Les substances chimiques dans notre corps proviennent aussi des emballages alimentaires ou ustensiles de cuisine.

Plus de 3 600 produits chimiques d’emballages alimentaires ou d’ustensiles détectés dans le corps humain

Risques  |  Aujourd’hui à 15h32  |  F. Gouty

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Plus de 3 600 produits chimiques d'emballages alimentaires ou d'ustensiles détectés dans le corps humain

© s-motive

La science avance et ses constats semblent toujours plus alarmants. Dans une étude (1) publiée le 17 septembre dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, une équipe de chercheurs suisses et américains a réévalué à la hausse le nombre de produits chimiques en contact alimentaire (FCC) retrouvés dans le corps humain, dont certains sont déjà considérés comme « extrêmement préoccupants ».

Pour ce faire, les chercheurs ont dressé la liste de tous les FCC, et leurs métabolites, référencés par les industriels des emballages alimentaires et ustensiles de cuisine, soit 14 400 substances au total. Puis ils l’ont confronté aux FCC dont la présence a été détectée dans le corps humain (sang, urine, cheveux, lait maternel) au sein d’un corpus de données médicales comprenant cinq programmes de biosurveillance (aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Corée du Sud) et trois banques de données universitaires sur l’exposome et le métabolome. Quant aux FCC restants recensés nulle part dans ce corpus, les chercheurs ont passé la littérature scientifique au crible pour trouver d’autres occurrences spécifiques.

Résultat ? Environ un quart de tous les FCC, 3 601 pour être exact, ont été détectés dans le corps humain. C’est au moins deux fois plus qu’escompté jusque-là par la communauté scientifique. « Plus de 1 800 FCC étaient jusqu’ici connus pour migrer des produits alimentaires [vers le corps humain lors de l’ingestion des aliments] », soulignent les auteurs de l’étude, dont la méthode a, certes, pu aussi repérer des FCC présents également dans la composition d’objets non alimentaires. Quoi qu’il en soit, parmi les quelque 3 600 FCC repérés dans le corps humain, la nouvelle base de données (2) ainsi constituée par les chercheurs recense le bisphénol A, des phtalates, des PFAS, de la résine de mélanine ou encore des encres d’impression et des antioxydants synthétiques. En tout, 80 substances sont déjà considérées comme potentiellement cancérogène, mutagène ou reprotoxique, voire comme perturbateur endocrinien.

Du plastique jusque dans le cerveau

Deux autres études viennent, par ailleurs, épaissir davantage l’ombre à ce tableau. Des chercheurs allemands et brésiliens ont identifié jusqu’à seize microparticules de polymères synthétiques différents (entre 5,5 et 26,4 μm de diamètre) dans le bulbe olfactif de huit personnes décédées, originaires de São Paulo, sur quinze. Une confirmation supplémentaire (3) du caractère aéroporté de certains microplastiques et de leur contamination par les voies nasales jusqu’au cerveau. Enfin, une enquête (4)menée par cinq ONG européennes (notamment Zero Waste Europe), et relayée par l’Agence européenne de l’environnement (AEE), atteste de la présence du phtalate de diisobutyle (DIBP) dans les trois quarts des bouteilles en plastique de boissons destinées aux enfants (vendues dans plusieurs pays d’Europe). Ce plastifiant présente des propriétés potentiellement reprotoxiques et de perturbation endocrinienne.1. Consulter l’étude sur les FCC
https://www.nature.com/articles/s41370-024-00718-22. Accéder à la nouvelle base de données sur les FCC
https://www.foodpackagingforum.org/fcchumon3. Consulter l’étude sur les microplastiques
https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/28237874. Consulter l’enquête des ONG
https://www.tegengif.nl/wp-content/uploads/2024/09/report_plastic_drinking_bottles_2024.pdf

Santé : emballages, ustensiles… 3 601 produits chimiques dans le corps

France Info 17 Septembre 2024

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/sante-emballages-ustensiles-3-601-produits-chimiques-dans-le-corps_6786838.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D-

— Une étude assez inquiétante, publiée mardi 17 septembre, a recensé toutes les substances chimiques qui se trouvent dans notre corps

Ils se sont immiscés dans nos assiettes de manière invisible et insidieuse. Les polluants éternels, les phtalates, le bisphénol… Des substances chimiques que l’on retrouve en très grande quantité dans notre organisme. 3 601 au total selon une étude publiée mardi 17 septembre. Elles sont détectées dans notre sang, notre peau ou encore notre plasma. Les composants nocifs proviennent des matériaux qui entrent en contact avec les aliments comme les poêles par exemple.  

Marge de manœuvre faible pour les consommateurs 

Au-delà des ustensiles de cuisine, les emballages alimentaires contiennent aussi des substances chimiques. Parmi toutes celles détectées, 80 sont considérées comme extrêmement préoccupantes pour la santé. Une association de consommateurs réclame une réglementation plus contraignante. Du point de vue du consommateur, la marge de manœuvre est faible. Il est possible d’éviter les emballages en consommant du vrac par exemple. Une solution trop limitée face à un problème beaucoup plus vaste.  

Parmi Nos sources

Étude du Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology 

Au moins 3 601 produits chimiques présents dans notre corps proviennent d’emballages ou d’ustensiles de cuisine

Des scientifiques sont partis de la base de données des molécules entrant en contact avec les denrées alimentaires pour chercher leur présence dans nos organismes. Leur évaluation atteint le double des estimations précédentes. 

