En France, des maladies à caractère professionnel très sous-estimées »

Date de publication : 24 octobre 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=2efeb4c5457e3c83b5dc24adb87d5836&id_newsletter=20927&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=20927&from=newsletter

Libération

Nathalie Raulin indique en effet dans Libération que « Santé publique France a dévoilé le résultat de travaux engagés dans le cadre du programme de surveillance des maladies à caractère professionnel. Objectif des chercheurs : évaluer, non pas les «abus», mais au contraire la sous-déclaration par les salariés des troubles musculosquelettiques générés par leur emploi ».

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-liees-au-travail/troubles-musculo-squelettiques/documents/enquetes-etudes/programme-de-surveillance-des-maladies-a-caractere-professionnel.-estimation-de-la-sous-declaration-des-troubles-musculo-squelettiques-tms-chez-l


La journaliste note que « l’exploitation des données de la Sécurité sociale sur les années 2016-2017 et 2018-2019 leur a permis d’évaluer l’ampleur du phénomène. […] Sur ces deux périodes, entre 50 et 75% de l’ensemble des TMS considérés (épaule, coude, rachis lombaire, syndrome du canal carpien) touchant les salariés n’ont pas fait l’objet de déclaration en maladie professionnelle ».
Nathalie Raulin souligne que « les conséquences sont doubles : pour les salariés, c’est renoncer à des droits à indemnisation spécifiques. Côté Sécurité sociale, c’est faire supporter à la branche maladie financée par les assurés sociaux le coût d’arrêts de travail qui auraient dû l’être par la branche «risques professionnels» financée par les entreprises… ».
La journaliste précise que « ce sont les troubles musculosquelettiques de l’épaule qui sont les moins déclarés par les travailleurs, et même de moins en moins : si elle est restée relativement stable entre 2009 et 2016-2017, la proportion de ces douleurs chroniques de l’épaule non déclarées en maladie professionnelle, alors qu’elles auraient dû l’être, a bondi en 2018-2019, pour atteindre 72% ».
« La responsabilité en revient aux femmes, qui réclament moins encore que les hommes que le lien soit établi entre leur pathologie et leur emploi »,
 relève Nathalie Raulin.
Elle ajoute que « l’étude identifie trois grandes raisons à cette non-déclaration en maladie professionnelle de troubles musculosquelettiques, qui à l’évidence en relèvent. Les deux premières sont médico-administratives : insuffisance du bilan diagnostic d’une part, méconnaissance de la démarche par le salarié d’autre part ».


La journaliste observe que « c’est la troisième raison qui interpelle vraiment : s’il n’y a pas de déclaration, c’est que le salarié le refuse. Pourquoi ? En 2016-2017, c’était surtout par peur de perdre son emploi. C’est moins vrai en 2018-2019, même si cette crainte reste prégnante. Mais les salariés invoquent désormais plus souvent la complexité de la démarche ou les indemnités peu attractives ».


Nathalie Raulin conclut que « pour les chercheurs, l’ampleur de la sous-déclaration réclame des actions volontaristes. Une «amélioration de la bonne information des travailleurs» et «de la formation des médecins dans le champ des accidents du travail et maladies professionnelles» serait bienvenue ».
Ils ajoutent qu’« une part importante des motifs de non-déclaration sont d’ordre socio-économiques. Ces facteurs ne sont pas anecdotiques et doivent être pris en compte par les politiques sociales ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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