Un vaccin contre le Cytomégalovirus chez l’enfant pour éviter le glioblastome (le cancer du cerveau le plus fréquent)

Un virus courant est à l’origine d’un grave cancer du cerveau, le glioblastome

Par Pierre Kaldy le Ecouter 3 min. https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/un-virus-courant-est-a-l-origine-d-un-grave-cancer-du-cerveau-le-glioblastome_178846

Le glioblastome, cancer du cerveau le plus fréquent et de plus mauvais pronostic, est dû à un virus courant, le cytomégalovirus, révèle une longue enquête.

Modélisation du cytomégalovirus (CMV)

Modélisation du cytomégalovirus (CMV)

KATERYNA KON / SCIENCE PHOTO LIBRA / KKO / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

Le glioblastome, cancer du cerveau le plus fréquent et de plus mauvais pronostic, est dû à un virus courant, le cytomégalovirus (ou CMV), révèle une longue enquête menée par le virologue médical Georges Herbein et son équipe au CHU de Besançon et à l’Université de Franche-Comté. Ces travaux ont été publiés dans la revue Cancer Gene Therapy.

La piste du CMV, ancienne mais pas démontrée jusqu’à présent

« La piste n’est pas nouvelle, elle a émergé il y a une vingtaine d’années quand du CMV a été identifié dans la majorité des glioblastomes bien qu’en très faible quantité », précise le spécialiste de la maladie François Ducray au service de neuro-oncologie des Hospices Civils de Lyon.

Pour démontrer le rôle causal du virus, les chercheurs ont isolé le virus de biopsies de la tumeur lors de son opération chez trois patients et montré qu’il était capable de transformer en quelques mois in vitro des cellules du cerveau humain en cellules cancéreuses typiques de la maladie. Une fois transférées dans le cerveau de souris, ces cellules ont bien donné un glioblastome mortel.

Scanner d\'un glioblastome (en jaune) dans le cerveau d\'un patient octogénaire

Scanner d’un glioblastome (en jaune) dans le cerveau d’un patient octogénaire. Crédits : DR P. MARAZZI / SCIENCE PHOTO LIBR / PMA / Science Photo Library via AFP

Pourquoi ce virus courant devient-il cancérigène chez certains ?

Point crucial, l’évolution plus ou moins rapide de la maladie chez les animaux a reflété celle qui avait été observée chez les patients porteurs de CMV différents, preuve que le virus joue un rôle déterminant.

Pourquoi le CMV qui infecte près de la moitié de la population française devient-il cancérigène chez certaines personnes ? « Nous ne le savons pas encore mais des mutations pourraient intervenir », précise Georges Herbein.

« Ce virus s’installe à vie dans l’organisme »

L’infection se fait durant la prime enfance par des gouttelettes de salive et ne présente le plus souvent aucun symptôme. « Comme les autres herpès virus, le CMV s’installe à vie dans l’organisme et se réactive par poussées occasionnelles », ajoute le chercheur. Cette découverte offre des pistes de traitement contre ce cancer du cerveau actuellement incurable.

« Des essais cliniques sont déjà en cours pour voir si l’utilisation d’un antiviral, le ganciclovir, pourrait ralentir la progression de la maladie mais il n’est pas sûr que le virus soit nécessaire à la progression du cancer par la suite », note François Ducray.

Une solution à plus long terme serait un vaccin contre le CMV. « Il n’existe pas encore mais nous y travaillons », ajoute Georges Herbein. Un tel vaccin chez le jeune enfant permettrait, comme dans le cas du papillomavirus et des cancers du col de l’utérus et oropharyngé, d’éviter un cancer redoutable des décennies plus tard.

