Présidentielle américaine. Ces républicains qui ont lâché Trump et font campagne pour Kamala Harris (Courrier international)

Ces républicains qui ont lâché Trump et font campagne pour Kamala Harris

Au milieu d’un électorat américain ultra polarisé, il reste encore un certain nombre d’électeurs indécis, ou désabusés. Kamala Harris tente de les courtiser avec l’aide d’anciens responsables et électeurs républicains qui militent désormais contre la réélection de l’ex-président Donald Trump.

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Courrier international

Réservé aux abonnésLecture 2 min.Publié le 23 octobre 2024 à 18h01

La candidate démocrate à l’élection présidentielle, Kamala Harris, et l’ancienne représentante de l’État du Wyoming Liz Cheney, lors d’un meeting de campagne à Brookfield, dans le Wisconsin, le 21 octobre 2024.

La candidate démocrate à l’élection présidentielle, Kamala Harris, et l’ancienne représentante de l’État du Wyoming Liz Cheney, lors d’un meeting de campagne à Brookfield, dans le Wisconsin, le 21 octobre 2024. KAMIL KRZACZYNSKI / AFPPartager

Un bus bleu marine sillonne la route américaine qui relie Philadelphie, en Pennsylvanie, à Detroit, dans le Michigan. Des lettres peintes en rouge et blanc indiquent : “Électeurs républicains contre Trump” et ses passagers arborent des casquettes anti-Trump, et même des pins siglés “Kamala”.

Il s’agit là d’adhérents du GOP – pour Grand Old Party, le surnom du Parti républicain – opposés à une réélection de Trump et qui, pour la plupart, le soutenaient encore lors de la précédente élection en 2020, raconte le Pennlive, le site du journal local de Pennsylvanie The Patriot-News.

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Dave McHenry est l’un d’entre eux. Sergent d’état-major à la retraite, il a voté “rouge” – la couleur du GOP – pour la première fois en 1980, afin d’élire Ronald Reagan, et n’a jamais changé d’avis depuis, votant pour Trump en 2016 et en 2020. Jusqu’à l’assaut du Capitole en janvier 2021, qui fut pour lui le point de non-retour, le moment où il a compris qu’il s’était “fait avoir” en accordant sa confiance au milliardaire.

Comme lui, les passagers de ce bus disent ne pas se reconnaître dans la “version Maga” du Parti républicain (en référence au slogan trumpiste “Make America great again”, “Rendre sa grandeur à l’Amérique”).

Ceux qui hésitent encore

En parallèle de la tournée, le groupe a lancé une nouvelle campagne publicitaire de 4,2 millions de dollars (environ 3,8 millions d’euros) en Pennsylvanie. Il prévoit notamment de placer 55 nouveaux panneaux d’affichage représentant d’anciens électeurs de Trump qui ne le soutiennent plus (il y en aura plus d’une centaine au total).

Leur but ? Cibler “ceux qui hésitent encore” à deux semaines de l’élection.

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En réalité, les républicains anti-Trump sont de plus en plus nombreux à s’exprimer en cette fin de campagne, note USA Today. Plus de 200 anciens membres du personnel de quatre anciens candidats républicains à la présidence, dont l’ancien président George W. Bush, ont soutenu Kamala Harris dans une lettre, dénonçant notamment “la réaction de Trump face à la pandémie” et “ses condamnations judiciaires”.

S’ils assument leurs divergences idéologiques avec la candidate démocrate, ils affirment que l’autre option – une victoire de Trump – est “tout simplement intenable”.

“Tourner la page du chaos”

De son côté, Kamala Harris s’attache à courtiser les électeurs républicains considérés comme “modérés” ou les “indépendants de tendance conservatrice”, explique le quotidien, qui cite la campagne des “électeurs républicains pour Harris”.

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La candidate démocrate se rend désormais directement “sur le terrain de Trump”, abonde Politico, qui précise qu’elle est aidée en cela par Liz Cheney, ancienne numéro trois des républicains à la Chambre des représentants, qui fut évincée de son siège d’élue après avoir enquêté sur le rôle de Trump dans l’émeute du 6 janvier 2021 au Capitole.

Désormais très critique envers l’ex-président qu’elle qualifie de “menace”, la républicaine a apporté son soutien à Kamala Harris au mois de septembre – de même que son père, l’ancien vice-président Dick Cheney.

Avec Liz Cheney à ses côtés sur scène lors des meetings dans les États clés, Kamala Harris a gagné en crédibilité pour s’adresser à une nouvelle frange d’électeurs, à l’instar des “faucons”, qui ont une position interventionniste en matière de politique étrangère, des pro-life hostiles à l’avortement, ou encore des partisans des baisses d’impôts et de dépenses publiques, précise le site d’actualité politique.

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Kamala Harris appelle tous ceux qui veulent “tourner la page du chaos et de l’instabilité” à la suivre, rapporte de son côté Bloomberg. Et leur tend donc la main : elle a accordé une interview à Fox News, la chaîne conservatrice par excellence, et a promis, si elle est élue, de nommer un républicain dans son cabinet et de former un “conseil consultatif bipartisan” sur la politique à mener, détaille le quotidien des affaires économiques.

Si la grande majorité des électeurs républicains devrait soutenir Donald Trump, dans une course aussi serrée, même de petites défections peuvent faire la différence, conclut la presse américaine.

Chloé Boyer

Bonjour,

Je pense avoir démontré que certains journalistes ne comprennent pas la réalité politique des USA, ou plutôt ils prennent leurs désirs pour la réalité. 

Si le parti démocrate engrange des défections du GOP c’est pour deux raisons : 

1. Le parti démocrate est devenu le parti des riches (voir le décrochage d’une partie de l’électorat « noir » (c’est tellement difficile pour un Français de qualifier les électeurs par leur couleur de peau…. j’ai du mal). je cite à nouveau Thomas Frank. C’est donc une ligne antipopulaire qu’approuve ces dissidents briques. 

2. Des faucons ultras comme Cheney se reconnaissent désormais davantage dans la ligne dure de la politique étrangère défendue par le parti démocrate (Ukraine, Israël). Liz Cheney soutenir le parti démocrate, on aura quand même tout vu. Clara Pettaci n’était pas libre ? Cela conforte complètement les dernières analyses de Todd…. 

C’est donc un complet contresens. En tout cas, je ne suis pas certain que cette journaliste approuve la ligne harris si elle arrive à la maison blanche…. Pour peu, elle la penserait de gauche, ce qui serait un contresens au carré. Au sens français, Harris est une femme de droite, entre Dati et Pécresse. 

Je précise à nouveau que je ne défends pas ce sociopathe qu’est Trump. Je raisonne en terme de sociologie politique. 

J’ajoute que ces défections risquent de provoquer une surmobilisation du camp trumpiste et d’avoir l’effet contraire à celui recherché. 

J’ai vu ce we The Apprentice : bon film mais pas transcendant non plus. Il manque un tiers en forme de mise en abyme avec son émission de télé : l’apprenti de l’apprenti de l’apprenti…. Ce qui aurait eu pour mérite de montrer comment percole « the art of the deal ». L’image de Trump qui en ressort est celle d’un requin affectivement vide et dont le seul moteur est l’argent. Je le trouve même pas antipathique dans ce film : juste pathétique. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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