Déserts médicaux : le nombre de médecins augmente, mais les inégalités territoriales se creusent

Déserts médicaux : le nombre de médecins augmente, mais les inégalités territoriales se creusent selon une étude publiée ce mercredi 2 octobre 2024

Déserts médicaux, Santé, France – Monde

Publié le 02/10/2024 à 14:48 https://www.ladepeche.fr/2024/10/02/deserts-medicaux-le-nombre-de-medecins-augmente-mais-les-inegalites-territoriales-se-creusent-12235136.php

La rédaction avec l’AFP

l’essentiel

Le nombre de médecins est en hausse en 2024, mais les inégalités territoriales continuent de se creuser, certains territoires se trouvant transformés en déserts médicaux.

Objet de toutes les attentions du fait des difficultés d’accès aux soins, la démographie médicale semble présenter un « frémissement » positif. En 2024, 1 672 médecins supplémentaires sont entrés en fonction, soit une hausse de 0,8 % par rapport à l’année précédente selon les chiffres de l’édition 2024 de l’Atlas de la démographie médicale publié mercredi par l’Ordre des médecins. Depuis 2010, leur effectif était en baisse.

L’atlas de la démographie médicale 2024

Atlas national 2024 – tome 1
Atlas national 2024 – tome 2 : Approche territoriale des spécialités médicales et chirurgicales

A lire aussi : « Il nous manque encore des professionnels de santé »… Decazeville communauté s’attaque au désert médical

Autre signal encourageant sur le plan démographique, l’âge moyen des médecins continue de baisser, passant à 48,1 ans contre 48,6 l’an dernier pour les médecins en activité régulière. La densité médicale – le nombre de médecins pour 100 000 habitants – augmente enfin très légèrement, avec 296,4 médecins pour 100 000 habitants, contre 294,7 l’an dernier

Les déserts médicaux s’étendent

En revanche, d’autres signaux ne sont pas de nature à rassurer les habitants des déserts médicaux. « Les inégalités territoriales se creusent toujours davantage », relève le docteur Jean-Marcel Mourgues, vice-président du conseil national de l’Ordre des médecins. Selon l’Atlas, ce sont « les départements situés au centre de la métropole, autour du bassin parisien, qui sont les moins bien dotés », comme l’Indre (145,9 médecins pour 100000 habitants), l’Eure (147,4) ou le Cher (152,2).

A lire aussi : La téléconsultation une solution pour pallier le désert médical

À l’inverse, les départements abritant les grandes villes de France, ainsi que ceux situés sur les littoraux ou aux frontières présentent les plus fortes densités : Paris (697,4), les Hautes-Alpes (432,4) ou encore le Rhône (414).

Des inégalités territoriales qui se creusent

Quentin Haroche | 02 Octobre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/des-égalités-territoriales-qui-se-creusent-2024a1000hyj?ecd=wnl_all_241005_jim_daily-doctor_etid6874137&uac=368069PV&impID=6874137&sso=true

L’Atlas confirme également que l’activité salariée est de plus en plus populaire chez les médecins. C’est désormais le type d’activité le plus prisé, puisque que 46 % des praticiens sont salariés, contre seulement 43 % de libéraux (et 11 % d’activités mixtes). Par comparaison, en 2015, c’était seulement 42 % des médecins qui étaient salariés contre 48 % de libéraux. La part des généralistes est par ailleurs en diminution, passant de 48 % en 2010 à 42,7 % en 2024.

La densité médicale progresse également timidement, passant de de 294,7 médecins pour 100 000 habitants en 2023 à 296,4 cette année. Mais non seulement cette donnée ne prend pas en compte l’augmentation des besoins en santé, due au vieillissement de la population, mais elle cache le fait que « les inégalités territoriales se creusent toujours davantage » selon le Dr Mourgues. « Les départements qui ont des hôpitaux universitaires, à de rares exceptions près, ont tendance à augmenter et rajeunir leur population médicale », précise-t-il, tandis « qu’il y a des départements plutôt en périphérie de région, avec souvent un profil rural et une population âgée, un facteur aggravant pour l’offre de soins, qui a une population médicale qui continue à vieillir et qui ne se rajeunit pas assez ». 

Ce sont les départements au centre de la France, près du bassin parisien, qui connaissent la densité médicale la plus faible : 145,9 médecins pour 100 000 habitants dans l’Indre, 147,4 dans l’Eure, 152,2 dans le Cher contre 697,4 à Paris ou 414 dans le Rhône. Ce sont les mêmes départements qui sont les plus mal lotis lorsqu’on se concentre sur le nombre de médecins par habitant de plus de 65 ans. Pour résoudre le problème des déserts médicaux, la lente hausse du nombre de médecins dans les prochaines années ne suffira donc pas : il faudra aussi trouver un moyen de mieux les répartir. 1 100 médecins généralistes en plus : hausse « inédite » du nombre de maîtres de stage

1 100 médecins généralistes en plus : hausse « inédite » du nombre de maîtres de stage

Près de 14 000 médecins généralistes, agréés maîtres de stage universitaires, ont accueilli des externes et des internes en 2024. Cela représente une progression « inédite » de 1 118 praticiens par rapport à l’année dernière.

