À Blois, le PS revigoré continue de tâtonner sur son identité

Réunis pour leurs universités d’été, les socialistes, galvanisés par les dernières séquences électorales, peinent encore à définir leur rôle, tant partisan que parlementaire, dans cette période politique. Une bataille interne s’est engagée, avec en ligne de mire le prochain congrès.

Pauline Graulle

30 août 2024 à 08h56 https://www.mediapart.fr/journal/politique/300824/blois-le-ps-revigore-continue-de-tatonner-sur-son-identite?utm_source=hebdo-20240831-083926&utm_medium=email&utm_campaign=HEBDO&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-%5BHEBDO%5D-hebdo-20240831-083926&M_BT=115359655566

 


David Assouline, Hélène Geoffroy et Pierre Jouvet lors du campus socialiste à Blois, le 29 août 2024.  © Photo Laurent Hazgui pour Mediapart

BloisBlois (Loir-et-Cher).– La consigne avait été passée de ne pas gâcher ce moment annuel d’union en étalant les divergences au grand jour. Jeudi 29 août, lors de la première journée des universités d’été du Parti socialiste (PS), les bonnes intentions ont fait long feu. Dès la plénière inaugurale de son « campus » organisé comme chaque année à Blois, les tensions entre différentes lignes stratégiques sont réapparues, poussées par l’importante présence médiatique et le contexte pour le moins incertain de cette rentrée politique.

Réunis sur la même scène pour un débat sur l’analyse des dernières séquences électorales, les représentants des trois courants du parti ont fait monter la pression dans une salle pleine à craquer de militants et d’élus. Avec comme nœud gordien, la relation avec La France insoumise (LFI).

La maire de Vaulx-en-Velin (Rhône) et vice-président de la métropole de Lyon (Rhône), Hélène Geoffroy, opposante à Olivier Faure au dernier congrès, a déroulé les critiques contre la ligne unitaire portée par le premier secrétaire. Prenant soin de rappeler au préalable qu’elle n’avait ni « hostilité à l’égard de l’union de la gauche [en soi] » et qu’il serait stupide de « rejoindre Macron au moment où il décline », cette proche de François Hollande a torpillé « la ligne de Jean-Luc Mélenchon » et visé indirectement un Olivier Faure prétendument sous la coupe de ce dernier.

De quoi susciter des réactions dans une partie de la salle d’où sont montées les huées et les « n’importe quoi » lancés depuis les fauteuils. Et exacerber les tensions dans un parti où, de François Hollande à Olivier Faure en passant par la présidente du conseil régional d’Occitanie Carole Delga, tout le monde semble aujourd’hui à l’unisson sur les mesures incontournables à mettre en œuvre – abrogation de la réforme des retraites, augmentation du smic, etc. – si d’aventure, Emmanuel Macron se décidait à nommer une personnalité de gauche à Matignon.

Le PS à la croisée des chemins

Quoiqu’un peu mieux accueillie, l’intervention de l’ancien sénateur David Assouline, autre opposant à la stratégie portée par Olivier Faure, présent lui aussi sur la grande estrade de la Halle aux grains, n’en a pas moins crispé certains militants. « Dans quel moment de l’histoire a-t-on eu comme allié un parti considéré comme le plus antisémite de France ? Nous avons un partenaire souvent déloyal, insultant, qui joue le chaos qui ne profite qu’à l’extrême droite », a-t-il poursuivi face à une salle oscillant entre franc soutien et perplexité.


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Lors du campus socialiste à Blois le 29 août 2024.  © Photo Laurent Hazgui pour Mediapart

À l’applaudimètre, c’est le lieutenant du premier secrétaire et artisan du Nouveau Front populaire (NFP), Pierre Jouvet, qui a remporté la partie. « Ne vous hystérisez pas dès qu’on parle de LFI ! », a-t-il raillé, rappelant que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) puis le NFP avaient été pour beaucoup dans le fragile retour en grâce du PS à gauche, nonobstant les « sorties, folies et bêtises de Jean-Luc Mélenchon »« Depuis 2022, nous n’avons fait que progresser, car le PS a repris sa place au centre de la gauche ». Mais « le bloc de gauche n’a pas bougé [entre les européennes de 2019 et de 2024 – ndlr] et avec 30 % des voix, nous ne gagnerons pas l’élection présidentielle », a aussitôt ajouté le député européen.

