« Urgences : les cliniques privées doivent-elles assurer la permanence des soins l’été ? »
Date de publication : 6 septembre 2024

Juliette Paquier remarque à son tour dans La Croix que« plusieurs hôpitaux avaient alerté cet été, les chiffres le confirment : de nombreux services d’urgences n’ont pas fonctionné au maximum de leur capacité durant la période estivale, selon le baromètre de la Fédération hospitalière de France ».
La journaliste observe que « parmi les 260 établissements publics interrogés, 39% estiment que la situation de leurs urgences s’est dégradée par rapport à 2023. Les raisons avancées sont multiples : le manque de personnels médicaux et paramédicaux, de lits, mais aussi la fermeture des services d’urgences d’autres structures, comme ceux des cliniques privées ».
Juliette Paquier note que « les responsables des trois quarts des hôpitaux publics sondés estiment en effet que ces établissements ne se mobilisent pas ou faiblement pour faire face aux difficultés des urgences. Ils sont en outre 42% à déplorer des fermetures «non anticipées» d’urgences privées, une situation qui contribue à «la fragilisation de l’organisation des soins non programmés» ».
La journaliste indique que Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, « a ainsi appelé lors d’une conférence de presse à une «meilleure répartition de la contrainte en termes de mobilisation des acteurs» du soin, autrement dit une participation plus grande des cliniques privées ».
Juliette Paquier précise que « parmi les 1030 cliniques et hôpitaux privés que compte le territoire, 128 comportaient des services d’urgences, ayant reçu un peu plus de 3 millions de patients en 2023, selon la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) ».
Lamine Gharbi, président de la FHP, ajoute que « 100 centres de soins non programmés privés ont permis en 2023 d’accueillir 1.270.000 patients en consultations non programmées. Nous avons 20% des urgences et nous assurons 20% de l’activité, le compte est bon ».
La journaliste note que « les soins qui y sont délivrés sont gratuits, grâce au tiers payant intégral – il n’y a donc pas d’avances de frais à faire ni de dépassement d’honoraires. Mais «15 à 20%» des prises en charge débouchent sur une hospitalisation, selon le président de la FHP, et donc des recettes pour les établissements privés ».
Juliette Paquier continue : « En théorie, les urgences du secteur privé sont soumises aux mêmes procédures d’autorisation que le public, et donc aux mêmes obligations de permanence des soins ».
Agnès Ricard-Hibon, porte-parole de la Société française de médecine d’urgence (SFMU), déclare que « les cliniques privées doivent pouvoir accueillir 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 un patient qui a une douleur abdominale, par exemple, et lui faire un scanner. Mais en pratique, certaines structures ne font pas les scanners après 20 heures. Ce n’est pas normal ».
La journaliste observe que « sur le terrain, «la situation est assez disparate», précise Sébastien Beaune, médecin aux urgences de l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt : certaines urgences privées fonctionnent à plein régime, tandis que d’autres se concentrent sur la prise en charge de la traumatologie légère, n’ayant pas la capacité d’accueillir des patients avec des pathologies complexes ».
Juliette Paquier note en conclusion que selon l’urgentiste, « le manque de personnel entraîne des fermetures ponctuelles de services d’urgences, quel que soit le statut des établissements, «partout sur le territoire» ».
Urgences : les cliniques privées doivent-elles assurer la permanence des soins l’été ?
Analyse
La Fédération hospitalière de France a indiqué, mardi 3 septembre, que les services d’urgences d’un tiers des hôpitaux publics avaient connu des difficultés pendant la période estivale, appelant à une « meilleure répartition » des soins avec les cliniques privées. Ces structures sont en théorie soumises aux mêmes obligations de permanence des soins que le public.
Lecture en 3 min.

Les services d’un tiers des hôpitaux publics ont connu des difficultés cet été, rappelle la Fédération hospitalière de France mardi 3 septembre.
EDOUARD ROUSSEL / PHOTOPQR/JOURNAL SAONE ET LOIRE/
Plusieurs hôpitaux avaient alerté cet été, les chiffres le confirment : de nombreux services d’urgences n’ont pas fonctionné au maximum de leur capacité durant la période estivale, selon le baromètre de la Fédération hospitalière de France dévoilé mardi 3 septembre. Parmi les 260 établissements publics interrogés, 39 % estiment que la situation de leurs urgences s’est dégradée par rapport à 2023. Les raisons avancées sont multiples : le manque de personnels médicaux et paramédicaux, de lits, mais aussi la fermeture des services d’urgences d’autres structures, comme ceux des cliniques privées.
Les responsables des trois quarts des hôpitaux publics…