Pour la plupart des formations sanitaires, le taux d’abandon en première année augmente sensiblement par rapport au début des années 2010.

Les étudiantes en formation d’infirmière sont trois fois plus nombreuses à abandonner en première année en 2021 qu’en 2011

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2023-05/ER1266_MAJ.pdf

Depuis 2019, le nombre d’étudiantes en première année de formation d’infirmière progresse fortement pour atteindre près de 35 500 en 2021, après être resté globalement stable dans les années 2010, autour de 31 000. Le nombre de diplômées chaque année a cependant baissé de 7 % entre le pic des années 2010 et 2021 (de 26 500 à 24 500), les infirmières diplômées en 2021 n’étant pas encore concernées par la hausse des effectifs des promotions. Le nombre de diplômées en 2021 représente 81 % du nombre d’étudiantes entrées en formation trois ans plus tôt.

En 2021, 10 % des étudiantes ont abandonné leurs études en première année de formation, elles étaient trois fois moins en 2011 (3 %). Sur l’ensemble de la scolarité de la promotion entrée en 2018, 14 % des étudiantes ont abandonné leurs études, soit 3 points de plus que pour la promotion 2011.
Ces abandons sont plus fréquents en Normandie et dans les Pays de la Loire, ainsi que parmi les hommes.

Une étudiante sur dix en première année de formation d’aide-soignante ou de manipulatrice d’électroradiologie médicale a abandonné ses études en 2021. Pour la plupart des formations sanitaires, le taux d’abandon en première année augmente sensiblement par rapport au début des années 2010. Parmi les formations d’une durée de trois ou quatre ans, le taux d’abandon sur toute la scolarité a doublé au cours des années 2010 pour les manipulatrices d’électroradiologie médicale et les pédicures-podologues.

Marion Simon (DREES)

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude sur les abandons en formation d’infirmière et dans les autres formations de santé, de 2011 à 2021, à partir des données de l’enquête annuelle sur les écoles de formation aux professions de santé (enquête « Écoles »). Pour chacune des formations sanitaires du champ de l’enquête, le nombre et le taux d’abandons par année d’études, ainsi que par promotion, sont disponibles.


Forte progression du nombre d’étudiantes en première année de formation d’infirmières depuis 2019

Depuis 2019, le nombre d’étudiantes en première année de formation d’infirmière progresse fortementpour atteindre près de 35 500 en 2021, après être resté globalement stable dans les années 2010, autour de  31 000 (cf. graphique). Le nombre de diplômées chaque année a cependant baissé de 7 % entre le pic des années 2010 et 2021 (de 26 500 à 24 500), les infirmières diplômées en 2021 n’étant pas encore concernées par la hausse des effectifs des promotions. Le nombre de présentées au diplôme en 2021 représente 86 % du nombre d’étudiantes entrées en formation trois ans plus tôt. Cependant, l’écart restant ne peut pas s’interpréter directement comme un taux d’abandon en cours d’études des étudiantes ayant débuté leur formation en première année en 2018. En effet, il ne tient pas compte des événements individuels de scolarité – autres qu’une interruption définitive de la scolarité – pouvant expliquer un allongement ou une diminution de la durée de formation : césure, arrêt maladie, congé maternité, passerelle ou équivalence, redoublement ou échec au diplôme, etc.

Hausse des abandons en cours de scolarité, surtout en première année

En 2021, 10 % des étudiantes ont abandonné leurs études en première année de formation d’infirmière, elles étaient trois fois moins en 2011 (3 %). Le taux d’abandon en deuxième et troisième année est resté également élevé : 7 % en deuxième année et 4 % en troisième année en 2021.

Sur l’ensemble de la scolarité de la promotion entrée en 2018, 14 % des étudiantes ont abandonné leurs études, soit 3 points de plus que pour la promotion 2011. Ces abandons sont plus fréquents en Normandie et dans les Pays de la Loire. Les hommes représentent seulement 13 % des étudiantes en formation d’infirmière en 2021, mais ils abandonnent plus fréquemment leur formation en cours de scolarité. Par extrapolation, en considérant la même répartition du nombre d’abandons entre la première, la deuxième et la troisième année de formation d’infirmière, le taux d’abandon atteindrait environ 18 % pour la promotion 2019 et 22 % pour la promotion 2020.

D’autres formations aux professions de santé également affectées par une hausse des abandons

Une étudiante sur dix en première année de formation d’aide-soignante ou de manipulatrice d’électroradiologie médicale a abandonné ses études en 2021. Pour la plupart des formations sanitaires, le taux d’abandon en première année augmente sensiblement par rapport au début des années 2010. Parmi les formations d’une durée de trois ou quatre ans, le taux d’abandon sur toute la scolarité a doublé au cours des années 2010 pour les manipulatrices d’électroradiologie médicale et les pédicures-podologues ; il est en revanche resté stable pour les masseurs-kinésithérapeutes et les sages-femmes.

