Le programme de l’extrême droite importé au ministère de l’interieur: «l’État de droit, ça n’est pas intangible ni sacré»

L’ÉDITO 
État de droit : l’affront républicain de Bruno Retailleau 
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Par Ellen Salvi 
Bruno Retailleau a coché toutes les cases. Déterminé à gagner le grand bingo de l’extrême droite, le ministre de l’intérieur a fait un sans-faute ce week-end, lors d’une tournée médiatique démarrée dans Le Journal du dimanche et achevée sur LCI. Pressé par un animateur visiblement soucieux de tirer le meilleur du pire de l’ancien sénateur Les Républicains (LR), celui-ci a tranquillement déroulé le programme du Rassemblement national (RN) pendant une heure. Et redonné du caractère à l’expression « blues du dimanche soir ». Après avoir réaffirmé son opposition « profonde » au mariage pour tous·tes et à l’ouverture de la PMA aux lesbiennes et aux femmes célibataires, Bruno Retailleau s’est longuement exprimé sur un autre de ses sujets préférés : l’immigration. « L’immigration n’est pas une chance », a-t-il lancé au mépris de l’histoire de ce pays qu’il prétend aimer, avant de se déclarer « mille fois » favorable à l’organisation d’un référendum sur le sujet. « On ne peut pas faire [de référendum] en France, a-t-il regretté dans la foulée, malheureusement pour des raisons constitutionnelles. »Eh oui, n’en déplaise aux égarés de la politique, il existe encore deux trois garde-fous qui les empêchent de faire n’importe quoi. Mais le Vendéen s’en moque totalement. « S’il faut changer les règles, changeons-les », a-t-il martelé dans le JDD après le meurtre de Philippine. Et d’ajouter, pour parfaire sa démonstration : « L’État de droit, ça n’est pas intangible, ni sacré. C’est un ensemble de règles, une hiérarchie des normes, un contrôle juridictionnel, une séparation des pouvoirs, mais la source de l’État de droit, c’est la démocratie, c’est le peuple souverain. » Non content de se retrancher derrière le peuple souverain – qui, faut-il le rappeler, ne s’est pas franchement exprimé en faveur de LR aux dernières élections –, le ministre de l’intérieur a ainsi remis en cause, depuis la Place Beauvau, le fondement même de notre démocratie. Excusez du peu. On aurait pu imaginer que cette sortie pousse Michel Barnier à décrocher son téléphone pour recadrer l’impudent, comme il l’avait fait quelques jours plus tôt quand son ministre de l’économie avait osé exclure le RN de l’arc républicain. Mais non. Évidemment que non. Placé sous le couperet de l’extrême droite, le gouvernement préfère câliner le parti de Marine Le Pen plutôt que de se souvenir de ce front républicain auquel il n’a jamais vraiment cru. Qu’importe s’il égratigne au passage les principes fondamentaux – fondamen… quoi ? –, seule sa survie compte. Le premier ministre jouera la sienne mardi, lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale. 

«L’État de droit n’est pas intangible ni sacré» : après les déclarations de Retailleau, Braun-Pivet se dit «assez inquiète»

Par Eloïse Cimbidhi

Publié il y a 12 heures,  mis à jour il y a 11 heures https://www.lefigaro.fr/politique/l-etat-de-droit-n-est-pas-intangible-ni-sacre-apres-les-declarations-de-retailleau-braun-pivet-se-dit-assez-inquiete-20240930?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=20240930_NL_ACTUALITES&een=8aa4833201a408e8a5d776ac0b844bbc&seen=2&m_i=ql0PplEkKtoZQU5gpY%2BqTJKA56Y8dfInBgprwyzO10Y3lnPPC70lUfh1YtznJGFzW3ZXTV1vkM%2BZX8uSvrKHpmhz3OIjL2r8qI

Dans une interview accordée ce dimanche au JDD, le ministre de l’Intérieur a estimé que «l’État de droit, ça n’est pas intangible ni sacré». Selon lui, «la source de l’État de droit, c’est la démocratie, c’est le peuple souverain».

Lui qui s’est «juré de dire la vérité aux Français, de façon brutale, non diplomatique» sera allé jusqu’à brusquer la présidente de l’Assemblée nationale. En déclarant que «l’État de droit, ça n’est pas intangible ni sacré» dans le JDD ce dimanche, Bruno Retailleau a vivement fait réagir Yaël Braun-Pivet, qui tire désormais la sonnette d’alarme. «J’ai été assez inquiète hier lorsque j’ai vu les déclarations du ministre de l’Intérieur», a-t-elle fait savoir ce lundi matin sur France 2. Avant de répliquer : «Lorsque la situation est tendue, lorsqu’il y a des crises, il ne faut surtout pas remettre en cause l’État de droit. C’est ce qui protège notre démocratie». Une déclaration qui fait écho au meurtre de Philippine, 19 ans, dont le corps a été retrouvé le 21 septembre dans le bois de Boulogne. Le principal suspect est un ressortissant marocain âgé de 22 ans, visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et déjà condamné à sept ans de prison pour viol.

Tenant d’une ligne de fermeté absolue en matière de sécurité et d’immigration, le nouveau locataire de la place Beauvau a pour sa part estimé que «quand les règles sont défaillantes, il faut les changer».  Aussi, s’il rappelle que l’État de droit repose sur «un ensemble de règles, une hiérarchie des normes, un contrôle juridictionnel, une séparation des pouvoirs», Bruno Retailleau estime que sa source doit rester «la démocratie» et «le peuple souverain». Une vision que ne partage pas la présidente du perchoir. Bien que favorable à «faire évoluer les lois», elle considère qu’«il ne faut pas toucher à nos lois fondamentales». «Ce n’est vraiment pas le moment de tout chambouler», a-t-elle insisté.

Inflexible, Bruno Retailleau joue avec les lignes rouges de ses alliés macronistes

Par Loris BoichotClaire Conruyt et Louis Hausalter

Publié il y a 3 heures https://www.lefigaro.fr/politique/inflexible-bruno-retailleau-joue-avec-les-lignes-rouges-de-ses-allies-macronistes-20240930?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=20240930_NL_ACTUALITES&een=8aa4833201a408e8a5d776ac0b844bbc&seen=2&m_i=zsATv86Gs31CluSXtV7Fk%2BWq%2BVq6YE5AGUKoisXI9OE5gSjm3vodkIuidZeW3lYurdel_c_zY3WxO09EPE2e50N9LgXJP4GSz4

DÉCRYPTAGE – Le ministre de l’Intérieur multiplie les prises de position tranchées sans se soucier des polémiques. Une stratégie assumée, pour s’attirer la bienveillance du RN, quitte à se couper d’une partie du camp présidentiel.

Ce lundi 23 septembre, deux jours après sa nomination au ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau est l’invité du « 20 heures » de TF1. Le garde des Sceaux, Didier Migaud, de celui de France 2. Le premier a déploré l’« inexécution des peines ». Le second lui répond que « le sentiment que la justice est lente ou ne condamne pas suffisamment » n’est « pas toujours exact ». Un match à distance s’engage. « Nous, on regardait les balles passer ! », en rit jaune un député macroniste

À découvrir

Le lendemain, les propos de Bruno Retailleau s’invitent dans la réunion hebdomadaire des députés de Renaissance. L’ex-chef de file des sénateurs Les Républicains (LR) a affirmé vouloir mener une « politique de rupture » sur l’immigration. Il envisage de rétablir le « délit de séjour irrégulier » et de limiter l’aide médicale d’État (AME). 

Plusieurs membres du camp présidentiel demandent que leur…

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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