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Introduction. Les masseurs-kinésithérapeutes (MK) libéraux jouent un rôle grandissant dans le système de santé français. Cette évolution a été induite par des changements structurels de l’offre et de la demande sur le marché des soins de premiers recours. Ces changements se caractérisent avant tout par un accroissement de la demande, en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, et par une diminution de la disponibilité des médecins généralistes. La dynamique positive de la démographie des MK, et leur rôle dans la délivrance de soins au domicile des patients, constituent une opportunité afin d’améliorer l’accès aux soins de premiers recours à travers la réallocation d’activités entre médecins généralistes et MK.
Enjeux. Bien que l’accessibilité globale aux MK s’améliore, leur inégale répartition géographique demeure importante. L’Assurance maladie a ainsi lancé une série de politiques conventionnelles au cours de la dernière décennie, ciblant spécifiquement les professionnels des soins de premiers recours non-médecins, dont les MK en 2018. L’objectif global est de réduire les inégalités de répartition des MK entre des bassins de vie « sur- » et « sous- » dotés par le biais de limitations à l’accès au conventionnement dans les premiers, associés à des incitations financières à l’installation dans les seconds.
Méthode. Sur la base d’un design quasi-expérimental, nous utilisons des méthodes d’estimation en différence-de-différences avec décomposition annuelle (event-study), à partir de données administratives entre 2012 et 2022, pour étudier l’évolution de l’offre de soins en MK faisant suite à la réforme de l’Assurance maladie de 2018. Le premier modèle évalue l’effet causal des limitations d’accès au conventionnement dans 133 (sur 166) bassins de vie « sur-dotés » comparativement aux 187 bassins de vie appariés et contrôles. Le second modèle estime l’effet causal des incitations financières sur la densité des MK dans 187 (sur 648) bassins de vie « sous-dotés » comparativement aux 120 témoins.
Résultats. La politique coercitive limitant l’accès au conventionnement dans les bassins de vie « sur-dotés » parvient à stopper la croissance de la densité des MK dans ces zones. Cette limitation s’accompagne d’un effet de « ruissellement » en faveur des zones « très-dotées ». A contrario, il n’est pas estimé de différences significatives entre les espaces « intermédiaires » et ceux « sous-dotés » bénéficiaires d’incitations financières.
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