Macron vu par la Suisse

Vu de Suisse.

Le crépuscule total d’Emmanuel Macron

Dans le cadre de son budget de rigueur, le Premier ministre français, Michel Barnier, doit apporter 60 milliards d’euros. Un échec pour le président, qui s’est toujours positionné en grand abaisseur d’impôts. Emmanuel Macron a aujourd’hui “non seulement perdu le pouvoir, mais risque aussi de perdre son héritage”, estime ce chroniqueur suisse.

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Le Temps

Réservé aux abonnésLecture 2 min.Publié le 14 octobre 2024 à 15h18

Le président français Emmanuel Macron au sommet européen à Chypre, le 11 octobre 2024.
Le président français Emmanuel Macron au sommet européen à Chypre, le 11 octobre 2024. PHOTO YIANNIS KOURTOGLOU/REUTERS

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Les débâcles électorales et en matière de popularité avaient d’ores et déjà acté la fin de l’ère du pouvoir macroniste sans partage. Même s’il a réussi à ne pas trop mettre en péril ses réformes en confiant les rênes à la droite, Emmanuel Macron est passé au dernier stade de ses mandats, celui où il n’a plus vraiment la main. Les échos des coulisses de l’Élysée dans la presse française rapportent d’ailleurs largement une ambiance de déprime présidentielle face à la subite relégation du chef de l’État par rapport à son nouveau Premier ministre de (quasi-) cohabitation, Michel Barnier.

Mais peut-être que ce blues n’est pas exclusivement lié à la perte d’influence et au désœuvrement subit. Peut-être qu’Emmanuel Macron ne fait pas simplement face aux conséquences d’une envie d’alternance somme toute naturelle dans ce pays habité par l’esprit de révolte et de contestation. Peut-être qu’au-delà de la naturelle fin de règne s’ajoute la prise de conscience d’un héritage qui pourrait se révéler bien plus négatif que prévu.

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Le budget de rigueur présenté ce jeudi [10 octobre] par le nouveau gouvernement français révèle en effet une situation qui remet en cause l’essence même du projet macroniste, son noyau dur. La déception serait alors énorme pour ceux qui, malgré l’impopularité grandissante, se félicitaient, grâce à leur politique de l’offre, d’avoir réindustrialisé le pays et surtout endigué le chômage de masse pour mettre la France sur la voie du plein-emploi et de la croissance qui devait l’accompagner.

Caisses vides

Au bout du compte, quand on y regarde de plus près, la baisse du taux de chômage de la France n’est pas vraiment plus spectaculaire que chez les voisins (il a baissé partout en Europe). Et, surtout, la conséquence attendue de tout cela, le rétablissement des comptes et de l’économie post-crise Covid et post-crise inflationniste, est plus molle en France qu’ailleurs, malgré les gigantesques aides consenties par les différents gouvernements Macron.

Résultat : le trou a été creusé par les cadeaux. Et les effets de croissance attendus pour le compenser en matière d’entrées de cotisations et d’impôts ne sont pas à la hauteur. Le Haut Conseil des finances publiques a même estimé jeudi que les prévisions de croissance étaient toujours surestimées au vu des conséquences récessives que pourraient avoir les coupes budgétaires annoncées. Lesquelles sont absolument nécessaires au vu de l’état dans lequel les années Macron ont laissé les caisses.

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Car en plus de l’éventuel échec d’une politique, des voix commencent à s’élever dans la presse et à gauche pour soupçonner le président d’avoir laissé s’emballer la spirale déficitaire cette année, notamment pour des raisons électorales. Des accusations d’autant plus lourdes que la dissolution qui a suivi le scrutin européen a aggravé la situation. L’instabilité politique semble en effet avoir plus d’effet sur les marchés et la fébrilité économique qu’un éventuel risque de faillite de l’État, écarté par la plupart des experts.

Le nouveau gouvernement se retrouve donc face au risque de provoquer un coup de frein économique avec une politique de rigueur désormais inévitable. Si cette spirale devait continuer, on comprend que le président soit pris de déprime. Et que ses soutiens commencent à vouloir se défaire de son héritage. Ainsi, Gabriel Attal, qui veut reprendre son parti en main, s’étonne en privé, selon L’Express, que des articles décrivent encore les députés de son groupe comme “macronistes”.

Paul Ackermann

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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