L’industrialisation du Pacte vert.

Une nouvelle Commission européenne qui préserve le Pacte vert

Les 26 nouveaux commissaires européens désignés par Ursula von der Leyen se partagent des portefeuilles réorganisés et plusieurs d’entre eux vont avoir un rôle majeur à jouer dans l’industrialisation du Pacte vert.

Gouvernance  |  18.09.2024  |  F. Roussel https://www.actu-environnement.com/ae/news/nomination-commissaire-europeen-44736.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzYxMw%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

Une nouvelle Commission européenne qui préserve le Pacte vert

© Parlement européenPrésentation du casting des commissaires européens par Ursula Von Der Leyen le 17 septembre 2024

Ils se partagent ainsi 26 portefeuilles, chacun attribué à un représentant d’un État membre. Ce collège doit encore être approuvé par le Parlement européen qui entame donc une série d’échange et d’audition avec chacun des commissaires proposés. La commission « Von der Leyen II » prendra officiellement ses fonctions le 1er décembre.

Cap sur l’industrialisation du pacte vert

Ursula von der Leyen l’avait signifié dans son discours électoral, les prochaines années seront consacrées à l’industrialisation du Pacte vert. Les nouveaux périmètres et intitulés des portefeuilles l’illustrent avec une approche transversale de ce sujet. « La toile de fond est la compétitivité dans la double transition, a expliqué la présidente lors de la présentation de l’organigramme le 17 septembre, se targuant d’avoir « démoli les anciens silos rigides » pour « construire une économie compétitive, décarbonée et circulaire – avec une transition équitable pour tous ».

Ainsi, Teresa Ribera (Espagne – S&D) sera en charge de la « transition propre, juste et compétitive ». « Elle guidera les travaux pour veiller à ce que l’Europe reste sur la bonne voie de ses objectifs énoncés dans le Pacte vert pour l’Europe. Et que nous décarbonions et industrialisions notre économie en même temps. », précise Ursula von der Leyen. L’industrie est aussi une prérogative attribuée à Stéphane Séjourné (France – Renew). Le représentant français sera chargé de « la prospérité et de la stratégie industrielle ».

Pour le député européen Pascal Canfin (France – Renew), ce sont bien ces deux commissaires qui devront poursuivre le green deal : « On réussira si cela devient une politique commerciale et économique. Ces leviers sont dans les périmètres de Thérésa Ribera et Stéphane Séjourné. Je vois ces deux portefeuilles comme étant très complémentaires et non pas en concurrence », estime-t-il. Terry Reintke, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, y voit un signe positif : « Le danger aurait pu être de cloisonner le Pacte vert sans que cela ait de lien direct avec la politique de l’économie et de l’industrie. Cela a été évité (…). Il faudra toutefois que les commissaires travaillent ensemble, quelle que soit leur famille politique, ce ne sera pas simple mais c’est la meilleure façon de garder le Pacte vert parmi les priorités des priorités. »

Le climat ne change pas de main

Mais qui dit décarbonation de l’industrie dit énergie et climat. Les commissaires espagnol et français devront donc composer avec le Danois Dan Jørgensen (S&D), potentiel Commissaire à l’énergie et…. au logement, une nouveauté notable. « Ses travaux contribueront à faire baisser les prix de l’énergie, à investir dans l’énergie propre et s’assurer que nous réduisons nos dépendances. Il sera le tout premier commissaire au logement, examinant tous les aspects, de l’efficacité énergétique à l’investissement et à la construction », fait remarquer la présidente de la Commission.

Contrairement à l’exécutif français qui se fait toujours attendre, celui de l’Europe prend forme. La présidente de la Commission européenne réélue il y a deux mois, Ursula von der Leyen, a présenté au Parlement son casting pour la composition du collège de commissaires. Ces derniers seront chargés de proposer de nouvelles législations au cours des cinq prochaines années conformément à la politique générale que souhaite mener la présidente.

Le commissaire chargé du climat aura également son mot à dire. Il pourrait s’agir du néerlandais Wopke Hoekstra (PPE) comme c’est le cas depuis 2023. On peut donc s’attendre à de la continuité sur la question.  « Il continuera à travailler sur la mise en œuvre et l’adaptation, sur la diplomatie climatique et la décarbonation. Et il sera également responsable de la fiscalité », a précisé Ursula von der Leyen. Favorable à la mise en place d’un jalon de réduction des émissions carbone à -90% pour 2040, le commissaire ne tardera sans doute pas à travailler sur le projet de directive climat promis par la présidente.

La résilience hydrique et l’économie circulaire mis en lumière

Le portefeuille de l’agriculture et de l’alimentation atterrit dans les mains de Christophe Hansen (Luxembourg – PPE) et celui des transports – auquel a été greffé le tourisme durable – sera la prérogative de Apostolos de Tzitzikostas (Grèce – PPE).

Un portefeuille intitulé « Environnement, résilience hydrique et économie circulaire compétitive » fait son apparition et met en avant de nouvelles priorités. Jessika Roswall (Suède – PPE) est désignée pour le prendre en charge. « Elle aura un travail important pour aider à préserver notre environnement et inscrire la nature dans notre bilan économique. Elle contribuera au développement d’une économie circulaire et plus compétitive. Et elle dirigera les travaux sur la résilience en matière d’eau, ce qui est une grande priorité pour les années à venir », détaille Ursula von der Leyen. Si Jessika Roswall se dit prête à un « travail intense » sur le sujet, elle va devoir faire ses preuves notamment sur le plan de la biodiversité. Son pays n’a en effet pas fait preuve d’ambition en la matière au sein du Conseil de l’UE. Il s’est notamment prononcé contre le règlement de restauration de la nature. Un texte qu’elle va devoir désormais défendre et faire appliquer.

Par contre elle n’aura pas à sa charge les enjeux liés à l’océan qui intègrent le portefeuille de la pêche et pourraient être à la charge de Costas Kadis (Chypre). « Je compte sur son expérience pour aider à construire un secteur résilient, compétitif et durable et présenter le premier Pacte européen pour les océans », précise la présidente de la Commission. Un regroupement bien vu par Pascal Canfin qui y voit un ensemble cohérent pour préparer le futur « Ocean deal ». La présidente compte en effet sur un nouveau « pacte pour les océans européens », afin de soutenir l’économie bleue et renforcer la protection des espaces maritimes.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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