Par Publié hier à 02h00, modifié hier à 09h13

Temps de Lecture 3 min.

Aliments  dans des emballages en plastique.
Aliments dans des emballages en plastique.  OLIVIER MORIN / AFP

Polluants éternels, bisphénols, phtalates, métaux lourds, pesticides, composés organiques volatils… au moins 3 601 substances chimiques dont certaines particulièrement dangereuses pour la santé retrouvées dans notre corps proviennent de matériaux entrant en contact avec les aliments tels les emballages ou les ustensiles de cuisine.

Ce décompte impressionnant est issu d’une étude inédite publiée mardi 17 septembre dans le Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology. Elle rend compte de « l’exposition généralisée de l’homme aux produits chimiques entrant en contact avec les denrées alimentaires [FCC pour food contact chemicals, en anglais] ». Une exposition largement sous-estimée : 3 601, c’est deux fois plus que ce que l’on pensait jusqu’ici.

Cette nouvelle évaluation est le fruit d’une collaboration internationale entre des chercheurs du Food Packaging Forum (fondation basée à Zurich), de l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau ou encore de l’Institute of Environmental Health Science de la Wayne University (Detroit, Etats-Unis).

Pour parvenir à cette estimation, les auteurs ont procédé à un examen systématique des molécules en contact avec des aliments qui ont été contrôlés et détectés dans des études de biosurveillance humaine. Selon la littérature scientifique, un peu plus de 14 000 FCC ont aujourd’hui été identifiés. Ils ont été recherchés dans cinq programmes de biosurveillance (en Europe, en Amérique du Nord et en Corée du Sud) et trois bases de données sur l’exposome (l’ensemble des expositions tout au long de la vie) et le métabolome (l’ensemble des métabolites trouvés dans un échantillon biologique). A partir des FCC les plus fréquemment détectés dans les matériaux en contact avec les aliments, ils ont ensuite pu cartographier pour la première fois les preuves disponibles de leur présence dans l’organisme.

Lire aussi (2021) : Des polluants « éternels » dans les emballages à usage unique de la restauration rapide

Résultat, pour environ un quart (3 601) des 14 402 FCC répertoriés, les chercheurs ont mis en évidence des preuves de leur présence dans des échantillons biologiques (sang, urine, sérum, peau, plasma…). Plus inquiétant encore, environ 80 de ces composés chimiques entrant en contact avec les aliments appartiennent à la catégorie des substances dites extrêmement préoccupantes. Selon la classification de l’Agence européenne des produits chimiques, il s’agit de substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ou de substances persistantes, bioaccumulables et toxiques.

Des matériaux « pas totalement sûrs »

« L’un des principaux problèmes reste le bisphénol A, qui continue à être utilisé dans les revêtements des bouteilles, boîtes de conserve ou des canettes, commente Jane Muncke, du Food Packaging Forum, l’une des coautrices de l’étude. L’Union européenne a un projet de règlement en préparation, mais, même s’il est adopté rapidement, il prévoit des périodes de transition d’au moins trois ans. Les gens continueront donc à être exposés au bisphénol A dans les matériaux en contact avec les aliments pendant un certain temps. »

Lire aussi |    Le bisphénol A produit des effets délétères même à très faibles doses

Parmi les autres substances préoccupantes qui migrent dans l’organisme, on retrouve les phtalates des bouteilles en plastique, les encres d’impression de pots pour bébés, les résines de mélamine de la vaisselle en plastique ou encore les très nombreuses PFAS des poêles antiadhésives, des moules à muffins, ou des emballages de la restauration rapide : boîte à burger, kebab ou pizza ; cornets à frites ou pop-corn, pailles ; bol ou assiette à base de fibres végétales…

« Ce travail met en évidence le fait que les matériaux en contact avec les aliments ne sont pas totalement sûrs, même s’ils sont conformes à la réglementation, parce qu’ils sont une source de transfert de produits chimiques dangereux à l’homme, commente Birgit Geueke, membre de l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau, coautrice de l’étude. Nous aimerions que cette nouvelle base de données en accès libre soit utilisée par les autorités publiques, les industriels et les chercheurs en santé publique pour améliorer la sécurité de tous ces emballages ou ustensiles de cuisine en contact avec les aliments, à la fois en termes de réglementation et de développement d’alternatives plus sûres. »

Lire aussi l’enquête (2023) |  « Polluants éternels » : explorez la carte d’Europe de la contamination par les PFAS

Les chercheurs tirent également le signal d’alarme pour une catégorie de substances chimiques pour laquelle les études sur leur danger potentiel font encore défaut : les antioxydants synthétiques. L’étude montre qu’ils sont régulièrement trouvés dans les emballages ou les récipients des plats à emporter en plastique. Le 2,4-di-tert-butylphénol est un exemple de produit de dégradation courant d’antioxydant synthétique qui fait actuellement l’objet d’une évaluation en tant que perturbateur endocrinien.

« Nous savions déjà que les coûts sociaux des maladies dues aux substances chimiques qui perturbent le système hormonal sont importants et dépassent plus de 100 milliards d’euros par an en Europe, commente Leonardo Trasande, directeur du Centre d’investigation des risques environnementaux à l’université de New York, qui n’a pas participé à l’étude. Bon nombre des substances chimiques ajoutées par cette étude n’ont pas été prises en compte dans ces travaux antérieurs et les coûts sont donc probablement encore plus élevés. »

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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