On voit comment le journal présente le débat: aucune citation de membre soutenant la position d’Olivier Faure. On a tout de même échappé à la position de Carole Delga.
Le reportage du journal « Le monde » est d’une toute autre tenue.* Il y est fait mention de la réaction de Carole Delga .
(Dr Scheffer)m
PS : « Le parti est au bord de la rupture »… entre pro-NFP et anti-LFI, rien ne va plus au Parti socialiste
Publié le 27/08/2024 à 16:47 https://www.ladepeche.fr/2024/08/27/ps-le-parti-est-au-bord-de-la-rupture-entre-pro-nfp-et-anti-lfi-rien-ne-va-plus-au-parti-socialiste-12161884.php
V.G
Le bureau national du Parti socialiste se tient dans une ambiance particulièrement tendue ce mardi 27 août. En cause, les frictions entre les partisans d’Olivier Faure et ses opposants en interne, qui réclament une « clarification » et souhaitent prendre leurs distances avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon.
Friture sur la ligne socialiste. En plein flou politique et alors qu’Emmanuel Macron a écarté hier l’hypothèse d’un gouvernement du Nouveau Front populaire (NFP), le PS réunit son bureau national ce mardi 27 août. La direction du mouvement a en effet accepté la demande de ses deux courants minoritaires, portés par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, qui avaient réclamé une « clarification » de la ligne du parti.
Les opposants d’Olivier Faure dénoncent « l’alignement » du PS sur la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. « Nous ne pouvons pas être des supplétifs de La France Insoumise », a ainsi lancé Hélène Geoffroy, qui a rappelé que son courant pesait « 51 % du vote des militants sur l’orientation du PS » au dernier congrès de Marseille en janvier 2023.
\ud83c\udf39 A quelques jours de l’ouverture des journées d’été du PS à Blois, ça bouge au sein de l’opposition interne d’Olivier Faure (TO1+TO3) qui réitère sa demande d’un Bureau National en urgence en toutes « amitiés socialistes ». pic.twitter.com/DsAgccZxs9— Antoine Oberdorff (@A_Oberdorff) August 26, 2024
« Nous le savons tous dans ce BN (Bureau national, Ndlr), les provocations de LFI ne cesseront jamais, c’est leur ADN », a déploré Hélène Geoffroy à la tribune, selon une source anonyme consultée par La Dépêche du Midi. « Je n’ai aucune leçon de gauche à recevoir de LFI. Je ne me laisserai pas intimider par leur terrorisme intellectuel », a-t-elle encore lancé.
« Reprendre les discussions »
Au lendemain du refus d’Emmanuel Macron de nommer un gouvernement du NFP, l’opposition interne a également appelé à reprendre les échanges avec le chef de l’État. « J’assume qu’il nous faut reprendre des discussions avec le président de la République, a encore lancé Hélène Geoffroy. Il nous sera reproché par tous les électeurs, les nôtres et ceux du front républicain, de n’avoir pas essayé jusqu’au bout ».
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Et l’élue locale de poursuivre : « Nous demandons un fonctionnement qui associe les instances du parti, le retour à la table des discussions pour trouver une issue et l’abandon du dogme du programme du NFP, le refus d’un vote d’une motion de censure par principe. Il peut y avoir des réformes engagées de gauche et nous devons essayer de les trouver. »
Sébastien Vincini, secrétaire national du PS interrogé lundi par La Dépêche, a lui estimé qu’il était temps « que Jean-Luc Mélenchon passe la main ». « Il empêche la gauche de montrer qu’elle veut apaiser le pays. Il faut montrer que l’on va respecter les institutions et respecter le président de la République », a déclaré celui qui est aussi président du conseil départemental de la Haute-Garonne..
*Le Parti socialiste se divise sur l’attitude à tenir face à Emmanuel Macron et à Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un bureau national houleux, mardi 27 août, les deux courants minoritaires ont vivement critiqué la stratégie du premier secrétaire, Olivier Faure. L’université d’été de Blois, qui débute jeudi 29 août, s’annonce tendue.

