A l’hôpital, un tiers des postes ne sont pas occupés par un médecin titulaire
Certaines spécialités sont plus touchées que d’autres par cette absence de titulaires, comme la psychiatrie, avance le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E).
19/09/2024 Par Louise Claereboudt
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35%. C’est le pourcentage de postes qui restaient inoccupés par un médecin titulaire (temps plein et temps partiel réunis) au 1er janvier 2024, d’après un calcul du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi relayé par Le Monde. Alors que l’hôpital peine à s’extraire de la crise dans laquelle il s’est enlisé, l’organisation précise que ce chiffre s’est stabilisé par rapport à l’année précédente, après une dégradation continue sur les 15 dernières années. Ainsi, en 2008, 20% des postes hospitaliers n’étaient pas occupés par un médecin titulaire.
Ce constat cache d’importantes disparités entre les spécialités, certaines étant plus touchées que d’autres par l’absence de titulaires. Ainsi, les postes en psychiatrie n’étaient occupés qu’à 52% par des titulaires en 2024, contre près de 75% il y a dix ans, rapporte le quotidien du soir.
Ces données ne signifient pas que les postes sont littéralement vacants. Ils sont en grande partie occupés par des contractuels (intérimaires, contrats courts…). « Les contractuels sont nécessaires, mais en avoir trop, cela déstabilise les hôpitaux qui ont besoin d’équipes stables », signale la Dre Anne Geffroy-Wernet, présidente du SNPHAR-E, interrogée par Le Monde. Selon elle, la tendance « reste extrêmement alarmante ».
Si les postes vacants dépendent aussi des postes que les hôpitaux décident d’ouvrir, selon les stratégies d’établissements ou les difficultés budgétaires, la présidente du syndicat regrette que le « choc d’attractivité » qui avait été promis « n’[ait] pas eu lieu ».
[avec Le Monde]
A l’hôpital, plus d’un tiers des postes de praticien sans titulaire
La situation s’est dégradée ces dernières années, signe d’un manque d’attractivité de ces métiers, selon les syndicats. Mais ce chiffrage ne permet pas de savoir quelle est la part de ces emplois occupés par des contractuels.
Par Camille StromboniPublié le 17 septembre 2024 à 13h00, modifié le 18 septembre 2024 à 09h11
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C’est l’un des marqueurs de la crise de l’hôpital : les praticiens hospitaliers continuent de manquer dans les services, année après année, avec de nombreux postes sans titulaire. Mais combien, exactement ? Alors que le Centre national de gestion (CNG), organisme ministériel chargé des concours et des carrières des praticiens, ne fait plus mention de ce recensement dans ses documents officiels depuis deux ans, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E) a, lui, obtenu et agrégé ces données, au 1er janvier 2024.
Selon ses calculs, 35 % des postes restent inoccupés par un médecin titulaire (temps plein et temps partiel réunis). Un chiffre qui s’est stabilisé par rapport à l’année précédente, après une dégradation continue sur les quinze dernières années. En 2008, ces postes vacants représentaient 20 % des postes ouverts dans les hôpitaux. Certaines spécialités sont plus fortement touchées par la désaffection, comme la psychiatrie, qui voit sa situation s’aggraver encore, avec 52 % de postes occupés en 2024, contre près de 75 % il y a dix ans.
« Le “choc d’attractivité” promis n’a pas eu lieu »
« La tendance reste extrêmement alarmante », soutient l’anesthésiste Anne Geffroy-Wernet, présidente du SNPHAR-E, tout en reconnaissant des limites à ce chiffrage. Les postes vacants sont en partie occupés par des praticiens contractuels. C’est l’argument avancé par le CNG pour refuser de publier les statistiques sur le sujet, alors qu’il ne dispose pas des données sur les contractuels. En juillet, dans son rapport annuel, il faisait état de 48 552 médecins hospitaliers en exercice au 1er janvier 2024, soit un nombre en augmentation de 13,5 % sur la dernière décennie. « Les contractuels sont nécessaires, mais en avoir trop, cela déstabilise les hôpitaux qui ont besoin d’équipes stables », souligne la docteure Geffroy-Wernet.
Autre limite : les postes vacants dépendent aussi des postes que les hôpitaux décident d’ouvrir, selon les stratégies d’établissements ou les difficultés budgétaires, explique-t-on au SNPHAR-E. « Mais on voit bien, quoi qu’il en soit, que le “choc d’attractivité” promis n’a pas eu lieu », soutient Anne Geffroy-Wernet. Son syndicat regrette, depuis des mois, que les négociations avec le gouvernement sur l’attractivité du métier n’avancent pas, alors que ni le plan du Ségur de la santé (2020) ni la réforme, plus technique, du statut de praticien hospitalier, appliquée depuis 2022, n’ont permis de renverser la tendance.