Rompre avec la Mélenchonie au risque de la marginalisation ? Continuer avec des partenaires encombrants, voire attentatoire à l’image du parti de Jaurès ? Sur fond de crise politique inédite, le chemin à prendre est loin d’être pavé de certitudes pour un PS fraîchement ragaillardi, mais encore pas tout à fait reconstruit.

Certes, les dernières élections ont fait figure de victoires inespérées pour le parti, moribond depuis les années Hollande. Un score à deux chiffres, devant LFI, aux européennes en juin ; quarante députés supplémentaires à l’Assemblée nationale au mois de juillet ; des municipales, l’an prochain, qui devraient a priori conforter les sortants, et même permettre de conquérir quelques villes…

Il nous faut devenir des parlementaires adultes.

Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale

Mais dans ces temps politiques imprévisibles, difficile de savoir quelle orientation prendre pour les années à venir. Entre la nouvelle législature qui s’annonce extrêmement instable à l’Assemblée, l’attente interminable d’un nouveau gouvernement, le retour aux urnes pour de possibles législatives anticipées dès l’an prochain, tout est mouvant. Sans parler des autres incertitudes, à commencer par la situation internationale et l’extrême droite qui n’a jamais été aussi menaçante.

En outre, l’hypothèse – encore au stade de la rumeur – de la nomination de Bernard Cazeneuve à Matignon pourrait porter un coup fatal à la fragile unité du PS. D’autant qu’en arrière-plan, la perspective du prochain congrès, qui devrait théoriquement se tenir au printemps ou à l’automne 2025, agit comme un catalyseur de tensions larvées entre les tenants de chaque « TO » (texte d’orientation) déjà en campagne pour la conquête de la direction du parti.


Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et Patrick Kanner à Blois, le 29 août 2024.  © Photo Laurent Hazgui pour Mediapart

Très attendu, Raphaël Glucksmann, la tête de liste des européennes, a livré dans l’après-midi de jeudi un discours aux airs de déclaration de politique générale sur ce que devrait être le rôle de la social-démocratie dans les années à venir. « [Pendant les européennes,] on a été capable de faire reculer à la fois les murs du macronisme et les murs du populisme de gauche . Nous avons réussi à montrer qu’on pouvait remporter des victoires politiques », s’est félicité le co-président de la délégation socialiste au parlement européen, persuadé que seule « l’émergence de cette force, tant à l’échelle européenne et à l’échelle française, empêchera le basculement de nos démocraties dans la barbarie »« On vit un moment extrêmement plastique de notre histoire, on ne doit pas se contenter de répéter les mêmes choses, mais faire preuve d’inventivité, d’agilité, et surtout de travail », a ajouté l’essayiste devant une salle attentive.

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Les présidents des deux autres groupes parlementaires n’ont pas été beaucoup plus précis. Le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, a loué la « magnifique campagne de Raphaël Glucksmann, qui nous a permis de retrouver ce que nous sommes », sans en dire beaucoup plus sur cette identité en (re)construction. Quant à son homologue au Palais-Bourbon, Boris Vallaud, il a reconnu que Raphaël Glucksmann avait « tracé un chemin »… Mais a concédé aussi que cette nouvelle Assemblée nationale sans majorité le plongeait « dans un abîme de perplexité et d’inquiétude ».

« Nous ne savons pas quelle opposition être dans une opposition sans majorité, et nous ne savons pas être une majorité dans une majorité relative. Le défi qui nous est fait, c’est d’inventer les règles de ce parlementarisme. Nous sommes dans un cocon, il nous faut devenir des parlementaires adultes », a-t-il lancé, avant d’appeler ses camarades à se « remettre en question pour redonner de l’utilité au socialisme ». Jeudi après-midi, se tenait également sur le « campus » du PS un débat sur la proportionnelle, sujet qui agite beaucoup les esprits dans le camp présidentiel actuellement. Une fois le gouvernement nommé, la rentrée parlementaire devrait ainsi donner quelques nouvelles pistes de travail à chacun.

Pauline Graulle

En attendant la nomination du premier ministre, Olivier Faure tente de garder la main sur les troupes socialistes

Alors que l’hypothèse Cazeneuve à Matignon prenait de l’ampleur, le patron du PS a mis en scène, à Blois, l’unité du Nouveau Front populaire. En face, les anti-LFI du parti ont cependant haussé le ton, appelant le PS à davantage d’autonomie stratégique vis-à-vis des Insoumis.