Avant l’université d’été du Parti socialiste (PS), qui se tient du jeudi 29 au samedi 31 août à Blois, la tension monte au sein du mouvement. Mardi 27 août, lors d’un bureau national, l’organe exécutif, les divisions entre pro et anti-Jean-Luc Mélenchon, mises en sourdine le temps des élections législatives, ont repris de plus belle, et l’attitude à tenir vis-à-vis d’Emmanuel Macron a suscité des divergences.
La réunion a été provoquée par les deux courants minoritaires, soit la moitié du PS. « Le parti est au bord de la rupture », a averti, dans une sévère allocution, la maire de Vaulx-en-Velin (Grand Lyon), Hélène Geoffroy, qui conduit les partisans de François Hollande. Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, soutenu par la maire de Paris, Anne Hidalgo, et par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, s’est, pour sa part, déclaré « complètement raccord avec Hélène Geoffroy ».
Si les derniers faits d’armes du fondateur de La France insoumise (LFI) après le refus du président de la République de nommer Lucie Castets à Matignon – un appel à la destitution d’Emmanuel Macron et à la manifestation – ont réveillé les opposants au premier secrétaire du PS, Olivier Faure, c’est surtout la décision prise lundi par les membres de la coalition de gauche, le Nouveau Front populaire (NFP), de ne pas se rendre aux nouvelles consultations du chef de l’Etat, qui a provoqué la fronde. Mardi matin, sur France 2, le chef de file du PS a maintenu son refus de retourner à l’Elysée, afin de ne pas être le « supplétif d’une Macronie finissante ».
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« Nous ne pouvons pas être des supplétifs de La France insoumise », lui a répondu Mme Geoffroy lors du bureau national, demandant que le PS reprenne des « discussions avec le président de la République ». Pas question, ont répliqué les partisans du premier secrétaire, répétant qu’ils ne veulent pas faire le jeu d’Emmanuel Macron. Récusant toute inféodation à Jean-Luc Mélenchon, ils se sont dits conscients que le septuagénaire était un « problème », mais ils ont reproché à leurs opposants de le replacer en permanence au centre du jeu.
Une « litanie » de reproches à l’encontre d’Olivier Faure
Il n’empêche que le ras-le-bol se propage au PS et commence à s’exprimer publiquement, y compris dans le courant du premier secrétaire. « Il est temps de rompre », a estimé le secrétaire national du PS, Sébastien Vincini, dans La Dépêche du Midi du 26 août.
Mardi, Hélène Geoffroy a commencé par faire la « litanie » de reproches à l’encontre du premier secrétaire du PS. Parmi eux, un manque de consultation sur les décisions prises dans le cadre de la nouvelle alliance à gauche. La dernière réunion commune avait eu lieu le 13 juillet, a rappelé la maire de Vaulx-en-Velin, lorsque le PS avait décidé que le premier secrétaire serait le candidat du NFP à Matignon. Une proposition refusée par LFI. Mais quand les chefs des quatre formations du NFP se sont accordés sur Lucie Castets, Olivier Faure n’avait cette fois pas consulté le parti.
« Tu annonces être prêt à censurer tout gouvernement qui ne serait pas dirigé par Lucie Castets, y compris s’il est dirigé par un premier ministre dans un gouvernement de cohabitation ? », a interpellé Hélène Geoffroy, réfutant aussi tout « procès en macronisme déguisé ». Les partisans d’Olivier Faure soupçonnent les courants minoritaires de préférer le camp présidentiel aux « insoumis ». « Aucun socialiste ne souhaite être le ministre d’Emmanuel Macron », assure Nicolas Mayer-Rossignol.
Le premier secrétaire a expliqué qu’un premier ministre de gauche ne serait pas censuré a priori, sauf s’il poursuivait la « politique d’Emmanuel Macron ». Un geste d’ouverture : lors du rendez-vous de la gauche avec le chef de l’Etat, vendredi 23 août, M. Faure avait promis de ne soutenir aucune autre première ministre que Lucie Castets, la candidate du NFP – excluant ainsi l’ancien chef du gouvernement de François Hollande, l’ex-socialiste Bernard Cazeneuve, ou le maire (PS) de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, dont les noms circulent depuis plusieurs semaines pour Matignon. « Cela laisse de la marge pour un gouvernement conduit par une personnalité de gauche », s’est félicité l’ancien député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, qui appartient au courant d’Hélène Geoffroy.
