Lucie Castets affirme que le sujet « n’est pas la destitution mais la cohabitation », sur fond de divisions à gauche

« Il n’y a pas grand monde en dehors de LFI qui est venu apporter son soutien à cette démarche », a résumé la cheffe de file des écologistes, Marine Tondelier, après la tribune des « insoumis » menaçant de destituer le président de la République. 

Le Monde avec AFPPublié hier à 11h09, modifié hier à 20h30 https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/08/19/la-destitution-d-emmanuel-macron-est-une-possibilite-credible-maintient-la-france-insoumise-contre-l-avis-du-reste-de-la-gauche_6286136_823448.html

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Lucie Castets lors d’un déplacement de campagne pour Matignon, à Lille, le 27 juillet 2024, accompagnée de Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Ecologistes, et Aurélien Le Coq, député « insoumis ».
Lucie Castets lors d’un déplacement de campagne pour Matignon, à Lille, le 27 juillet 2024, accompagnée de Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Ecologistes, et Aurélien Le Coq, député « insoumis ».  LUCIE PASTUREAU/HANS LUCAS POUR « LE MONDE »

La menace de destitution d’Emmanuel Macron agitée par La France insoumise (LFI) « est une possibilité crédible », a affirmé lundi 19 août le coordinateur du parti, Manuel Bompard, alors que cette initiative a été largement rejetée par le reste de la gauche. Interrogée au sujet de cette position des « insoumis » lundi soir sur BFM-TV, la candidate du Nouveau Front populaire (NFP) pour Matignon, Lucie Castets, a elle aussi balayé l’option, en déclarant : « Moi, mon sujet, ce n’est pas la destitution, c’est la cohabitation. »

Questionnée sur l’opportunité d’une telle procédure de destitution à l’encontre du chef de l’Etat, la haute fonctionnaire a jugé que « l’option institutionnelle la plus simple pour répondre à une nomination d’un gouvernement qui ne correspondrait pas aux résultats des élections, [serait plutôt] de censurer ce[dit] gouvernement ».

« Il y a aujourd’hui dans le pays une urgence sociale et démocratique », a-t-elle estimé, regrettant l’absence de nouveau gouvernement depuis les résultats des élections législatives du 7 juillet. Lucie Castets a ainsi appelé Emmanuel Macron à sortir de « l’immobilisme ». Selon elle, la gauche unie au sein du NFP pourrait exercer le pouvoir en « trouv[ant] texte par texte des coalitions si chacun accepte de dépasser les clivages politiciens ».

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« Avertissement solennel » des « insoumis »

Malgré les dissensions, LFI maintient pourtant son ultimatum. Réclamant toujours la nomination à Matignon de Lucie Castets, M. Bompard a mis en garde lundi matin le chef de l’Etat sur RTL : « Si vous ne le faites pas (…) nous utiliserons les moyens constitutionnels à notre disposition pour vous renverser. »

En l’occurrence, il s’agirait de recourir à la procédure de destitution prévue à l’article 68 de la Constitution, qui doit être déposée par un dixième des députés puis votée par les deux tiers. Avec 72 membres au Palais-Bourbon, « nous avons un dixième des députés », a relevé l’élu des Bouches-du-Rhône, tandis que ceux « qui soutiennent le président de la République représentent moins d’un tiers des députés à l’Assemblée nationale »« Donc oui, bien évidemment, c’est une possibilité crédible », a-t-il estimé, « mais c’est un avertissement », car « nous préférons [qu’Emmanuel Macron] nomme Lucie Castets à la tête du gouvernement ».

Un « avertissement solennel » même, face à la « dérive autocratique du chef de l’Etat », a renchéri sa collègue Aurélie Trouvé sur TF1, quand une autre « insoumise », Alma Dufour, a défendu sur LCI une « menace pesée » pour « mettre un coup de pied dans la fourmilière ». LFI assume donc cette tentative de pression avant la rencontre des chefs de file du NFP à l’Elysée vendredi en présence de Lucie Castets. Réunion à laquelle participera aussi le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui a pris ses distances dimanche avec cette idée en disant que la proposition de La France insoumise « n’engage que leur mouvement ».

Mais « il n’y a pas grand monde en dehors de LFI qui est venu apporter son soutien à cette démarche », a observé la patronne des écologistes, Marine Tondelier, sur Franceinfo« Est-ce que c’était opportun ? Si c’était le cas je l’aurais dit depuis longtemps », a-t-elle ajouté, jugeant que « chacun a le droit de faire ce qu’il veut » au sein du NFP mais que « la polyphonie qui se dégage de ça ne doit pas se transformer en cacophonie ».

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Le Monde avec AFP

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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