L’avocate de 33 ans Sarah Saldmann a accepté de vivre quelques semaines dans la peau de salariés payés au SMIC dans le cadre du documentaire réalisé par François Ruffin

«Beaucoup de gens sont déconnectés comme moi» : Sarah Saldmann se confie sur son expérience dans le nouveau film de François Ruffin

Par Mathilde Seifert

Publié le 08/10/2024 à 07:00,  mis à jour le 08/10/2024 à 11:19 https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/actu-tele/je-fais-mon-mea-culpa-sarah-saldmann-se-confie-sur-son-experience-dans-le-prochain-film-de-francois-ruffin-20241008

ENTRETIEN – L’avocate de 33 ans a accepté de vivre quelques semaines dans la peau de salariés payés au SMIC dans le cadre du documentaire réalisé par le député de la Somme. Elle nous dévoile les coulisses du tournage

Sarah Saldmann, chroniqueuse et avocate.  Marechal Aurore/ABACA

L’avocate et chroniqueuse, Sarah Saldmann , est au cœur du prochain film documentaire réalisé par François Ruffin et intitulé Au Boulot !. Davantage habituée aux plateaux de télévision de la chaîne CNews – elle intervient aussi bien dans les émissions de Pascal PraudSonia MabroukLaurence Ferrari ou encore Jean-Marc Morandini – la jeune femme de 33 ans a accepté de vivre, durant quelques semaines, le quotidien de Français vivant au SMIC. Ce projet de collaboration est né à la suite de plusieurs déclarations de Sarah Saldmann dont l’une où elle estimait que «ses impôts n’ont pas à payer à la médiocrité de ceux qui ne veulent rien foutre». Elle a accepté de se confier sur son expérience. 

TVMAG. – Comment la prise de contact s’est-elle faite entre François Ruffin et vous ?
Sarah SALDMANN. – La première fois que l’on s’est rencontrés, c’était à l’occasion de l’émission «C ce soir» de Karim Rissouli. Je ne savais pas du tout qui il était puis j’ai appris qu’il était député La France Insoumise. Ensuite, nous nous sommes recroisés sur le plateau des «Grandes Gueules», par hasard également. Et il m’a fait effectivement cette proposition que j’ai déclinée. Il est ensuite revenu vers moi par SMS et m’a envoyé un DVD de son précédent film Debout les femmes au cabinet. Je l’ai remercié mais en substance, j’ai dit que je n’étais pas intéressée. Autour de moi, on me disait de ne pas le faire. J’avais même reçu des messages de personnalités publiques ayant vu la séquence sur RMC qui me disaient de ne pas lui dire «oui» en raison du film Merci Patron ! (documentaire satirique également réalisé par François Ruffin en 2016, NDLR).

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Qu’est-ce qui vous a finalement fait changer d’avis ?
Nous nous sommes recroisés dans les couloirs de BFMTV. À ce moment-là, nous nous sommes dit que nous pouvions prendre un petit-déjeuner au café de l’Esplanade, que ça n’engageait pas à grand-chose. En une heure, il m’a convaincue. Il m’a dit que j’étais complètement déconnectée des réalités, que je ne savais pas ce que c’était que de travailler en usine. Et même si j’ai fait beaucoup de petits boulots – comme promeneuse de chien, correctrice de copies, surveillante d’examens – il a avancé l’argument que ces expériences n’étaient pas exactement la même chose que travailler à l’usine. À raison, car c’est moins pénible effectivement. Je pensais vraiment ce que je disais lorsque j’avais dit : «Il vaut mieux avoir 1300 € qu’être au chômage» ou encore «Un rhume ou une angine et on ne va pas bosser, mais c’est quoi ces gens qui ne foutent rien ?». Mais j’ai finalement accepté, sur les conseils de trois personnes dont je tairais les noms, que j’écoute beaucoup.

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Comment le tournage du film s’est-il déroulé ?
Le tournage s’est bien passé. Il s’est étalé sur environ un an. C’était séquencé, nous pouvions tourner quatre jours par ci, quatre jours par là. Je ne connaissais à l’avance ni les destinations ni les types d’activités. La première fois nous sommes allés à Saint-Étienne et, disons qu’il y a des travaux plus difficiles que d’autres. 

À quels métiers vous êtes vous essayée ? 
J’ai testé les métiers de serveuse, livreuse de colis, auxiliaire de vie, ouvrière agricole et en usine, technicienne fibre optique. Il y a des métiers comme auxiliaire de vie où je vois à peu près comment arranger les choses. À savoir, il faut mieux les payer. L’usine induit une telle pénibilité, au niveau physique, que là il faut alléger l’emploi du temps. 

Une expérience vous a-t-elle marqué plus que les autres ?
L’usine de poisson est le paroxysme de la difficulté. C’est au-delà du «plus dur». Vous vous levez à 4 heures du matin, en plus dans un hôtel Ibis – je n’ai pas l’habitude de dormir dans un hôtel Ibis. Il fait très froid, la cadence est épouvantable. Et encore, j’ai conscience que nous étions dans une usine bienveillante étant donné qu’ils ont accepté la caméra. C’était extrêmement difficile. Ce sont des tâches très répétitives qui font très mal parce qu’il y a des charges lourdes à porter. Après cela, je fais mon mea culpa. Je reviens complètement sur ma position. Déjà, quand vous êtes dans votre état normal, être à l’usine c’est compliqué. Ce qui était mon cas. Mais si vous avez une angine, ce n’est pas possible. Je le comprends complètement. 

« Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne peut pas se rendre compte »Sarah Saldmann

Vous reconnaissez avoir porté un jugement erroné. Vous n’êtes certainement pas la seule à avoir eu cette opinion, que recommanderiez-vous ? 
Je pense que beaucoup de gens sont déconnectés comme moi. Notamment au sein du gouvernement actuel ou des précédents. Ce n’est pas du tout une question politique. Peut-être que les ministres en exercice feraient bien de réaliser un petit stage comme j’ai fait. Même trois heures, ça suffirait pour qu’ils comprennent. Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne peut pas se rendre compte. Moi je n’étais vraiment pas de mauvaise foi. 

Vous avez vu le résultat ? Qu’en avez-vous pensé ? 
Que ce soit à la télévision ou ailleurs, c’est toujours assez désagréable de se voir soi-même. Mais ce qui est intéressant c’est de mettre en lumière des gens qu’on n’a pas l’habitude de voir. Il y a un fil conducteur où au début nous commençons à l’hôtel Plaza Athénée et ensuite, plus ça évolue et plus nous voyons le quotidien des gens. 

La députée européenne LFI, Rima Hassan, a affirmé vouloir boycotter le film à cause de votre présence et de vos positions sur le conflit Israël-Hamas, qu’avez-vous envie de lui répondre ? 
Ce n’est pas la première fois qu’elle s’en prend à moi et que je lui réponds. Qu’elle aille d’abord voir le film avant de donner des consignes qui n’engagent qu’elle. Je pense que l’importation du conflit israélo-palestinien n’est pas le sujet ici. Donc, si Rima Hassan considère que mes positions concernant ce conflit ont un lien direct avec ce film, je lui répondrais qu’il ne faut pas tout mélanger non plus. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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