La maire de Vaulx-en-Velin a aussi exprimé son refus « d’aller manifester », après l’appel à la mobilisation du Parti communiste français (PCF) et des « insoumis ». « Les manifestations, c’est ajouter du désordre au désordre », a ajouté M. Mayer-Rossignol. Là aussi, la direction du parti n’a pas formellement transigé, mais il n’y aura probablement pas d’appel à participer à la marche lancée par les organisations de jeunesse, programmée le 7 septembre, et à laquelle participeront les chefs des trois autres partis du NFP : Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Manuel Bompard (LFI).
Le visage de l’union de la gauche
L’inflexion d’Olivier Faure n’est pas tant une initiative personnelle que le fruit d’une discussion entre les députés, lundi, sanctuarisée lors d’une réunion du groupe présidé par l’élu des Landes Boris Vallaud, mardi. « Nous devons avoir une attitude ferme mais responsable, car nous sommes les socialistes et nous devons à chaque étape penser aux Français », a justifié l’ancien président de la République François Hollande, député de la Corrèze. Il explique, en privé, ne vouloir être entraîné « ni par Macron ni par Mélenchon ».
Comme d’autres, François Hollande a également déploré les appels à manifester du NFP. Le député (PS) de l’Eure Philippe Brun, qui a recommandé à la gauche, dans une tribune publiée dans Le Monde, d’engager des « discussions afin de former un gouvernement de coalition », a fait remarquer que, si les sympathisants de gauche étaient prêts à se mobiliser contre Emmanuel Macron, ils n’iraient probablement pas soutenir Lucie Castets, qui reste peu connue du grand public.
De son côté, cette dernière continue de faire campagne. La candidate de la gauche s’est connectée en visioconférence à la fin de la réunion de groupe des députés socialistes, évoquant la poursuite des groupes de travail et sa présence lors de l’université d’été de Blois, vendredi – après avoir participé à celles des écologistes et des « insoumis ».
Le matin même, sur France Inter, elle avait annoncé qu’elle resterait le visage de l’union de la gauche, après que LFI a acté vouloir en faire sa candidate à Matignon durant toute la législature, quelle que soit l’issue des consultations menées par le chef de l’Etat. Cette sortie a eu le don d’agacer certains députés, qui se sont sentis ignorés dans leur rôle d’élus.
Redessiner la ligne politique du PS
Olivier Faure a réussi, mardi, à éviter un vote qui aurait exposé les divisions du PS. Mais le premier secrétaire n’est pas au bout de ses peines. Ses opposants commencent à organiser leur réplique en vue de l’université d’été de Blois. Vendredi, Hélène Geoffroy, Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga et Karim Bouamrane, qui ont comme point commun leur rejet de Jean-Luc Mélenchon, se réuniront en privé pour imaginer ce que devrait être la réponse du PS à la crise politique. Une manière polie d’expliquer que la ligne Faure n’est pas la bonne.
Le lendemain, le quatuor s’exprimera devant les militants. L’idée à plus long terme : obtenir la tenue d’une « convention », une procédure qui permettrait de redessiner la ligne politique du PS. Cette demande a jusque-là été repoussée par Olivier Faure. « Une convention sur quoi ? Il faudrait déjà qu’ils essaient de définir une stratégie et qu’ils nous disent dans quelle direction ils veulent aller », s’énerve le député (PS) du Calvados Arthur Delaporte.
Parmi les invités de marque de cette université d’été, le député européen (Place publique) Raphaël Glucksmann, qui entretient des relations glaciales avec Olivier Faure depuis les élections européennes, sera aussi de la partie. Le 20 août, il a appelé, dans Le Point, à « tourner la page Macron et Mélenchon ». A Blois, le premier secrétaire du PS croisera autant d’amis que d’ennemis.
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