La France compte aujourd’hui 1.700 à 3.000 médecins de plus qu’il y a un an (selon les indicateurs)

L’hémorragie médicale est stoppée

Jeudi 3 octobre 2024 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco/l-edito-eco-du-jeudi-03-octobre-2024-9385976#https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco/l-edito-eco-du-jeudi-03-octobre-2024-9385976

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L'édito éco

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Cela fait du bien à entendre dans cette rentrée cafardeuse. C’est l’Ordre des médecins qui publie une vaste photographie : la France compte aujourd’hui 1.700 à 3.000 médecins de plus qu’il y a un an (selon les indicateurs).

Si on regarde les médecins à temps plein, c’est le retour au niveau de 2011 (autour de 200.000). Bref, l’hémorragie est enfin stoppée.

Au passage, rendez-vous compte : on a grosso modo le même nombre de médecins qu’il y a 15 ans. Avec pourtant une population en hausse et avec un vieillissement qui nécessite davantage de soins.

Pas partout, pas tout le temps, mais on connaît tous les difficultés d’avoir des rendez-vous.

Où est la bonne nouvelle, alors ?

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La bonne nouvelle, c’est qu’on commence à tourner la page de 15 années noires. Années qui étaient la conséquence directe d’une longue période où on ne formait pas assez de médecins.

Dans les années 1960, on formait jusqu’à 15.000 étudiants de 2ème année par an. Puis descente au plus bas à 3.500 (en 1993). Années 2000, on commence à desserrer les freins. Enfin, 2020 suppression du numérus clausus. On tourne désormais autour de 10.000 deuxième année. Sauf qu’il faut 12 à 14 ans pour former un médecin.

Alors qui est responsable de cette aberration ? Tout le monde a laissé ses empreintes sur l’ordonnance. Les pouvoirs publics ont longtemps pensé qu’en restreignant l’offre de soins, la demande des patients baisserait. C’était stupide : on ne va pas chez le médecin pour le plaisir. Les médecins, eux, ont été un brin malthusiens.

Mais c’est fini.

Donc, on peut se réjouir ?

J’aimerais vous le dire. Mais hélas, pas tout à fait.

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Cela va un peu mieux, çà frémit, mais c’est encore loin d’aller bien

Car il faudrait que le nombre de médecins augmente bien plus vite pour compenser le vieillissement continu de la population. Et les médecins d’aujourd’hui ne veulent pas travailler autant que leurs aînés – et on les comprend.

Vous n’allez pas aimer ce que dit l’Ordre des médecins. Mais je vous le dis quand même : jusqu’en 2030, il ne faut pas trop espérer d’amélioration spectaculaire dans l’accès aux médecins.

D’ici là, les solutions évoquées par Michel Barnier (comme par ses prédécesseurs d’ailleurs) consistent à mieux articuler les parcours de soins entre spécialités. A confier aux pharmaciens des nouvelles missions. Sans oublier que si nous, les patients, acceptions tous les dépistages des maladies graves, cela allègerait aussi considérablement le système.

Dernier élément de la photographie ?

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Pour la 1ère fois, il y a autant de femmes médecins que d’hommes. Il y a désormais plus de médecins salariés que de libéraux. Le nombre de médecins étrangers a doublé en 15 ans : 31.000. Soit un sur 7.

Qui dira que cette immigration-là n’est pas une chance ?

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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