30/09/2024 Par Chloé Subileau

https://www.egora.fr/etudiants/etudes-de-medecine/1-100-medecins-generalistes-en-plus-hausse-inedite-du-nombre-de?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=En_bref___Samedi_5_octobre_2024&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=En%20bref%20-%20Samedi%205%20octobre20241005&sc_src=email_4392596&sc_lid=163434820&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=25378&sc_eh=5d463c22601bc0401

Pas moins de 13 908 médecins généralistes ont accueilli, cette année, des étudiants de deuxième et de troisième cycle en tant que maîtres de stage universitaires. Ce chiffre, révélé vendredi 27 septembre par le CNGE et le SNEMG*, représente par rapport à l’an passé une progression nette de 1 118 de praticiens agréés maîtres de stage des universités (PAMSU), aussi appelés MSU. Une hausse « inédite » selon les deux institutions, alors que « le nombre total de médecins généralistes installés est en diminution ».

L’an dernier, cette augmentation s’élevait à 413 praticiens. Ces progressions du nombre de PAMSU sont plus que souhaitées, l’entrée en vigueur de la réforme de la quatrième année d’internat de médecine générale l’an dernier ayant renforcé les besoins de ces praticiens. « Dans ce contexte, le SNEMG et le CNGE tiennent à souligner les évolutions règlementaires relatives à la formation des maitres de stage ainsi que la dynamique favorable qui semble se dessiner avec l’ANDPC », écrivent les deux instances, dans un communiqué.

Il faudrait doubler le nombre de maîtres de stage universitaires en cas de quatrième année d’internat de médecine générale

Mi-septembre, l’Agence nationale du DPC indiquait dans son rapport d’activité que 1 000 médecins s’étaient inscrits à des actions de MSU en formation initiale au 31 décembre 2023, 817 en formation continue et 83 en formation complémentaire.

« Si les résultats de l’année 2024 sont indéniablement encourageants », indiquent le SNEMG et le CNGE, « les perspectives de recrutement des futurs PAMSU sont intimement liées aux arbitrages attendus pour le futur DES et au futur statut des PAMSU de docteurs juniors ». Ces derniers devraient être tranché par le Gouvernement, nouvellement nommé par Michel Barnier.

« Nous ne pouvons que souhaiter que le nouveau Gouvernement, après avoir souligné la préoccupation majeure des Français en nommant dans ses rangs une ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, ait conscience de l’impérieuse nécessité de préciser, dans les meilleurs délais, les contours du nouveau DES en médecine générale », concluent le SNEMG et le CNGE.

*Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) et le Syndicat national des enseignants de médecine générale (SNEMG). 

Auteur de l’article

Chloé Subileau

Journaliste Etudiants

Commentaires Dr Jean SCHEFFER

Les données sont malheureusement par départements, il faut les donner par territoire de santé. Ces données existent avec « La fracture sanitaire de Que Choisir » * et les publications de l’AMRLF.**

On note des éléments positifs: enfin une augmentation légère du nombre, de la densité, et une baisse de l’âge moyen.

Mais les inégalités territoriales se creusent, ce qui montre bien qu’augmenter le nombre de médecins en formation est insuffisant. D’ou ma proposition d’in « Clinicat assistanat pour tous » de deux ans minimum, obligatoire pour tous les futurs spécialistes et généralistes, susceptible à court terme de combler tous les manques de praticiens quel que soit le lieu d’exercice et la spécialité.

« Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2

Voir aussi:

*https://www.quechoisir.org/carte-interactive-fracture-sanitaire-n21245/

Répartition des médecins en milieu rural AMRLF *https://www.calameo.com/read/005307989e15ca10fb77f

Accés aux soins en milieu rural, une bombe à retardement AMRLF *(https://www.calameo.com/read/005307989239a0f96f4f2) et autres publications sur https://www.calameo.com/accounts/5307989

La santé en milieu rural AMRLF https://www.calameo.com/read/00530798972cc2bc6c989

https://environnementsantepolitique.fr/2024/09/28/un-bon-pas-vers-mon-clinicat-assistanat-pour-tous/

1/4 des Français dans un désert médical (Revue de presse) https://environnementsantepolitique.fr/2024/09/27/53377/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/09/26/77-des-francais-ont-des-difficultes-a-avoir-un-rendez-vous-avec-un-medecin-specialiste-et-38-avec-un-generaliste-sondage-odoxa/

https://environnementsantepolitique.fr/2024/07/24/deserts-medicaux-le-depute-garot-revient-a-la-charge/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire