paracétamol, c’est 4 euros au kg. Donc nationaliser Sanofi, c’est le prix de 34 milliards de kg de paracétamol ». 

Quand grâce à Sanofi, la production d’un médicament est délocalisée en France… depuis les Etats-Unis

Ainsi, les craintes exprimées d’une nouvelle érosion de la puissance industrielle française ne seraient nullement justifiées. La stratégie ici mise en œuvre par Sanofi démontrerait au contraire un certain dynamisme (et de fait tous les autres grands laboratoires ont choisi ces dernières années de vendre leur filiale grand public). Ainsi, l’ancien ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, dans une intervention remarquée sur BFM observe : « Pour Sanofi c’est un énorme avantage, les 15,5 milliards qui vont être apportés. Qu’est-ce qui fait la souveraineté d’une entreprise pharmaceutique ? C’est l’innovation. C’est pas de commercialiser une molécule tombée dans le domaine public depuis des années ». Or, Sanofi multiplie les initiatives dans ce domaine, comme par exemple son investissement cette semaine dans Orano Med (300 millions d’euros) spécialisée dans le développement d’une nouvelle génération de radiothérapies ciblées contre le cancer, les radioligands. Au-delà, même si la France connaît un défaut d’attractivité certain, lié notamment à la faiblesse des prix, à un accès précoce rapide encore trop restreint et à une instabilité réglementaire, elle demeure néanmoins une terre d’élection pour l’industrie pharmaceutique comme l’ont encore démontré de nombreux investissements cette année. Ainsi, pour ne citer que Sanofi, la firme a annoncé cet été vouloir consacrer 1,1 milliard d’euros à la production de médicaments en France. Une partie de cette somme servira notamment à créer une usine près de Lyon pour produire du Tzield, un traitement contre le diabète de type 1 récemment racheté par Sanofi et dont la production sera délocalisée des Etats-Unis vers la France… null

Vous avez dit souveraineté ? 

Pourtant, les yeux restent focalisés sur celui qu’on aurait voulu demeurer un irréductible gaulois. Aussi, certains persisteront dans leur critique de ce qu’ils considèrent être “l’affaire Doliprane” en affirmant qu’elle est une nouvelle marque de l’inconséquence ou au moins de l’hypocrisie d’Emmanuel Macron qui avait fait du Doliprane un symbole de la refonte de la souveraineté pharmaceutique en France. Du Doliprane vraiment ou plutôt du paracétamol avec qui il est trop souvent confondu et ce qui explique en grande partie le casse-tête actuel ? Car en matière de paracétamol, les promesses pourraient être en passe d’être tenues avec le développement par Sequens d’une usine de production de ce principe actif dans l’Isère. Cette dernière pourrait devenir le premier fournisseur d’Oppela… qui aujourd’hui utilise du paracétamol produit en Chine. En effet, l’usine de Lisieux (dont les salariés ont choisi de débuter une grève et dont on peut comprendre l’émoi, même s’il n’est peut-être pas justifié) n’est qu’une usine d’assemblage. Peut-être répondront ceux que cette association avec un Fonds américain continue de hérisser, avant d’ajouter que “toute cette affaire” pose tout de même la question de l’utilisation des aides publiques, puisque comme toute l’industrie française, Sanofi a bénéficié de généreux crédits d’impôts recherche. Sur ce point, s’il est certain que des dérives importantes existent concernant ce crédit (ne serait-ce que parce qu’il se transforme en “avance” quand l’entreprise n’est pas imposable…), les règles du jeu n’interdisaient nullement à Sanofi une alliance avec des capitaux étrangers. 

L’ignorance au pouvoir 

Alors le scandale est-il ailleurs ? Dans l’ignorance de nombreux responsables politiques dont la méconnaissance apparente des enjeux de l’industrie les pousse à crier à la défaite de la France et à la trahison du gouvernement ? Cette désinformation et cette absence de maîtrise de dossiers majeurs ont été fortement déplorées par plusieurs éditorialistes et médecins cette semaine sur le réseau X, tels le journaliste Jérôme Godefroy ou le Dr Jérôme Barrière. Ce dernier déplore ainsi : « La désinformation en politique est constante ! Cette histoire de Doliprane en est la parfaite illustration ». Roselyne Bachelot se fait leur porte-parole en déplorant : « Que des responsables politiques connaissent aussi peu l’industrie et le marché pharmaceutique, c’est quand même un peu grave ». Cependant, face à l’ignorance, la pédagogie devrait toujours être le premier choix. Or, par probable manque de courage politique, elle n’est aujourd’hui pas l’arme utilisée, préférée à une forme de fuite marquée par différents atermoiements du gouvernement qui ne permettront sans doute pas un éclairage attendu sur les réels enjeux de cette “affaire”. 

Voir aussi:

Sanofi arrête sa fabrication des médicaments essentiels au profit de niches thérapeutiques hors de prix et au mépris de la santé des Français https://environnementsantepolitique.fr/2023/10/30/47339/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/04/26/industrie-pharmaceutique-pour-les-relocalisations-il-faut-creer-un-etablissement-francais-du-medicamen/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/04/09/la-france-est-elle-encore-dans-la-course-dans-linnovation-therapeutique/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/09/18/big-pharma-abandonner-les-domaines-moins-lucratifs-et-pourtant-la-source-de-lexplosion-des-maladies-chroniques-au-profit-des-traitement-anti-cancer-tres-onereux/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/08/10/lutopie-de-macron-sur-la-delocalisation-de-fabrication-des-medicaments-se-resume-a-la-production-de-paracetamol-pour-un-pole-socialise-du-medicalment/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/07/03/faire-de-la-france-la-premiere-nation-innovante-en-sante-en-europe-a-lhorizon-2030-est-ce-un-objectif-realiste-ou-un-effet-dannonce/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/02/06/la-logique-actionnariale-la-emporte-sur-la-logique-de-sante-publique-et-la-recherche-pharmaceutique-a-migre-aux-etats-unis-nathale-coutinet-chercheuse/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/01/28/la-recherche-pharmaceutique-francaise-un-iceberg-en-perdition/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/01/18/sanofi-a-la-traine-alors-quil-a-recu-des-milliards-de-fonds-publics-etat-francais-credit-impot-recherche-et-europe-300-millions-de-vaccins-en-precommande-1-4-de-chercheurs-en-moins-depuis-201/

https://environnementsantepolitique.fr/2021/01/14/la-casse-de-sanofi-avec-la-complicite-de-macron-explique-labsence-de-vaccin-francais/

https://environnementsantepolitique.fr/2020/09/15/enquete-sur-une-industrie-hors-de-controle-dont-les-interets-ne-coincident-pas-toujours-avec-les-imperatifs-de-sante-publique/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire