« Suppression des actes inutiles, campagnes de dépistage… Les pistes des hôpitaux pour faire des économies »
Date de publication : 9 octobre 2024


Marie-Cécile Renault évoque dans Le Figaro « une nouvelle qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans les hôpitaux : le gouvernement a l’intention de combler une partie du déficit des retraites avec les fonds alloués à la santé. Une mesure surprise du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui doit être présenté jeudi en Conseil des ministres avec l’ensemble du budget ».
La journaliste explique qu’« en 2025, le gouvernement prévoit d’augmenter de 2,8% l’objectif national des dépenses de santé (Ondam). Au sein de cette enveloppe, le budget des hôpitaux progresserait de 3,1%, soit une hausse de 3,3 milliards d’euros ».
Arnaud Robinet, président de la Fédération des hôpitaux de France (FHF), réagit : « C’est un chiffre en trompe-l’œil car on nous demande dans le même temps d’absorber une hausse de 5 points du taux de cotisation retraite des agents hospitaliers. Soit un coût de 1,2 milliard d’euros ».
Marie-Cécile Renault relève ainsi que « la hausse du budget des hôpitaux serait en réalité limitée à 2%, soit 2,1 milliards ».
Cécile Chevance, responsable finances de la FHF, ajoute que « si l’on tient compte de l’inflation et des mesures salariales, la hausse ne serait plus que de 0,2%, soit 200 millions net ».
La journaliste constate que « stupéfaits, les acteurs du secteur ont été mis au parfum lors d’une réunion préparatoire organisée par le ministère de la Santé. Un rapport conjoint de l’Inspection des finances (IGF) et de l’Inspection des affaires sociales (Igas), opportunément sorti la semaine dernière, aurait pourtant dû leur mettre la puce à l’oreille ».
« Il alertait sur le déficit problématique de la caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL), qui atteindra 3,8 milliards d’euros en 2024 et 11,1 milliards en 2030 «sans mesures correctrices» », note Marie-Cécile Renault.
Marc Bourquin, conseiller stratégie de la FHF, déclare qu’« augmenter le taux de cotisation conduit à une augmentation massive des coûts salariaux. On transfère des charges insoutenables des retraites à la santé. Certains hôpitaux ne pourront pas payer ».
La journaliste observe en outre : « Quant aux hôpitaux du secteur privé non lucratif, également concernés par la mesure, ils crient à l’injustice ».
Charles Guépratte, directeur général de la Fehap, réagit : « Nous, nous ne sommes pas fonctionnaires ! Prendre l’argent destiné à la santé pour financer le déficit des retraites n’a aucun sens. Cela va se répercuter sur la qualité des soins ».
Marie-Cécile Renault remarque que « pourtant, il faudra bien trouver des économies, alors que le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 18 milliards d’euros contre 16 milliards prévus en juin. Les hôpitaux proposent deux axes. D’une part, lancer des réformes de fond pour renforcer la pertinence des soins ».
Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, déclare qu’« il faut supprimer les doublons, les actes inutiles et les hospitalisations évitables ».
La journaliste poursuit : « Le deuxième levier consiste à mettre en place une véritable culture de la prévention : un gain d’un an d’espérance de vie sans incapacité ferait économiser 1,5 milliard en 10 ans à l’Assurance-maladie, a calculé la Cour des comptes. […] Concrètement, la FHF appelle à renforcer la vaccination : contre la bronchiolite pour les nourrissons ou contre la grippe pour les personnes âgées ».
Marie-Cécile Renault ajoute qu’« elle suggère d’intensifier les dépistages organisés contre le cancer, alors que seules 50% des femmes effectuent le dépistage du cancer du sein, et seulement 35% des Français éligibles celui du cancer colorectal ».
« La FHF invite aussi à changer les comportements : réduire la sédentarité, encourager la pratique sportive, lutter contre les conduites à risques (tabac, alcool, drogues), etc. Enfin, prônant une «éthique de responsabilité», la FHF préconise de transposer à la santé le principe «pollueur payeur» et d’obliger les industriels, dont les produits ont un impact néfaste, à participer au financement de la prévention », note la journaliste.
Le Parisien titre quant à lui : « Budget de la Sécu : pension de retraite, arrêt maladie, remboursement… Les pistes de réflexion du gouvernement ».
Le journal explique que « sur les 40 milliards d’euros de baisses de dépenses publiques annoncées par le Premier ministre Michel Barnier, le gouvernement devrait en réaliser plus d’un tiers, soit 15 milliards d’euros, sur les dépenses de Sécurité sociale. Pas vraiment une surprise quand on sait que plus de 50% des 1700 milliards d’euros environ des dépenses annuelles de la France concernent la protection sociale et la santé ».
Voir aussi:
https://environnementsantepolitique.fr/2024/10/08/une-hausse-du-budget-des-hopitaux-en-trompe-loeil/
https://environnementsantepolitique.fr/2024/10/08/debat-de-politique-generale-et-la-sante/
https://environnementsantepolitique.fr/2024/10/07/la-sante-et-le-budget-on-en-sait-guere-plus/