Pauline Graulle

31 août 2024 à 18h34

https://www.mediapart.fr/journal/politique/310824/en-attendant-la-nomination-du-premier-ministre-olivier-faure-tente-de-garder-la-main-sur-les-troupes-so?utm_source=quotidienne-20240831-172004&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-%5BQUOTIDIENNE%5D-quotidienne-20240831-172004&M_BT=115359655566

 

BloisBlois (Loir-et-Cher) . – Peut-être est-ce finalement une ex-Insoumise qui a dit le mieux ce que pensait, au fond de lui, le patron du Parti socialiste. Celui-ci n’a d’ailleurs pas pu s’empêcher de coller une bise sur la joue de Clémentine Autain après son passage derrière le pupitre.

Lors de ce meeting du Nouveau Front Populaire (NFP), organisé – fait inédit – aux universités d’été du PS, la co-fondatrice de l’Après – le mouvement co-créé avec les « purgés » du parti de Jean-Luc Mélenchon – n’a pourtant pas épargné le petit millier de socialistes qui lui faisaient face dans la salle de la Halle aux Grains de Blois.

Vendredi, la députée de Sevran (Seine-Saint-Denis) a ainsi mis le doigt pile là où l’union fait mal. Particulièrement au sein d’un Parti socialiste qui s’entredéchire entre les anti-Mélenchon et les pro-NFP. « L’union, ce n’est pas un Yalta des circonscriptions, ce n’est pas se tirer dans les pattes tous les quatre matins, a lancé Clémentine Autain.Il n’y a pas d’autre chemin que l’union de toute la gauche et de tous les écologistes ! Même avec les Insoumis qui nous ont gentiment mis à la porte… »


Lucie Castets, Olivier Faure, Éric Coquerel, et Johanna Rolland lors du meeting du NFP au campus socialiste, à Blois, le 30 août 2024. Photo Laurent Hazgui pour Mediapart

Puis de mettre les pieds dans le plat, alors que l’hypothèse Cazeneuve à Matignon n’a fait qu’enfler durant ces derniers jours : « Emmanuel Macron a vu les dissensions à gauche, et tente donc de prendre celui qui aurait la bonne idée d’accepter d’être nouveau premier ministre sans accord du NFP et qui pourrait créer une crise chez vous », a-t-elle ajouté devant l’assistance d’où sont montées quelques huées à l’évocation du nom de Bernard Cazeneuve.

A côté d’elle, Éric Coquerel (La France insoumise), Marine Tondelier (les Écologistes), Léon Deffontaines (PCF), Lucie Castets, longuement ovationnée, et Olivier Faure s’affichaient, heureux et unis, sur la même scène, face une salle comble scandant « Lucie [Castets] à Matignon ! ». Même les quelques opposants internes à la ligne pro-NFP de la direction qui avaient consenti à s’asseoir dans le public ont cédé à la claque, le visage crispé, pour célébrer cette photo de famille cent fois décomposée et recomposée.

Le « scalp » du Nouveau Front populaire

Avec en arrière-fond, le prochain congrès, qui s’annonce saignant pour la direction actuelle du parti, l’opération était avant tout un message adressé à l’interne : tout autre alliance que celle du NFP risquerait d’être fatale à un Parti socialiste en dynamique de reconquête à gauche. Alors, l’entourage d’Olivier Faure avait sorti les grands moyens et les sourires de circonstance. « C’était bien joué, non ? », savouraient, à la sortie du meeting, les proches du premier secrétaire.

Si Cazeneuve est nommé à Matignon, ce sera la cata : le groupe à l’Assemblée pètera en deux, entre ceux qui voteront la confiance et ceux qui refuseront

Un député socialiste

Dans les cercles moins rapprochés, on prenait un peu plus de distance. « Olivier y a été trop fort dans la démonstration de force… Et puis il n’y avait quasiment que des fauristes dans la salle. En réalité, le parti est vraiment fracturé et si Cazeneuve est nommé à Matignon, ce sera la cata : le groupe à l’Assemblée pètera en deux, entre ceux qui voteront la confiance et ceux qui refuseront », pronostiquait sombrement un député, glacé d’avoir entendu que l’ancien premier ministre de François Hollande était déjà en train de réfléchir à la composition d’un nouveau gouvernement.

D’où l’avertissement lancé vendredi par Olivier Faure devant ses troupes. « Il suffirait de 14 députés socialistes qui rejoignent la coalition Ensemble [les macronistes de l’Assemblée nationale, ndlr] pour avoir une majorité de droite », a-t-il martelé, avant de juger qu’Emmanuel Macron n’avait d’autre dessein que de piéger le PS pour qu’il lui « rapporte le scalp du Nouveau Front populaire ». Un tonnerre d’applaudissements a ponctué sa sortie, scellant l’unanimité enfin retrouvée contre l’adversaire macroniste.


