« L’immigration n’a globalement que peu d’impact sur le chômage et les salaires »
Tribune
Dans une tribune au « Monde », l’économiste Hippolyte d’Albis insiste sur l’effet positif du rôle des immigrés sur l’économie française, arguant que les étrangers ne trouvent un emploi que si les nationaux font défaut et se concentrent dans certains secteurs d’activité.
Publié le 27 septembre 2024 à 06h00 https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/09/27/l-immigration-n-a-globalement-que-peu-d-impact-sur-le-chomage-et-les-salaires_6335991_3232.html?random=144019021
Parmi les peurs associées à la migration, celles relatives à l’emploi et aux salaires sont souvent présentées comme les plus rationnelles. Dans les premiers cours d’économie, on apprend ainsi qu’un marché peut être représenté par une offre et une demande et qu’il est utile d’appréhender les prix que l’on observe sur ledit marché comme résultant de leur égalisation. Transposée au marché du travail, cette représentation suggère que l’immigration va accroître l’offre de travail, ce qui aura tendance à faire baisser son « prix », c’est-à-dire le salaire. Si les salaires sont rigides à la baisse, en particulier du fait d’un salaire minimum, l’immigration est alors supposée engendrer un surplus de travail, qui se matérialise par du chômage. La crainte sur les salaires concerne donc les travailleurs plutôt qualifiés des secteurs ouverts aux recrutements d’étrangers.
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De très nombreux travaux empiriques se sont demandé si ce raisonnement intuitif était corroboré dans les faits. Les plus parlants ont analysé des événements exceptionnels, comme l’expulsion par Fidel Castro de 125 000 Cubains qui, entre avril et octobre 1980, vont quitter le port de Mariel pour se réfugier à Miami [en Floride]. L’économiste canadien David Card a démontré que cet afflux d’étrangers a été sans conséquence sur les salaires et le taux de chômage de la ville d’accueil.
Professeure d’économie à l’université Rutgers (New Jersey) et ancienne économiste en chef du département du travail des Etats-Unis de 2013 à 2015, Jennifer Hunt s’est, quant à elle, intéressée aux 900 000 rapatriés d’Algérie arrivés en 1962. Elle montre que ce choc migratoire considérable n’a eu que des effets minimes sur le taux de chômage et les salaires en France.
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Ces études sont célèbres, car leur contexte historique en fait des expériences grandeur nature, ce qui est rarissime en sciences sociales. En particulier, la précipitation des départs observée lors de ces deux événements permet d’éliminer un biais statistique important sur lequel bute l’analyse habituelle des migrations : comme les immigrés se dirigent en priorité vers les destinations où le marché du travail est favorable, il est peu crédible d’interpréter la corrélation entre l’immigration et le chômage de façon causale.
Principe institutionnalisé
Néanmoins, les expériences naturelles engendrées par les réfugiés cubains et les rapatriés d’Algérie sont à la fois anciennes et très particulières. Elles permettent certainement des travaux statistiques crédibles, mais ne suffisent pas pour convaincre. Elles ont donc été complétées par un vaste ensemble d’études statistiques visant à évaluer l’effet de l’immigration sur le marché du travail dans de nombreux pays et époques, tout en traitant le biais susmentionné de la façon la plus appropriée possible.
Pour la France, la dernière en date est due aux universitaires Gianluca Orefice et Giovanni Peri, qui ont analysé l’ensemble des recrutements industriels entre 1995 et 2005. Les auteurs concluent que l’accroissement de la part des travailleurs étrangers dans un bassin d’emploi entraîne une amélioration des appariements entre entreprises et salariés, qui compense l’effet négatif attendu sur le salaire.
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A rebours de ce qui est suggéré par le raisonnement basé sur l’offre et la demande, le consensus qui émerge des travaux empiriques est que l’immigration n’a globalement que peu d’impact sur le chômage et les salaires.
Trois principales raisons peuvent être avancées. Premièrement, les étrangers sont discriminés sur le marché du travail. Parfois pour des raisons objectives, telles qu’une moindre maîtrise de la langue ou des usages, mais aussi parfois par pure xénophobie. Dès lors, on ne voit pas très bien comment celui qui est discriminé pourrait prendre la place de celui qui ne l’est pas. A compétences égales, les étrangers ne trouvent un emploi que si les nationaux font défaut.
