« Avant d’être destitué » : Marine Tondelier prévoit la démission d’Emmanuel Macron dans la presse espagnole
L’Espagne, ça vous gagne
Par Marianne
Publié le 23/09/2024 à 17:51
Dans un entretien accordé au média national espagnol « El País », la secrétaire nationale des Écologistes affirme qu’Emmanuel Macron finira par quitter le pouvoir de sa propre initiative et affirme que le gouvernement Barnier est mort dans l’œuf.
On dit parfois un peu gratuitement que les Espagnols ont le sang chaud. Il apparaît que les Français l’ont aussi quand ils s’expriment dans leurs colonnes. Dans un entretien accordé au plus grand quotidien d’Espagne El País, la patronne des Écologistes Marine Tondelier tire à boulets rouges sur Emmanuel Macron, donne sa version de la gestion post-dissolution, et ne prédit pas un grand avenir au nouveau locataire de Matignon.
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Et la conseillère régionale des Hauts-de-France donne le ton dès le début du papier. Interrogée sur la temporalité de la nomination d’un Premier ministre puis d’un gouvernement, plus de deux mois après la dissolution de l’Assemblée nationale, Marine Tondelier pose les termes du débat : « C’est un moment grave car il remet en cause la confiance que l’on peut avoir dans le résultat d’une élection. »
Une petite musique qui suit ce que beaucoup de membres du Nouveau Front populaire (NFP) ont exprimé sur les réseaux sociaux, arguant que leurs électeurs ne comprennent pas que le NFP ne soit pas aux manettes, alors que la gauche est arrivée en tête à l’issue des législatives. Elle le dit, d’ailleurs, dans son résumé : « Nous avons fait ce que nous devions faire : nous’ avons élaboré un programme commun en un temps record, nous avons mené une excellente campagne et nous avons gagné. »
OBSTACLES À VENIR
Elle rejette ensuite la responsabilité de la non-nomination de Lucie Castets sur Emmanuel Macron, expliquant que la censure dont aurait pu être victime la candidate du NFP « aurait dépendu des votes de ses propres députés », explicitant une forme d’hypocrisie macronienne. Sur le gouvernement Barnier, elle n’oublie pas de préciser que celui-ci bénéficie du « regard complaisant du Rassemblement national (RN) », décrivant Marine Le Pen comme une « complice » qui « opte toujours pour le camp des puissants ».
Surtout, la verte se lâche sur l’avenir politique du président de la République. Interrogée sur la procédure de destitution lancée par La France insoumise, qui ne devrait pas passer et que ses alliés du NFP ne prévoient pas de voter, Marine Tondelier botte en touche tout en allant plus loin : « Je pense qu’il est possible qu’il démissionne avant d’être destitué de ses fonctions. » Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait « pas de meilleure option que Lucie Castets ». Heureusement, la destitution d’Emmanuel Macron n’est pas le seul vote sur lequel la gauche doit
s’exprimer : faut-il oui ou non voter le texte du RN pour abroger la réforme des retraites ? Interrogée à ce sujet, Marine Tondelier n’écarte pas cette hypothèse : « Nous avons rempli notre devoir de stopperl’avance du Rassemblement national, tant nous que nos électeurs. Et aujourd’hui, nous légiférerons pour le peuple français. C’est ce qui guidera nos décisions ».