Lamia El Aaraje, Hélène Geoffroy, Nicolas Mayer-Rossignol et David Assouline lors du campus socialiste, à Blois, le 30 août 2024. Photo Laurent Hazgui pour Mediapart.

Mais pour combien de temps ? En début de semaine, le bureau national avait trouvé la parade, produisant une sentence aussi consensuelle que floue : à savoir que le PS ne soutiendrait pas un premier ministre dont la politique ne serait que la « prolongation du macronisme ». Mais les guerres intestines ont rapidement repris le dessus à Blois.

Quelques minutes avant le meeting du NFP, les adversaires internes du dernier congrès, coalisés pour la première fois, avaient donné rendez-vous à 16 heures précises aux journalistes sur une petite place derrière la Halle aux Grains. Objectif de cette opération très médiatique : dire tout le mal qu’ils pensaient de ce PS inféodé au « bruit et à la fureur » mélenchonien et clamer que Lucie Castets ne pouvait être la seule candidate de la gauche à Matignon.

« On a perdu deux mois à parler de Lucie Castets, mais sa nomination n’arrivera pas ! Il faut arrêter de vivre dans le métavers ! », s’agaçait par exemple l’ex-maire d’Argenteuil (condamné mi-décembre 2023 à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt) Philippe Doucet, proche de François Kalfon. Devant les caméras, l’auto-proclamée « Dream team » composée de Carole Delga, Stéphane Le Foll, Karim Bouamrane, Rachid Temal, Nicolas Mayer-Rossignol, David Assouline, Jean-Christophe Cambadélis ou Michaël Delafosse, a demandé solennellement à Olivier Faure la tenue d’un congrès dans les plus brefs délais afin de désencastrer le parti de son alliance avec les Insoumis.

Ménager la chèvre et le choux

Plus question, ont-ils dit en substance, d’être associés aux manifestations pour la destitution du président de la République, aux « marches sur l’Élysée », aux pétitions pour nommer Lucie Castets à Matignon, aux injonctions sur l’application de « tout, et rien que » le programme du NFP… « La sortie de crise n’est pas dans la rue, cette stratégie ne conduit qu’à l’échec, à l’émeute à l’insurrection… Or si le désordre s’installe, on aura Le Pen et Bardella au pouvoir », a plaidé la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, proche de François Hollande.

Le midi même, Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat constatait lui aussi l’impasse de la stratégie du NFP. Et jugeait que si Bernard Cazeneuve se donnait les moyens d’imposer à Macron une « suspension » de la réforme des retraites et plus globalement une politique de gauche sur la fiscalité, les salaires et les services publics – bref, « une vraie cohabitation et pas juste un “parfum” de cohabitation » –, les socialistes devraient être prêts à le soutenir. « Contrairement à Mélenchon qui est dans une logique factieuse pour s’imposer, nous devons être du côté de la stabilité institutionnelle », expliquait-il attablé devant une dizaine de journalistes.

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En clôture des trois jours de rendez-vous, samedi, Olivier Faure a tenté de ménager la chèvre et le chou socialistes, fustigeant les « jeux de rôle de ceux qui cherchent à diviser artificiellement [le parti]. J’aimerais qu’un jour, notre campus ne soit pas l’occasion de faire entendre nos divergences », a-t-il imploré sans y croire.

Puis, répondant à ses opposants, il a pris quelques secondes pour regarder dans le rétroviseur : le congrès d’Aubervilliers, en 2018, lorsque tous les commentateurs déclaraient le PS en mort clinique, la douloureuse vente de Solférino et le cruel plan social, les « cailloux » reçus dans les manifestations. Puis la remontée, ardue, patiente, besogneuse, d’un parti tracté par la Nupes, puis par le NFP.

« Maintenant que nous sommes revenus en ligue 1, préparez-vous à attaquer la Ligue des champions ! », a poursuivi le premier secrétaire devant une salle presque clairsemée.  Puis il a fait monter sur scène quelques figures du PS pour chanter la Marseillaise, entouré de sa garde rapprochée. Aucun de ses opposants internes n’avait, cette fois, accepté d’assister à la fermeture de la parenthèse de ces universités d’été.

Pauline Graulle

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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