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Le principe est d’ailleurs institutionnalisé, car pour obtenir un titre de séjour pour motif de travail, il est nécessaire que le futur employeur démontre l’absence de la compétence recherchée sur son bassin d’emploi. Les procédures sont facilitées pour une liste, établie par l’administration, de métiers dits en tension, ce qui justement signifie que les compétences font défaut. L’économiste du travail Sara Signorelli a récemment montré qu’une réforme de 2008 de la liste favorisant l’emploi de travailleurs étrangers qualifiés n’a eu qu’un faible impact sur les salaires des travailleurs nationaux.
Contribution positive
La deuxième raison découle de la première. Les étrangers sont concentrés dans certains secteurs d’activité. En France, une étude du ministère du travail révèle qu’en 2017, les étrangers représentaient 10 % de l’emploi total, mais près de 39 % des employés de maison, plus de 28 % des agents de gardiennage, 27 % des ouvriers non qualifiés du bâtiment, 22 % des cuisiniers, etc. Les salaires dans ces métiers sont notoirement plus faibles que la moyenne, et on pourrait donc conclure, par un effet de composition, que les étrangers font baisser le salaire moyen.
Ce serait pourtant ignorer que ces emplois sont utiles et que s’ils n’étaient pas pourvus, les autres emplois seraient peut-être moins bien rémunérés. Un exemple typique est celui des gardes d’enfants, qui sont facilitées dans les villes où la main-d’œuvre étrangère est plus importante. Par ricochet, on observe que les femmes nées sur place travaillent davantage, ce qui augmente leurs salaires. Ce type d’externalité engendré par l’emploi des immigrés est typiquement ignoré des études microéconomiques, qui de fait sous-estiment les effets économiques positifs de l’immigration.
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La troisième raison étend cette dernière raison à tous les effets macroéconomiques de la migration. En particulier, les immigrés sont en moyenne plus jeunes que le reste de la population du pays d’accueil. Cette réalité démographique se traduit par une contribution positive de l’immigration à la part des personnes qui travaillent dans la population, sujet crucial dans nos sociétés vieillissantes. Cet effet sur le taux d’emploi a un impact favorable sur la richesse créée et même sur l’équilibre des finances publiques. Et c’est bien dans les économies les plus prospères que les salaires sont les plus élevés.
Hippolyte d’Albis est professeur à l’Ecole d’économie de Paris et vice-président du Cercle des économistes.
Hippolyte d’Albis (Economiste)
« Quand bien même les électeurs exigeraient moins d’immigration, ce n’est pas avec des politiques inefficaces que l’on satisfera leurs exigences »
Tribune
Antoine PécoudSociologueHélène ThiolletPolitiste
Les lois migratoires entretiennent la fiction, délétère pour la cohésion sociale et pour la prospérité de l’Europe, que tous les problèmes sont causés par l’immigration, estiment les spécialistes de l’immigration Antoine Pécoud et Hélène Thiollet, dans une tribune au « Monde ».
Publié le 27 septembre 2024 à 09h00 https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/09/27/quand-bien-meme-les-electeurs-exigeraient-moins-d-immigration-ce-n-est-pas-avec-des-politiques-inefficaces-que-l-on-satisfera-leurs-exigences_6336199_3232.html
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La question migratoire revient sur le devant de la scène en France après les déclarations du nouveau ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, sur le « désordre migratoire » et le meurtre d’une étudiante pour lequel le suspect est un Marocain en situation irrégulière. Elles interviennent après le décès de douze personnes dans le naufrage de leur embarcation dans la Manche le 3 septembre et de huit autres le 15 septembre. Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur démissionnaire, avait aussitôt appelé à un nouveau traité migratoire entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), dans le but notamment de renégocier les financements que Londres accorde à la France pour le contrôle de l’immigration irrégulière.
On ne connaît pas encore l’attitude du nouveau gouvernement travailliste côté britannique, mais celui-ci a déjà indiqué son intérêt pour la politique menée par la dirigeante italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, qui consiste précisément à déléguer le contrôle de l’immigration à des pays tiers, comme l’Albanie.
Il reste aussi à voir comment se positionnera Bruno Retailleau, qui a déjà maintes fois affiché sa fermeté sur le sujet, et s’il continuera la stratégie qui voit la France, à l’instar de l’Albanie justement, se faire payer par son voisin du Nord pour contenir les migrants et les réfugiés.
Mais, quelles que soient les stratégies à venir, l’échec des politiques migratoires – que ce soit au niveau britannique, français ou européen – est patent. Avec le Brexit, le Royaume-Uni voulait reprendre le contrôle de ses frontières. Mais malgré des politiques toujours plus restrictives, comme le projet avorté d’accord britannique avec le Rwanda, la nouvelle loi française sur l’immigration de janvier 2024, ou le pacte européen sur la migration et l’asile en mai 2024, les traversées de la Manche n’ont cessé de croître, passant de 15 000 en 2021 à 45 000 en 2022, selon le ministère de l’intérieur britannique.
