La conférence des Doyens de médecine remet en cause les deux nouvelles voies d’accès aux études de santé. 

« Illisible » et « trop complexe » : la réforme de l’entrée dans les études de santé critiquée par les doyens

La conférence des doyens de médecine, jeudi 12 septembre, a remis en cause la réforme de 2020, qui a créé deux nouvelles voies d’accès aux études de santé. 

Par Publié le 13 septembre 2024 à 11h36, modifié le 14 septembre 2024 à 07h12 https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/09/13/illisible-et-trop-complexe-la-reforme-de-l-entree-dans-les-etudes-de-sante-taclee-par-les-doyens_6315935_3224.html

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Il est urgent d’avoir « un arbitre » au sujet de la réforme de l’entrée dans les études de santé, et « nous ne l’avons pas aujourd’hui », a regretté Benoît Veber, coprésident de la conférence des doyens de médecine, jeudi 12 septembre. A l’occasion d’une conférence de presse de rentrée, le doyen de la faculté de Rouen a rappelé, pour la deuxième année de suite, les conséquences jugées inquiétantes de la création, en 2020, de deux nouvelles voies d’accès, le parcours d’accès spécifique santé (PASS) et les multiples licences avec option accès santé (L.AS).

Ces filières rénovées avaient mis fin à la première année commune préparatoire aux études de santé (Paces). Le but était de diversifier les profils des étudiants et de démontrer l’apport, en sus d’études de santé, d’une formation parallèle dans une autre licence à même d’enrichir les compétences de futurs praticiens amenés à rencontrer des situations humaines très différentes, face aux défis des maladies chroniques, du vieillissement de la population ou de la révolution de l’intelligence artificielle.

« Nous souhaitons une simplification et une lisibilité de l’accès aux études de santé. Actuellement, ce n’est pas lisible, sauf pour un spécialiste », a poursuivi le doyen en rappelant que la ministre de l’enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, avait écarté l’hypothèse d’une nouvelle « réforme sur la réforme ».

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La conférence des doyens propose que les universités choisissent une voie unique de formation : soit celle de l’offre « tout L.AS » soit celle du PASS avec possibilité d’intégrer une L.AS seulement en deuxième année et non dès la première année, de façon à conserver cette « deuxième marche » introduite par la réforme qui permet aux étudiants éconduits de retenter le concours un ou deux ans plus tard, en L.AS 2 ou en L.AS 3.

« Les promotions sont hétérogènes »Autre aspiration des doyens : que les admis en deuxième année de médecine, pharmacie, maïeutique et odontologie aient bénéficié du même volume d’enseignement dans les matières biomédicales. Actuellement, « les promotions sont hétérogènes », avec des étudiants issus du PASS ayant bénéficié de quatre cents heures et ceux issus des différentes L.AS qui n’en ont eu que cent. Le taux de redoublement des L.AS se situe entre 30 % et 40 % alors que celui des étudiants venus du PASS est quasiment nul.

Enfin, la conférence veut « régler le problème de l’interclassement des différentes L.AS » que les facultés de santé abordent très différemment et sans que les étudiants comprennent comment ils ont été départagés. Pour Benoît Veber, la seule solution serait d’instaurer une épreuve commune à tous les L.AS sur un enseignement dans une discipline biomédicale.

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Pas du tout convaincu par la réforme, venue « casser » en 2020 une expérimentation d’alternative à la Paces qu’il menait, le doyen de la faculté de santé de Sorbonne Université, Bruno Riou, a critiqué un projet fondé sur « une idéologie, améliorer la diversité des étudiants, mais sans beaucoup de concertation avec les doyens »« Dans mon établissement, 90 % des étudiants de L.AS ont d’abord subi un échec en PASS… Comment peut-on dire qu’on a pu modifier le recrutement ? », a interrogé l’autre coprésident de la conférence des doyens.

Attendu au début de 2024, un audit de la Cour des comptes devrait finalement être rendu public à l’automne, a expliqué Benoît Veber. Il devrait évoquer la mauvaise perception de la réforme par les lycéens et leurs familles, mais aussi l’expérience « dévalorisante » vécue par les étudiants des L.AS, qui auraient une vision négative de leur propre formation.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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