
Pour MG France, la proposition du gouvernement de réduire la prise en charge de 70% à 60% des soins médicaux par l’assurance maladie est un leurre.
Bien mal nommé, ce « ticket modérateur » (qui n’a jamais modéré les dépenses de santé alors que c’était -et c’est toujours- son prétexte) ne permet aucune économie.
Transférer un milliard d’euros de la dépense publique sur les complémentaires santé va conduire à une augmentation de leurs tarifs.
Ce que ne paiera pas l’assurance maladie sera payé par les patients via leurs cotisations, majoré des frais de gestion de ces organismes, bien supérieurs à ceux de l’assurance maladie.
En tenant compte de l’augmentation récente des franchises sur les consultations, le reste à charge d’une consultation payée 30€ sera de 14€, soit une diminution à 54% de la couverture par l’assurance maladie.
Au prétexte de réduire les déficits, ce glissement accéléré d’un système solidaire (à chacun selon ses besoins) à un système où la couverture est fonction de la cotisation (à chacun selon ses moyens) doit être dénoncé : il est le plus couteux et ses résultats en matière de santé publique sont les moins bons.
Qui peut le souhaiter ?
L’accès territorial aux soins est à juste titre au centre des discours politiques, mais l’accès financier à ces soins n’est pas moins préoccupant.
MG France refuse que soient oubliés les 2,5 millions de nos concitoyens qui n’ont pas d’assurance complémentaire et dont le nombre va augmenter mécaniquement à cause de la hausse des tarifs.
Alors que la France est déjà l’un des pays d’Europe où les Inégalités Sociales de Santé sont les plus fortes, MG France alerte la population : la réduction de la prise en charge des soins par l’assurance maladie est un leurre couteux et dangereux, mais en aucun cas une mesure d’économie
Audition de MG France à la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale ce mardi 8 octobre 2024 au sujet du #PLFSS
https://www.linkedin.com/posts/mg-france_plfss-plfss-activity-7249720257680916480-Qre6?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
Voici les points exposés par notre présidente Agnès Giannotti :
Le texte du hashtag#PLFSS n’étant encore dévoilé, il s’agit surtout de mettre sur la table les enjeux et principes généraux :
1) MG France souhaite que soit conservé notre système solidaire : à chacun selon ses besoins (et non selon ses moyens). Dans un contexte d’augmentation des inégalités sociales de santé, nos lignes rouges se situent au niveau de toutes les mesures qui remettraient en cause les ALD, la CSS, l’AME… ou qui réduiraient la prise en charge par le régime général (par exemple une diminution de 70% à 60% des remboursements par l’Assurance Maladie comme évoqué par une rumeur récente…)
2) Dans un contecte de pénurie de professionnels de santé et de nécessité de faire des économies, notre préoccupation c’est la pertinence et l’efficience dans l’organisation du système de santé.
Cette pertinence et cette efficience sont assurées de manière optimale sur un parcours de soins coordonné par le médecin généraliste traitant.
D’autant que l’on assiste à une flambée de la multimorbidité et à une complexification des suivis : le rôle du médecin généraliste traitant est donc essentiel.
Attention à tout ce qui désorganiserait le parcours de soins en fragmentant la prise en charge, car, à l’inverse de ce que certains prétendent, cela serait en fait contre-productif pour l’accès aux soins,
dégradant la pertinence de l’accès aux ressources du système de santé, supprimant la régulation, la bonne orientation et les priorisations indispensables, et donc in fine réduisant l’accès aux soins nécessaires.
3) L’accès financier aux soins est aussi un véritable sujet pour la société.
MG France alerte sur tout ce qui donnerait une priorité aux plus aisés au lieu de prioriser les plus malades.
Par exemple, les coupes-files sur les plateformes où en payant plus vous passerez avant les autres…
Tout ceci n’est pas acceptable et nous mobilisera à chaque fois que nécessaire pour alerter les français et les élus des risques de dérives.
4) MG France toujours été force de propositions pour de nouvelles façons de travailler (MSP, CPTS, assistants médicaux…) et présentera prochainement d’autres perspectives.
Il faut encore inventer et construire des cadres opérationnels et de coopération.
Il faut débloquer des sujets pratiques, comme par exemple la possibilité du stockage de vaccins dans les cabinets et ainsi faciliter la vaccination.
Plus que jamais, dans le domaine de la santé, il est indispensable de travailler tous ensemble dans le même sens.Activez pour voir l’image en plus grand.