Etudier moins pour exercer plus tôt : une formule qui marche !
Raphaël Lichten | 22 Octobre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/etudier-moins-exercer-plus-tôt-formule-qui-marche-2024a1000jb3?ecd=wnl_all_241022_jim_daily-doctor_etid6928048&uac=368069PV&impID=6928048&sso=true
Paris – Une nouvelle étude, parue dans la revue Academic Medicine, a analysé les résultats d’un cursus accéléré proposé par une faculté de médecine américaine.
Les étudiants ayant suivi des études de médecine accélérées deviennent-ils d’aussi bons médecins que les autres ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs ayant analysé le parcours proposé par la NYU Grossman School of Medicine (New York City, États-Unis).
L’école de médecine en trois ans au lieu de quatre
Aux Etats-Unis, l’école de médecine est accessible aux étudiants ayant obtenu un premier diplôme dans une discipline scientifique proche de la médecine (le Bachelor qui s’obtient après trois ou quatre années d’études). L’école de médecine dure pour sa part quatre années, réparties entre une phase préclinique et une phase clinique. Deux ans de stages seront encore nécessaires avant de pouvoir exercer (à moins qu’une spécialité soit choisie, ce qui est alors l’objet de l’équivalent d’un internat).
Or, la NYU Grossman School of Medicine propose depuis 2013 un parcours accéléré en trois ans. Il a été conçu pour aider les étudiants à obtenir leur diplôme plus rapidement tout en réduisant leur endettement, qui peut être colossal aux États-Unis.
Cette faculté a été la première aux États-Unis à proposer un tel cursus, avant que d’autres universités ne l’imitent. Mais jusqu’ici, aucune évaluation de ces programmes n’avait été faite. Des chercheurs, ayant publié leurs résultats dans la revue Academic Medicine le 15 octobre dernier, ont donc corrigé cette lacune en se penchant sur le programme pionnier newyorkais.
Des résultats très similaires entre les deux cursus
Ils ont ainsi constaté que 136 diplômés après un programme accéléré avaient obtenu des résultats comparables à ceux de 681 de leurs pairs ayant suivi un cursus classique en quatre années. Ces performances comparables ont d’ailleurs été constatées aussi bien pendant les études de médecine qu’au cours de l’internat.
Les chercheurs donnent plusieurs exemples de ces bons résultats. Ainsi, les étudiants ayant suivi un cursus en trois ans ont obtenu une note moyenne de 84 % à leurs examens précliniques, alors que leurs homologues ayant suivi un cursus en quatre ans ont obtenu une note moyenne de… 83 %.
Un cursus fait pour les étudiants qui savent déjà quelle spécialité ils veulent suivre
Si la quatrième année est souvent l’occasion pour les étudiants de mieux connaître les différentes spécialités afin d’éclairer leur choix, le cursus accéléré est, en revanche, destiné aux étudiants qui sont déjà déterminés en la matière, note la Dr Joan Cangiarella, co-autrice de l’étude et présidente du consortium auquel appartient la NYU Grossman. Les étudiants de ce cursus accéléré bénéficient également d’un mentorat individualisé, mais suivent exactement le même programme de base que les autres étudiants.
Cependant, s’ils obtiennent de bons résultats académiques, ils peuvent intégrer directement un internat au sein du NYU Langone Health. Des conditions avantageuses qui ont contribué au succès du cursus. « À partir de 2023, nous permettons désormais à tous les étudiants d’obtenir leur diplôme en trois ans s’ils le souhaitent, qu’ils se dirigent directement vers un internat ici ou qu’ils souhaitent être jumelés ailleurs », a déclaré la Dr Elisabeth Cohen, co-autrice de l’étude et conseillère des étudiants en programme accéléré au sein du NYU Grossman.
S’il n’est sans doute pas complètement transposable à d’autres pays, ce système met cependant en lumière comment, sans mettre en péril la qualité des soins, des parcours raccourcis pourraient être une réponse aux besoins pressants en termes de démographie médicale.
Commentaire Dr Jean SCHEFFER
Pas un mot sur le cout des études dans les deux types de filière ! Une allusion est faite sur la nécessité d’emprunter et donc de l’intérêt de raccourcir la durée des études.