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Le cercle vicieux est toujours le même. Dans une logique classique de prohibition, ces stratégies de contrôle des flux migratoires n’arrêtent pas les réfugiés et les migrants, mais les basculent dans l’illégalité. Elles augmentent de surcroît le prix exigé par les passeurs et les intermédiaires, tout en poussant les candidats à l’émigration à prendre des risques de plus en plus grands. Outre le coût humain et économique de cette approche, cela donne le sentiment d’une immigration incontrôlée, ce qui justifie en retour des politiques toujours plus restrictives.
Fuite en avant
Leurs partisans objectent que ces politiques correspondent aux souhaits d’électeurs préoccupés par l’immigration. La réalité est probablement plus nuancée, comme en témoignent certaines enquêtes d’opinion au long cours, comme celle de l’Enquête sociale européenne. Mais, quand bien même les électeurs exigeraient moins d’immigration, ce n’est pas avec des politiques inefficaces que l’on satisfera leurs exigences et qu’on les dissuadera de voter pour l’extrême droite. Avec la « loi Darmanin » ou le pacte européen, les Etats voulaient désamorcer les arguments habituels à propos de l’invasion migratoire et du laxisme supposé des pouvoirs publics, afin de couper l’herbe sous le pied de la droite populiste. Mais cette stratégie est vouée à l’échec, comme en atteste le poids politique toujours croissant de l’extrême droite en France et en Europe.
Face à cette fuite en avant, et dans un contexte politique où la dépendance du gouvernement de Michel Barnier vis-à-vis du Rassemblement national augure peut-être d’un tour de vis supplémentaire, il est temps d’admettre que l’arbre des migrations et de l’asile cache une forêt de problèmes bien réels, mais qui n’ont en réalité pas grand-chose à voir avec les politiques migratoires.
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Il est par exemple légitime de craindre la concurrence des travailleurs étrangers dans des secteurs peu qualifiés du marché du travail. Mais ce problème relève davantage du droit du travail et des politiques salariales que des politiques migratoires. On ne saurait demander aux gardes-frontières ou à l’agence européenne chargée du contrôle des frontières de l’UE, Frontex, de régler un problème qui est de la compétence de l’inspection du travail.
De même, le débat public associe fréquemment immigration et islam. Il est vrai que les dizaines de millions d’Européens qui pratiquent cette religion sont souvent issus de l’immigration. Mais, dans leur très large majorité, ce ne sont plus des migrants mais des citoyens de plein droit, et l’on voit mal comment les politiques migratoires permettraient d’apaiser les crispations relatives au port du voile ou à l’existence de fondamentalismes religieux, qui relèvent du droit pénal ou constitutionnel, des droits humains et des libertés publiques.
Mauvaises réponses à de bonnes questions
Le contrôle de l’immigration est ainsi régulièrement présenté comme la solution miracle à des problèmes aussi variés que le chômage, l’insécurité, le trafic de drogue, le niveau scolaire des élèves, l’accès au logement ou les zones de non-droit dans les banlieues. Les politiques migratoires ne gouvernent que l’admission et le statut légal des étrangers qui souhaitent venir en France. Elles sont largement sans effet sur leur destinée économique, socioculturelle ou religieuse ; et sur les transformations en cours dans les sociétés européennes telles que l’augmentation des inégalités, la crise démocratique, la désindustrialisation, etc.
De plus, et même si l’on ne peut nier que certains descendants d’immigrés rencontrent aujourd’hui des difficultés d’intégration, on ne peut ignorer l’intégration plutôt réussie de millions d’immigrés. Y compris de ceux dont on disait, au moment de leur arrivée, qu’ils n’étaient pas intégrables et auxquels on attribuait la responsabilité de tous les maux de l’époque.
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Dans une Europe qui vieillit et souffre de pénuries de main-d’œuvre, l’immigration de travail ne va pas cesser et doit être encadrée. L’accueil et l’intégration rapide des exilés ukrainiens en Europe, comme une majorité de réfugiés syriens en Allemagne, démontrent aussi que le droit d’asile et les politiques d’intégration conservent toute leur pertinence.
Lorsqu’elles promettent de résoudre tous les problèmes, de la criminalité aux angoisses identitaires, les politiques migratoires ne peuvent qu’échouer. Au mieux, elles sont une mauvaise réponse à de bonnes questions. Au pire, elles entretiennent la fiction, délétère pour la cohésion sociale et pour la prospérité de l’Europe, que tous les problèmes sont causés par l’immigration. Et, dans tous les cas, à force d’annoncer ce qu’ils ne peuvent réaliser, les gouvernements décrédibilisent l’action publique et créent les conditions d’une frustration dont personne ne sort gagnant.