Encadré 1 – L’Enquête « Ecoles »

L’enquête « Écoles » a pour objectifs de dénombrer et d’identifier les établissements de formation aux professions de santé non médicales et à la profession de sage-femme, et de recueillir des informations sur le nombre d’étudiants ou élèves en formation (nombre de candidats, nombre d’inscrits, nombre de diplômés, etc.). Elle permet également, depuis 2011, d’estimer le taux d’abandons des étudiants en cours de scolarité dans ces disciplines. Le terme abandon utilisé dans cette étude se réfère aux « interruptions de scolarité sans annonce de report » mesurées dans l’enquête « Écoles ». En effet, pour chacune des formations sont récupérés dans l’enquête les effectifs d’étudiantes qui interrompent leurs études en cours de scolarité sans annoncer de retour, par sexe, par année d’études et par session (de janvier à juillet, et de août à décembre). Ces données permettent d’estimer le taux d’abandon par année d’études pour une année donnée, mais également sur une promotion entière d’étudiants :
–    Pour le calcul du taux d’abandon par année de formation x, on rapporte le nombre d’abandons de l’année N à la somme du nombre d’inscrits à la première session de l’année N et de la moyenne des nombres d’inscrites à la seconde session des années N et N-1 [noté TAx(N)] ;
–    Pour le calcul du taux d’abandon par promotion N, on rapporte la somme des abandons des étudiants d’une même promotion en cours de scolarité au nombre d’étudiants en première année présents à leur rentrée [noté TAP(N)].

Encadré 2 – L’enquête sur les élèves et étudiants en formation aux professions sanitaires et sociales

En parallèle, l’enquête sur les élèves et étudiantes en formation aux professions sanitaires et sociales, dite enquête « Étudiants », permet de dresser leur portrait et de mieux connaître leur parcours scolaire et leurs caractéristiques sociodémographiques. Annuelle de 2003 à 2017, elle est quadriennale depuis 2022. La fin de l’enquête « Étudiants » 2022 ayant eu lieu en mars 2023, les données sont actuellement en cours de traitement et feront l’objet d’une première publication à la fin de l’année 2023.

Pour en savoir plus :

–    Consulter sur le site de la DREES une présentation détaillée des enquêtes « Écoles » et « Étudiants », et retrouver l’ensemble des études réalisées à partir de celles-ci ;
–    Consulter le site Data.drees dans le jeu de données « la formation aux professions de santé » pour y trouver les données sur les formations aux professions sanitaires en 2021, y compris les séries longues 1966-2021.

Commentaires intéressants:

Ces crises régulières à l’hôpital public ne sont pas un problème mais une aubaine pour les gouvernements (de droite comme de gauche). Ça ne date d’ailleurs pas de Macron-Véran : autant Touraine que Bachelot auront tout fait pour bousiller le système public en se frottant les mains.
La manœuvre est simple : on laisse mourir les gens aux urgences ou attendre 6 mois pour consulter un spécialiste, même devant un symptôme alarmant ; le but est de faire admettre en douceur aux français que décidément il va falloir compter sur le secteur libéral si on veut être soigné en temps et en heure. Ceux qui n’ont pas le sou n’ont qu’à aller se faire voir. On va à l’évidence progressivement vers un système à l’américaine. Le Ségur aura été un énorme foutage de gueule. Les grosses industries biomédicales investissent déjà dans les CHU. Bientôt on va les leur vendre.
Deux exemples parmi des milliers : un ophtalmo d’une grosse clinique privée à Marseille, qui ne fait quasiment que de la cataracte (intervention facile et peu risquée) se fait un chiffre d’affaire de 1,5M €/an. Un radiothérapeute dans un CHU que je connais bien, lui, se fait, grâce à son secteur libéral, 800.000 €/an… 
No comments.

(S. V.)

J’étais responsable  universitaire de deux écoles de kiné et d’ergo pendant deux ans. Depuis parcours sup il y a des places vacantes dans les écoles privées et des abandons fréquents en première année alors que cela n’existait pas ou peu avant. 
La fille de ma gardienne d’immeuble (qui est également aide soignante) voulait être infirmière. Elle n’ été  acceptée dans aucune école sur Paris alors que un nombre important d’élèves sont partis au cours du premier trimestre ou du premier stage.
Un choix d’étude imposé par parcours sup possiblement qui ne correspond pas à un vrai choix.
Il y a également sur Sorbonne des postes vacants pour  les études des sages femmes des pharmaciens, des kinésithérapeutes des ergothérapeutes pas pour les médecins et les dentistes. Lié. À la première année commune.
Ce n’est pas de cas partout mais sur Paris relativement important
En vrac quelques idées
Peut être spécifique à Paris mais peut être pas…

(G. R.)

Avec Parcours sup, les étudiants IDE peuvent aller dans un IFSI à l’autre bout de la France. Une fois les études terminées, la plupart regagnent leur région d’origine. Résultat : moins de recrutement sur le territoire de l’IFSI. C’est exactement ce qui se passe à Villefranche sur Saône où je bosse.

(J. V.)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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