Risques | 21.08.2024 | https://www.actu-environnement.com/ae/news/etude-pesticides-cancer-tabagisme-Etats-Unis-44598.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzU5Mw%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

La relation entre l’exposition aux pesticides et le risque d’apparition de cancer chez l’Homme fait l’objet de nombreuses recherches et publications. Une récente étude américaine, menée par cinq chercheurs spécialisés dans le cancer, a retenu l’attention de l’association Générations Futures par son approche globale inédite.
Bien souvent, les études s’intéressent à un pesticide en particulier, à une population type ou bien à un cancer spécifique. Dans cette étude publiée dans la revue scientifique Frontiers in Cancer Control and Society (1) , les auteurs ont travaillé sur la population complète des États-Unis en agrégeant des données sur les volumes de 69 pesticides utilisés à l’échelle des comtés, en les croisant avec les taux d’incidence des cancers, tout en intégrant d’autres facteurs de risque comme le tabagisme ou la vulnérabilité sociale mais aussi l’usage des sols.
Résultat, l’usage de pesticides est bien à l’origine d’un risque accru d’apparition de cancer. Dans quelle proportion ? Proche de celle du tabagisme. « En résumé, l’utilisation des pesticides agricoles a un impact significatif sur tous les types de cancer évalués dans cette étude (tous les cancers, le cancer de la vessie, le cancer du côlon, la leucémie, le cancer du poumon, le lymphome non hodgkinien et le cancer du pancréas), et ces associations sont plus évidentes dans les régions à forte productivité agricole, constatent les auteurs. Les cancers associés aux pesticides semblent être à égalité avec plusieurs types de cancer associés au tabagisme. Il s’agit de la première étude qui présente des estimations complètes des cas exclusivement attribuables à l’utilisation de pesticides agricoles », ajoutent-ils.
Les auteurs ne vont toutefois pas jusqu’à attribuer des valeurs de risque directes pour les individus ou faire des déductions causales. Ils reconnaissent également certaines limites de leur étude comme l’hétérogénéité des différents comtés en termes de taille et de population. Mais pour l’associations Générations Futures, c’est une preuve supplémentaire de l’urgence d’adopter des mesures préventives face aux risques que les pesticides représentent pour la santé publique. Son porte-parole François Veillerette réitère ainsi sa demande envers « les autorités compétentes de prendre au plus vite des mesures pour renforcer la réglementation et protéger les populations les plus vulnérables. »1. Lire l’article complet dans Frontiers
https://www.frontiersin.org/journals/cancer-control-and-society/articles/10.3389/fcacs.2024.1368086/full

Florence Roussel, journaliste
Directrice de la rédaction et rédactrice en Chef d’Actu-Environnement