«On n’a pas eu de situation catastrophique» (Le ministre) -Plus d’une cinquantaine d’établissements en tension (Samu-Urgences de France)

Urgences : «On n’a pas eu de situation catastrophique» cet été, affirme le ministre de la Santé

Par Julien Da Sois

https://www.lefigaro.fr/social/urgences-on-n-a-pas-eu-de-situation-catastrophique-cet-ete-affirme-le-ministre-de-la-sante-20240903?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=20240903_NL_ALERTESINFOS&een=8aa4833201a408e8a5d776ac0b844bbc&seen=2&m_i=ErmlhD53WRY%2BI7DcqnEWP7BlWRwuUm4IWZMb75OZwXGLNOAAkJU80t8kzfqeV%2BzqNI4Gi_hROOTKszHlUFl7dK8GAuRzpBWREL

«Je ne dis pas que tout va bien, ça reste très tendu, mais on a des signaux positifs», a estimé le ministre démissionnaire en charge de la Santé. BERTRAND GUAY / AFP

Au pic des tensions en août, «plus d’une cinquantaine» d’hôpitaux étaient en tension, a indiqué ce mardi matin Frédéric Valletoux, qui s’est félicité que, «globalement, le système hospitalier [ait] continué de fonctionner».

Une situation tendue qui devient malheureusement banale. Les hôpitaux ont vécu un nouvel été compliqué, avec «plus d’une cinquantaine» d’établissements ayant déclaré «une situation de tension», a indiqué ce mardi matin sur CNEWS le ministre démissionnaire en charge de la Santé, Frédéric Valletoux. Néanmoins, «on n’a pas eu de situation catastrophique», a-t-il estimé. «Globalement, le système hospitalier a continué de fonctionner», a assuré le député (Horizons) de Seine-et-Marne.

Des affaires ont toutefois fait grand bruit. Comme à Nantes, où quatre patients du CHU sont décédés aux urgences en trois semaines, entre fin juillet et début août, à cause d’un engorgement record selon les syndicats. Une version démentie par la direction de l’hôpital, qui ne considère comme accidentel qu’un seul des quatre décès pointés du doigt. À Brest, un «mur de la honte» a été érigé par la CGT pour dénoncer les temps d’attente aux urgences, atteignant jusqu’à 30 heures.

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«Signaux positifs»

Par rapport au pic de la mi-août, «il y a moins d’hôpitaux en tension» aujourd’hui, a affirmé Frédéric Valletoux sur CNEWS, l’estimant à «une quarantaine», avec six établissements en «plan blanc». «Je ne dis pas que tout va bien, ça reste très tendu, mais on a des signaux positifs», a-t-il estimé. Déjà dans Ouest-France  il y a quinze jours, le ministre démissionnaire de la Santé avait jugé qu’aux urgences, «c’est un peu mieux que l’été dernier et, en tout cas, les tensions ne sont pas aussi fortes qu’au cours de l’été 2022».

Ce n’est pas la vision des syndicats. «Les situations sont très contrastées mais je pense que si l’on faisait l’accumulation de l’ensemble des établissements, la tendance serait, sans doute, à la dégradation globale (de la situation aux urgences, NDLR)», avait souligné le président du syndicat Samu-Urgences de France, le Dr Marc Noizet, dans un récent entretien au Quotidien du médecin, dont l’organisation va publier son propre bilan des tensions estivales dans les hôpitaux durant la semaine du 15 septembre.

Le Dr Marc Noizet (SUdF) contredit Frédéric Valletoux et évoque plus d’une cinquantaine d’établissements en tension

PAR  FRANÇOIS PETTY –  PUBLIÉ LE 20/08/2024 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/urgences/le-dr-marc-noizet-sudf-contredit-frederic-valletoux-et-evoque-plus-dune-cinquantaine-detablissements

En réaction à un entretien accordé par Frédéric Valletoux au journal « Ouest-France » publié ce mardi 20 août, le chef de file du syndicat Samu-Urgences de France dénonce dans une interview au « Quotidien » les « propos rassurants » du ministre démissionnaire. Son syndicat vient de lancer sa propre enquête sur l’état des urgences. Pour lui, il y a sûrement bien plus qu’une « cinquantaine » d’établissements en tension actuellement dans l’Hexagone.

Crédit photo : DR

LE QUOTIDIEN : Frédéric Valletoux estime ce mardi que la situation des urgences n’est pas si catastrophique que cela et recense une cinquantaine d’établissements en tension. Partagez-vous cette analyse ?

DR MARC NOIZET : Pas du tout. Comme tous les ans, le ministère de la Santé a une communication édulcorée. L’objectif étant de rassurer la population. Ce sont juste des propos rassurants, qui ne sont absolument pas en lien avec la réalité du terrain. Comme l’argument de la revalorisation des gardes de nuit, avancé par le ministre, qui aurait permis de faciliter le recrutement cet été. C’est complètement faux. La revalorisation existe depuis 2022. Ce sont bien des effets d’annonce, qui se veulent rassurants, alors que la situation est…(Suite abonnés)

40 % des hôpitaux estiment que la situation de leurs urgences s’est dégradée durant l’été 2024

PAR 

ARNAUD JANIN – 

PUBLIÉ LE 03/09/2024

https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/urgences/40-des-hopitaux-estiment-que-la-situation-de-leurs-urgences-sest-degradee-durant-lete-2024

Une étude réalisée par la Fédération hospitalière de France (FHF) révèle que près de la moitié des établissements publics de santé ont constaté une hausse de l’activité de leurs urgences cet été. Et 39 % des hôpitaux pointent une dégradation de la situation. Les principales solutions mises en œuvre pour faire face à ces défis ont été le recours aux heures supplémentaires.