Antoine Pécoud est professeur de sociologie à l’université Sorbonne-Paris Nord, affilié à l’Institut Convergences Migrations, membre de l’Institut universitaire de France ;
Hélène Thiollet est chercheuse CNRS au Centre de recherches internationales de Sciences Po, affiliée à l’Institut Convergences Migrations.
Antoine Pécoud (Sociologue) et Hélène Thiollet (Politiste)
Immigration : l’inquiétante précipitation de Bruno Retailleau
Éditorial
Le Monde
L’urgence du ministre de l’intérieur à se poser en défenseur d’un pays prétendument assiégé par des hordes d’immigrés ne fait que renforcer le hiatus démocratique, quand deux tiers des Français ont écarté l’extrême droite au second tour des législatives. Et son discours simpliste fait le miel du RN, en embuscade.
Publié le 25 septembre 2024 à 10h29 https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/09/25/immigration-l-inquietante-precipitation-de-bruno-retailleau_6332940_3232.html
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Trois jours après l’annonce de la composition du gouvernement de Michel Barnier, les Français ignorent toujours si leurs impôts vont être augmentés, si leurs services publics vont être affaiblis, si la politique de transition climatique va être poursuivie, si la lutte contre la « trappe à bas salaires » va être engagée. Le nouvel exécutif ayant été constitué après un été entier de jachère, sans la moindre discussion sur le fond, des réponses à ces questions ne devraient être apportées que mardi 1er octobre, devant les députés, lors du discours de politique générale du nouveau premier ministre. Mais il aura fallu moins de quarante-huit heures au ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, pour exposer urbi et orbi son programme, mettant en exergue son sujet de prédilection, l’immigration.
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« Trop c’est trop ! (…) Un pays n’est pas un hall de gare », a-t-il déclaré au Figaro, le 24 septembre affirmant sa volonté de donner un « coup d’arrêt » au « désordre migratoire », avant une longue interview au « 20 heures » de TF1 au cours de laquelle il a présenté la France comme « le pays le plus attractif d’Europe » et envisagé une nouvelle loi. Moins d’un an après le crash politique du projet de loi Darmanin, M. Retailleau voudrait visiblement en ressusciter les nombreuses dispositions censurées par le Conseil constitutionnel. Cette précipitation de l’ancien chef des sénateurs Les Républicains à se pousser du col pour se poser en défenseur d’un pays prétendument assiégé par des hordes d’immigrés est doublement inquiétante.
D’abord parce qu’elle met en lumière le hiatus démocratique consécutif aux élections législatives anticipées : alors que les deux tiers des Français ont écarté, au second tour, le Rassemblement national et son instrumentalisation délétère de la xénophobie, ils se retrouvent avec un ministre de l’intérieur qui, à peine nommé, enclenche les mêmes sirènes.
Il ne dit pas la vérité
Ensuite parce que Bruno Retailleau, tout à son excitation d’accéder aux commandes de Beauvau, ne dit pas la vérité : c’est bien mal connaître les nombreux motifs qui poussent à l’exil, le caractère erratique des trajets migratoires et les risques mortels endurés que d’affirmer que les étrangers choisissent la France pour la générosité de sa protection sociale ; c’est feindre d’ignorer la chaîne de raisons – notamment diplomatiques et liées à des engagements internationaux – qui entravent les reconduites à la frontière d’étrangers sans papiers que de faire croire que les directives musclées données aux préfets qu’il a annoncées vont y changer quoi que ce soit. Si ce n’est nourrir un discours simpliste – et des résultats médiocres – dont le Rassemblement national, en embuscade, fera finalement son miel.
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Le fait que la question de l’immigration taraude l’opinion française et qu’elle exige une politique claire – principalement européenne et internationale – et un discours de vérité n’est guère douteux. Il suffit d’observer la plupart des pays développés pour se convaincre que ce n’est pas en niant cette évidence, ou en la réduisant à du « racisme », comme tend à le faire une partie de la gauche, que l’on combattra la jalousie sociale, la peur du déclassement, les préjugés et les mensonges qui transforment ce sujet en un puissant instrument politique. Mais jeter en pâture les immigrés en lever de rideau d’une nouvelle et incertaine législature ne peut qu’alimenter la flamme déjà vivace du Rassemblement national, valider son utilisation des étrangers comme boucs émissaires, et préparer le terrain à ses énièmes surenchères.
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