Glioblastome : les résultats de l’administration intra-cérébrale de cellules dendritiques et d’une immunothérapie

Dr Joël Pitre | 16 Septembre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/glioblastome-résultats-ladministration-intra-2024a1000gqz?ecd=wnl_all_240916_jim_daily-doctor_etid6832781&uac=368069PV&impID=6832781&sso=true

Les patients porteurs de glioblastomes récidivants de haut-grade (GRHG) ont un pronostic très sombre avec une survie en moyenne comprise entre 30 et 39 semaines. Des équipes de Bruxelles avaient rapportés en 2021 des résultats intéressants de l’administration intra-cérébrale d’ipilumab (IPI) et de nivolumab (NIVO) (1). 

Les cellules dendritiques myéloïdes (CMD) jouent un rôle essentiel en tant que cellules présentatrices d’antigène dans l’initiation d’une réponse tumorale des lymphocytes T au sein de l’environnement tumoral.

Le docteur B. Neyns rapporte au congrès de l’ESMO 2024 les résultats d’une étude de phase I chez des patients porteurs d’un GRHG antérieurement traités (radiothérapie et témozolomide, sous moins de 8mg/j de methylprednisolone) (2). Les CMD (5, 10, ou 20 X 106 cellules) étaient obtenues par leucaphérèse. En pré-opératoire, 10 mg de NIVO étaient administrés par voie-intra-veineuse.

L’administration intra-cérébrale étaient réalisée soit à la fin de la procédure neurochirurgicale au niveau des marges de la cavité d’exérèse après résection tumorale maximale (CERTM) soit en intra-tumoral à l’occasion d’une biopsie par voie stéréotaxique. IPI (5 mg) plus NIVO (10 mg) étaient co-injectés avec les CMD autour de la CERTM ou lors d’une biopsie par voie stéréotaxique.

En post-opératoire, le NIVO était administré le NIVO était administré dans la CERTM (10 mg) à l’aide d’un réservoir d’Ommaya, et par voie intra-veineuse (10 mg toutes les deux semaines, maximum 11 perfusions). 

21 patients ayant bénéficié d’une co-administration intra-cérébrale

L’étude a enrôlé 21 patients (dont 13 hommes âge médian 49 ans [20-78]). L’administration intra-cérébrale des CMD autologues était réalisée au niveau d’une CERTM pour 19 patients et par voie stéréotaxique pour 2 patients. Respectivement 6, 3, et 12 patients étaient traités par 5, 10 ou 20 X 106 cellules. Tous les participants recevaient le reste du traitement par IPI/NIVO aux doses protocolaires. Le nombre médian d’administration post-opératoire de NIVO était de 7 (0-11) dans la CERTM et de 8 (0-11) par voie intra-veineuse.

Le traitement était interrompu précocement pour progression chez 9 patients et à cause des effets indésirables chez 3 participants. Au 1er mai 2024, 6 patients (29 %) étaient vivants sans progression (dont 3 depuis plus de deux ans). La survie sans progression était supérieure à celle de patients de cohortes plus anciennes traitées par IPI, NIVO ou anti-VEGF : médiane de SSP : 24 mois (IC 95 % 8-39). La survie globale à un an était de 50 % (IC 95 % 24-76). 

Ces résultats sont encore très préliminaires mais montrent que l’administration intra-cérébrale de CMD couplée à IPI/NIVO est faisable, sure, et donne des résultats encourageants nécessitant la poursuite des investigations dans cette voie prometteuse. 

References 

  1. Duerinck J, Schwarze JK, Awada G, et al. Intracerebral administration of CTLA-4 and PD-1 immune checkpoint blocking monoclonal antibodies in patients with recurrent glioblastoma: a phase I clinical trial. J Immunother Cancer. 2021 Jun;9(6):e002296. doi: 10.1136/jitc-2020-002296.
  2. Abstract 4410 – A phase I clinical trial on the intracranial administration of autologous CD1c(BDCA-1)+ /CD141(BDCA-3)+ myeloid dendritic cells (myDC) in combination with ipilimumab (IPI) and nivolumab (NIVO) in patients with recurrent high-grade glioma (rHGG), présenté par Bart Neyns (Bruxelles, Belgique), session des tumeurs du système nerveux central, vendredi 13 septembre, 2024. ESMO Congress 2024, Barcelone, 13-17 septembre.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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