Crédit photo : Sébastien Toubon

Ce mardi 3 septembre, la Fédération hospitalière de France (FHF) faisait sa rentrée dans un contexte politique incertain – faute de Premier ministre – et non sans gravité sur la situation des hôpitaux publics. Son président, Arnaud Robinet, a tiré la sonnette d’alarme, à rebours de certains propos ministériels rassurants.« Nous vivons un moment décisif dans l’histoire de l’hôpital public. L’échec n’est pas permis. »

Alors que le gouvernement n’a toujours pas été constitué, le patron du lobby hospitalier a évoqué les trois priorités du moment : le financement des établissements publics et médico-sociaux, dont la situation s’est encore fragilisée, les difficultés chroniques liées aux ressources humaines et enfin le besoin d’une loi de programmation pluriannuelle… (Suite abonnés)

Une dégradation aux urgences cet été, selon 39 % des hôpitaux publics

La Fédération hospitalière de France a rendu public son bilan de la saison estivale dans les services des urgences, mardi 3 septembre. Une majorité d’établissements font part d’une situation stable ou en dégradation par rapport à l’année précédente et d’une activité en hausse pour près de la moitié d’entre eux

Par Camille StromboniPublié aujourd’hui à 07h55, modifié à 09h07 https://www.lemonde.fr/sante/article/2024/09/04/une-degradation-aux-urgences-cet-ete-selon-39-des-hopitaux-publics_6303423_1651302.html

Temps de Lecture 2 min.

Une infirmière prend en charge une patiente en salle de déchocage, aux urgences du centre hospitalier de Carpentras (Vaucluse), le 30 août 2024.
Une infirmière prend en charge une patiente en salle de déchocage, aux urgences du centre hospitalier de Carpentras (Vaucluse), le 30 août 2024.  LEWIS JOLY POUR « LE MONDE »

« Stabilité » ou « dégradation ». A l’heure du bilan de la période estivale dans les services d’urgence, en grande difficulté sur de nombreux territoires, c’est le sentiment qui domine, selon l’enquête de la Fédération hospitalière de France (FHF), rendue publique mardi 3 septembre. Fermetures perlées, temps d’attente en hausse, urgentistes en sous-effectif… L’accueil des patients dans ces services, « porte d’entrée » de l’hôpital, est scruté de près été après été, avec une bataille de chiffres désormais habituelle à la sortie de ces mois sous forte pression, en raison des congés des soignants.

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Le ministre de la santé démissionnaire, Frédéric Valletoux, a avancé un premier bilan, le 20 août, en évoquant plus d’une cinquantaine d’établissements « en tension » et une situation « un peu mieux que l’été dernier ». Un constat immédiatement contesté dans les rangs syndicaux d’urgentistes bien plus critiques, notamment SAMU-Urgences de France, dont l’enquête détaillée est attendue pour la mi-septembre. M. Valletoux a évoqué une « quarantaine » d’établissements encore en tension, mardi 3 septembre.

Selon l’étude de la FHF, lobby de l’hôpital public, à laquelle 260 établissements ont répondu, la situation des urgences, par rapport à l’été 2023, s’est dégradée dans 39 % d’entre eux. Elle est restée stable, selon 46 % des répondants, quand 15 % font part d’une amélioration.

Le secteur privé pointé du doigt

« Nous ne pouvons pas laisser le refrain des difficultés aux urgences se répéter chaque année », a alerté son président, et maire (Horizons) de Reims, Arnaud Robinet, qui a appelé à des « financements » pour l’hôpital et à une stratégie « pluriannuelle », alors que la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale est à l’arrêt, dans l’attente d’un nouveau gouvernement. Mettant en avant les déficits massifs qui touchent les hôpitaux publics, à cause d’une inflation non compensée par l’Etat, dénonce-t-il, le responsable demande une augmentation de 6 % de l’Objectif national de dépenses d’assurance-maladie pour les établissements de santé pour 2025.

Selon l’enquête estivale, une activité en hausse aux urgences est remontée de 48 % des établissements – elle est stable pour 45 % d’entre eux – tandis que l’une des principales difficultés de ces services, l’accès à un lit pour hospitaliser les patients qui en ont besoin, ne s’améliore pas ou se dégrade dans près de neuf établissements sur dix. Près d’un établissement sur cinq (18 %) fait état d’au moins une fermeture, une nuit ou une journée, durant l’été. Le manque de médecins constitue l’autre point noir, relevé par 62 % des répondants, ainsi que la « fermeture d’autres services d’urgences », dont témoignent 42 % des établissements.

C’est aussi le secteur privé que les dirigeants de la fédération publique ont pointé du doigt, en appelant à une plus grande implication des cliniques dans la permanence des soins, alors que des fermetures de services du privé sont intervenues sur plusieurs territoires cet été. Selon l’enquête, les trois quarts des hôpitaux estiment que les cliniques ne se sont pas mobilisées, ou faiblement, en cas de tensions estivales. Quant aux outils activés sur le terrain, 34 % des hôpitaux rapportent l’existence d’une régulation préalable par le SAMU et 31 % d’une réorientation à l’admission, tandis que 64 % mettent en avant le recours aux heures supplémentaires des équipes.

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Camille Stromboni

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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