« C’est historique » : à Carhaix, plusieurs milliers de personnes manifestent pour la réouverture des urgences
Samedi 12 octobre 2024 à 23:00
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés samedi 12 octobre 2024 devant l’hôpital de Carhaix, avant de marcher jusqu’au commissariat de la commune. Leur objectif : mettre la pression sur l’État pour obtenir la réouverture totale des urgences de l’hôpital, régulées depuis l’été 2023.

Devant l’hôpital, ils sont plusieurs milliers. Une forêt de drapeaux bretons, de fanions syndicaux, et sur toutes les lèvres ce slogan : « Carhaix Carhaix Résistance ». Ce samedi 12 octobre 2024, une foule nombreuse s’est rassemblée à Carhaix (29) pour demander la fin de l’accueil régulé dans les urgences de l’hôpital. Plus de 10.000 personnes selon les organisateurs, plutôt 3.500 selon les autorités.ⓘ
« On veut faire pression »
Cette nouvelle manifestation intervient alors que les urgences de la ville sont régulées depuis l’été 2023. Cela signifie que pour qu’un patient puisse se présenter au guichet des urgences, il faut que le Samu, appelé auparavant, l’y ait autorisé. Mais depuis plus d’un an, dans la plupart des cas, les médecins en ligne redirigent les habitants des alentours vers les hôpitaux de Lorient, Quimper, Brest ou Saint-Brieuc, tous à plus ou moins une heure de route.

Pourtant, un protocole de crise avait été signé en octobre 2023. Il garantissait une préservation des services de chirurgie et de maternité, menacés, et une garantie de réouverture des urgences la nuit, sans qu’un calendrier précis ait été fixé. Mais depuis un an, rien n’a bougé, dénoncent les manifestants. Alors avant un rendez-vous mercredi 16 octobre à la préfecture de Quimper, réunissant entre les signataires du protocole de gestion de crise, « on veut faire pression », sourit le maire de Carhaix, Christian Troadec.

Une aussi grosse manifestation, « on n’a pas vu ça depuis plus de 15 ans »
Pour cela, le cortège, rassemblé à partir de 11h30 devant l’hôpital, met ensuite le cap sur la brigade de gendarmerie situé à 500 mètres de là. Là-bas, dans une ambiance bon enfant, quelques fumigènes sont craqués, des pétards allumés, au son des binious et autres bombardes. Le maire Christian Troadec n’en doute pas : avec une pression pareille, les autorités vont finir par céder.

« Plus de 10.000 personnes rassemblées à Carhaix, c’est historique, assure-t-il, on n’a pas vu ça depuis plus de 15 ans. » À l’époque, en 2008, les habitants s’étaient battu pour le maintien des services de maternité et de chirurgie, et ils avaient gagné. Interrogée par France Bleu Breizh Izel sur la mise en place du protocole de gestion de crise à l’hôpital de Carhaix, l’Agence Régionale de Santé (ARS) n’a pas donné suite.

Des milliers de personnes mobilisées contre la régulation des urgences de Carhaix
Entre 3 500 et 10 000 personnes ont déambulé samedi 12 octobre dans les rues de Carhaix (Finistère) pour protester contre la régulation des urgences de l’hôpital de la ville la nuit. Une situation qui dure depuis plus d’un an.
14/10/2024

« On n’a pas vu ça depuis plus de 15 ans« , a commenté auprès de France Bleu le maire de Carhaix, Christian Troadec, en marge d’une manifestation « historique« . A l’appel de nombreuses associations, de syndicats et de partis politiques, des milliers de personnes se sont réunies samedi 12 octobre devant l’hôpital de Carhaix (Finistère) pour protester contre la régulation des urgences la nuit. Celles-ci ont entamé une déambulation dans les rues de la ville bretonne au son du bagad jusqu’au commissariat.
Selon les organisateurs, « plus de 10 000 » personnes ont répondu présent, 3 500 selon les autorités.
La manifestation avait pour but de mettre la pression sur l’Etat afin qu’il « tienne sa promesse » de rouvrir les urgences de Carhaix 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 sans régulation, a expliqué à l’AFP le porte-parole du « comité de vigilance de l’hôpital de Carhaix », Matthieu Guillemot. Celles-ci sont régulées depuis l’été 2023, forçant de nombreux patients à se rendre dans les hôpitaux de Lorient, Quimper, Brest ou encore Saint-Brieuc, tous à environ une heure de route.
Un protocole de crise signé en 2023
Fin octobre 2023, un protocole de crise avait été signé entre la préfecture, l’ARS, le CHU de Brest-Carhaix et les collectivités locales. L’Etat s’était engagé à rouvrir rapidement les urgences de la commune du Finistère, sans régulation et sans interruption. « On arrive à un an de la signature du protocole, on ne peut plus parler de court terme« , a dénoncé Matthieu Guillemot. « Je pense qu’on arrive au bout de notre patience, ce qui explique la foule présente aujourd’hui. »
Une réunion doit se tenir mercredi 16 octobre à la préfecture de Quimper avec les signataires de ce protocole.
[avec AFP et France Bleu Breizh Izel]
Auteur de l’article
Cheffe de rubrique Rencontres