VIDEO – L’inquiétante conquête des grands fonds marins a commencé

Drones, rovers… Une multitude de robots sont déployés dans les grands fonds marins. Objectif : extraire des métaux stratégiques pour fabriquer nos appareils électroniques. Les essais se multiplient et des projets d’extraction à grande échelle sont annoncés… faisant craindre des dégâts environnementaux irréversibles.

Environnement

Enjeux internationaux

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01221406/zone/1/showtitle/1/src/xlkks8r/autoplay/yes/visible/yes?tagparam=pageSection%3Dmonde%26pageSousSection%3Denjeux-internationaux

En  2021, le véhicule Patania II a démontré la faisabilité technique d’une récupération de nodules polymétalliques par 4.500 mètres de profondeur.

Par Olivier Harmant

Publié le 30 sept. 2024 à 07:15 https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/video-linquietante-conquete-des-grands-fonds-marins-a-commence-2122013#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_email_type=retention&utm_campaign=lec_100_pour_cent_video&utm_email_send_date=20241005

A ce stade, il ne s’agit que d’expérimentations, mais le coup d’envoi est donné ! Drones sous-marins, robots collecteurs… Une horde de technologies sont développées puis déployées dans les grands fonds marins afin de détecter et d’extraire des métaux stratégiques.

Cobalt, nickel ou encore manganèse… Ces minerais sont devenus incontournables pour la fabrication de moult appareils électroniques : des industries entières en sont dépendantes. Tous sont actuellement extraits dans des mines à la surface de la Terre. Mais des quantités substantielles regorgeraient également dans les fonds océaniques.

A plusieurs milliers de mètres de profondeur, ils sont concentrés sous forme de cheminées hydrothermales, d’encroûtements cobaltifères et surtout… de nodules polymétalliques. D’une dizaine de centimètres au plus, ces derniers tapissent les fonds océaniques sous forme de galets qu’il suffirait, en théorie, d’aspirer et de remonter à la surface.

Etats et entreprises dans la course

null

Dans le Pacifique, la zone de Clarion-Clipperton concentre toutes les attentions : plus de 21 milliards de tonnes sèches y reposeraient, selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis. Du cobalt et du nickel s’y dissimuleraient ainsi à foison : davantage que dans l’ensemble des mines terrestres, selon des estimations.

Un « nouveau Far West » à conquérir aux yeux de plusieurs entreprises. En 2021, un groupe belge y a démontré la faisabilité technique d’une récupération de nodules, par 4.500 mètres de fond. L’année suivante, une firme canadienne a prélevé à son tour 14 tonnes grâce à un robot collecteur.

LIRE AUSSI :

Fonds marins : victoire d’étape pour les opposants à l’exploitation minière

De l’« oxygène noir » produit dans les abysses

Des Etats se sont également lancés dans la course, notamment la Chine qui a expérimenté plusieurs rovers. En Europe, la Norvège a officialisé la prospection – sans extraction – d’une portion de ses fonds marins en Arctique , au large de l’archipel du Svalbard, pour déceler d’éventuels gisements.

A l’autre bout du monde, l’Etat insulaire de Nauru, au Sud du Pacifique, va plus loin : il soutient un méga projet d’extraction minière en eau profonde prévu dans les prochaines années.

Les métaux, un nouvel opium

Cette course à l’extraction minière sous-marine est propulsée par la demande mondiale en métaux. Le cobalt, le nickel ou le manganèse – pour ne citer qu’eux – sont devenus le « nouvel opium » de l’industrie électronique et de la transition énergétique.

Indispensables aux batteries de voitures électriques, ces métaux équipent également les panneaux solaires ou les semi-conducteurs, ces puces qui font office de cerveaux de nos appareils électroniques. L’Union européenne a fait de la sécurisation de son approvisionnement une priorité majeure.

Néanmoins, cette nouvelle conquête économique des abysses est controversée. Sa viabilité économique ne fait pas l’unanimité : des entreprises annoncent des projets d’extraction sous-marine à grande échelle lorsque d’autres se disent dubitatives, voire parlent de « fantasme ».

Une activité controversée

Enfin, ONG et scientifiques craignent des dégâts irréversibles : une pollution et une destruction d’écosystèmes marins ou encore des nuages de poussières qui resteraient en suspension, car les courants sont faibles en profondeur.

LIRE AUSSI :

Exploitation minière des fonds marins : la France et les ONG en alerte

Premier pas vers l’exploitation minière à grande échelle des fonds marins

null

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire