Une demande de destitution du président de la République qui n’a aucune chance d’aboutir

Démettre le président plutôt que nous soumettre » (par Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Manuel Bompard)

Jean-Luc Melenchon, co-président de l'institut La Boëtie et les politiciens LFI Manuel Bompard, Mathilde Panot arrivent au siège du parti LFI, au lendemain du second tour des élections législatives françaises anticipées, à Paris, France, le 8 juillet 2024.

EXCLUSIF – Dans une tribune publiée en exclusivité dans La Tribune Dimanche, les dirigeants du mouvement Les Insoumis* annoncent qu’ils déposeront, sur le bureau de l’Assemblée nationale, une demande de destitution du président de la République s’il ne nomme pas Lucie Castets à Matignon.

Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Manuel Bompard, Nadège Abomangoli, Manon Aubry, Éric Coquerel, Clémence Guetté, Marina Mesure

17 Août 2024, 23:25 https://www.latribune.fr/opinions/demettre-le-president-plutot-que-nous-soumettre-par-jean-luc-melenchon-mathilde-panot-et-manuel-bompard-1004412.html

Jean-Luc Melenchon, co-président de l’institut La Boëtie et les politiciens LFI Manuel Bompard, Mathilde Panot arrivent au siège du parti LFI, au lendemain du second tour des élections législatives françaises anticipées, à Paris, France, le 8 juillet 2024. (Crédits : © LTD / REUTERS/Sarah Meyssonnier)

Emmanuel Macron serait sur le point de nommer un chef de gouvernement sans tenir compte du résultat politique des dernières élections législatives qu’il a perdues après avoir perdu auparavant les élections européennes. Ce serait une décision sans précédent dans le monde des régimes parlementaires et dans le système de la démocratie représentative.

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Déjà, dans les pays européens à l’intérieur et hors de l’Union, chacun avait dit sa surprise à propos de la prétendue trêve politique olympique et du maintien sans délai d’un gouvernement démissionnaire allant bien au-delà de la simple gestion des affaires courantes. Chacun avait dit aussi combien il était étrange de voir le président de la République française balayer d’un revers de main non seulement le résultat du vote mais aussi Lucie Castets, la personne proposée comme Première ministre par la coalition arrivée en tête, le Nouveau Front populaire.

L’objection présentée par les macronistes est connue : personne n’a la majorité absolue donc personne n’a gagné et personne n’a le droit de revendiquer la conduite d’un nouveau gouvernement. Un tel argument aurait pu être entendu si la France n’avait pas déjà fait l’expérience du contraire. Car c’est sans majorité absolue que le pays a été gouverné au lendemain de l’élection législative de 2022. Cette fois-ci d’ailleurs, aussitôt après la dissolution, le ministre de l’Intérieur macroniste avait affirmé que même en majorité relative la coalition arrivée en tête serait légitime pour gouverner ! Sans doute espérait-il retrouver la situation antérieure…

Dans ces conditions, on peut qualifier de coup de force institutionnel contre la démocratie la décision du chef de l’État. Il survient après une longue série impunie de décisions marquant une évolution autoritaire du régime. Désormais nous voici dans les eaux de l’« illibéralisme » que les macronistes faisaient mine de reprocher au Hongrois Viktor Orbán. Mais peut-être le chef de l’État se croit-il absolument sans contrainte institutionnelle dans une telle situation ? Ce n’est pas le cas. Les moyens existent permettant au Parlement de mettre un terme à un tel abus de pouvoir si notoirement antidémocratique.

Il y a évidemment la motion de censure pour faire tomber, dès sa présentation, le nouveau gouvernement du bon plaisir présidentiel. Mais on ne saurait en rester là. La cause de cet abus de pouvoir doit être désignée et sanctionnée. C’est le président de la République lui-même. Le moyen de cette action existe dans le cadre institutionnel actuel. Il s’agit de l’article 68 de la Constitution définissant les conditions de la destitution du chef de l’État. Il peut l’être en cas de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La loi organique qui a installé les dispositions pratiques de cet article précise bien qu’il ne vise pas seulement d’éventuels manquements à la loi. C’est l’Assemblée et elle seule qui décide si telle est la situation.

Le président de la République n’est pas un monarque disposant d’un droit de veto suspensif sur le résultat du vote démocratique

Dans le cas présent, il est évident que le refus de prendre acte d’une élection législative et la décision de passer outre constituent un manquement condamnable aux exigences élémentaires du mandat présidentiel, car il impose au chef de l’État d’être le garant du respect de la démocratie et de ses règles d’organisation en France.

La procédure pour prononcer cette destitution est simple. Il faut que la proposition soit faite et soumise d’abord au bureau de l’Assemblée. Aujourd’hui, le Nouveau Front populaire y est majoritaire. Le bureau pourrait donc tout à fait l’accepter avant de la transmettre à la commission des lois, où les partisans du président sont minoritaires. Ainsi le texte devrait-il alors être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée elle-même et soumis au vote de l’ensemble des députés. Chacun prendrait ses responsabilités. Il est probable que la motion serait adoptée, puisque les partisans du président de la République y représentent moins d’un tiers des députés.

Cette proposition adresserait un signal de résistance démocratique de première grandeur. Il montrerait que le président de la République en France n’est pas un monarque disposant d’un droit de veto suspensif sur le résultat du vote démocratique. Il rappellerait qu’en République le seul souverain est le peuple. Sa souveraineté est au-dessus de celle de tous les organes qui sont censés l’exprimer à l’ordinaire : le président, les députés du moment, et ainsi de suite. Ce droit avait déjà été refusé à Louis XVI en 1789 avant même l’instauration de la République. Comment pourrait-il être accordé à Macron en 2024 ? Pourquoi laisser se faire un déni de la souveraineté du peuple quand existe le moyen légal et pacifique de l’empêcher ?

Si ce moyen d’action contre le coup de force de Macron devait être utilisé, il faudrait évidemment l’expliquer avec soin devant notre peuple et organiser méthodiquement son utilisation. Il va de soi que c’est une décision importante et grave. Idéalement, elle doit bénéficier d’une procédure solide et d’une base aussi collective que possible. C’est pourquoi nous estimons que c’est aux chefs des partis de notre coalition et aux présidences de nos groupes parlementaires d’en débattre et de prendre respectivement leur décision.

Nous donnons à cette tribune un rôle concret d’avertissement solennel. Le président doit admettre le résultat du vote des législatives et nommer Première ministre Lucie Castets tel que proposé par le Nouveau Front populaire. S’il ne le fait pas, il doit savoir que seront utilisés tous les moyens constitutionnels de le démettre plutôt que nous soumettre à son mauvais coup contre la règle de base de la démocratie : en France, le seul maître est le vote populaire !

Le dessin de Chappatte

Le dessin de Chappatte

* La liste des signataires

Mathilde Panot, présidente du groupe LFI-NFP à l’Assemblée nationale

Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de La France insoumise

Nadège Abomangoli, vice-présidente de l’Assemblée nationale

Manon Aubry, co-présidente du groupe de La Gauche au Parlement européen

Éric Coquerel, président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale

Clémence Guetté, première vice-présidente de l’Assemblée nationale et co-présidente de l’institut La Boëtie

Marina Mesure, présidente de la délégation LFI au Parlement européen

Jean-Luc Mélenchon, co-président de l’institut La Boëtie

Menace de destitution d’Emmanuel Macron : le coup de com de LFI agace les autres membres du NFP

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S’il souligne la procrastination provocatrice du Président, le coup médiatique des insoumis dans «la Tribune dimanche» contrarie les autres partis du NFP car il pourrait fragiliser l’hypothèse Castets à Matignon.

Emmanuel Macron à Bormes-les-Mimosas le samedi 17 août. (Manon Cruz/REUTERS)

par Thomas Legrand

publié le 18 août 2024 à 18h26 https://www.liberation.fr/politique/menace-de-destitution-demmanuel-macron-le-coup-de-com-de-lfi-agace-les-autres-membres-du-nfp-20240818_YX2LWNISWBECJHCTHUTVIJZ3LQ/?at_creation=NL_A_la_Une_2024-08-18&at_campaign=NL_A_La_Une&at_email_type=acquisition&at_medium=email&actId=%7Ea8sfp7PlsBjSPZruOm-co59gAFTstmvBN9cOW8dp5sWTeSku7e9NLJ_GtbNNZ8GVj7qKXoRg7YHPAwdXldOheHEs_BlEQsEBP3DXb-HCVcaE4wNYo1gbXtw%3D%3D&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=538930

La France insoumise est la première à tirer au sortir du pont du 15 août. Et elle a choisi du gros calibre, pour faire du bruit. Mais ce sera à blanc, puisque son initiative n’a aucune chance d’aboutir. Samedi soir, dans un texte publié dans la Tribune dimancheles insoumis ont menacé d’engager une procédure de destitution contre le Président qui tarde à «prendre acte» du résultat des élections législatives du 30 juin et 7 juillet. Les leaders mélenchoniens (Jean-Luc Mélenchon, lui-même, Manuel Bompard et Mathilde Panot) accusent Emmanuel Macron d’être coupable d’un «coup de force institutionnel contre la démocratie». «Nous donnons à cette tribune un rôle concret d’avertissement solennel», écrivent-ils. Les chefs insoumis citent l’article 68 de la Constitution, qui donne la possibilité au Parlement de destituer le président en cas de«manquement à ses devoirs, manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat».Mais les conditions institutionnelles et politiques ne pouvant être réunies, cette procédure n’a aucune chance d’être enclenchée et encore moins d’aboutir. C’est donc d’abord un coup médiatique destiné à souligner symboliquement le scandale politique que représente la procrastination provocatrice d’Emmanuel Macron s’agissant de la non-nomination d’un ou d’u…..(suite abonnés)

Pression

Destitution d’Emmanuel Macron : le Parti socialiste ne soutient pas la menace brandie par La France insoumise

Les dirigeants du parti insoumis ont signé une tribune samedi 17 août pour mettre en garde le Président sur une potentielle procédure de destitution. Olivier Faure a fait savoir, ce dimanche 18 août, que le PS ne les soutenait pas.

Manuel Bompard, Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Delogu quittant l’Assemblée Nationale, le 21 juin 2022. (JULIEN DE ROSA/AFP)

par LIBERATION et AFP

publié le 18 août 2024 à 7h50 https://www.liberation.fr/politique/lfi-menace-emmanuel-macron-dune-procedure-de-destitution-contre-son-coup-de-force-institutionnel-20240818_GOAR5WK77FFHVOOHEUYO6P4MXU/

(mis à jour le 18 août 2024 à 13h48)

De quoi faire disparaître toute chance de voir cette procédure aboutir. Olivier Faure a écarté ce dimanche 18 août à la mi-journée l’hypothèse d’un soutien du Parti socialiste à une procédure de destitution d’Emmanuel Macron. Cette menace brandie par La France insoumise «n’engage que leur mouvement», a écrit le patron du PS sur X (anciennement Twitter). «La réponse à une nomination d’un [Premier ministre] qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine est la censure», a-t-il ajouté.

«Nous donnons à cette tribune un rôle concret d’avertissement solennel», écrivent les cosignataires, dont le leader des insoumis Jean-Luc Mélenchon, le coordinateur du parti, Manuel Bompard, ou encore la patronne des députés LFI, Mathilde Panot. Emmanuel Macron «doit savoir que seront utilisés tous les moyens constitutionnels de le démettre plutôt que nous soumettre à son mauvais coup contre la règle de base de la démocratie : en France, le seul maître est le vote populaire», insistent-ils.

La France insoumise menace d’engager une procédure de destitution contre Emmanuel Macron, accusé de «coup de force institutionnel contre la démocratie» pour son refus «de prendre acte» du résultat des législatives de juillet, dans un texte publié samedi 17 août au soir dans La Tribune dimanche.

«Le seul maître est le vote populaire»

Interview

Politique

16 août 2024

Emmanuel Macron a écarté le 23 juillet l’hypothèse de nommer la représentante du NFP, Lucie Castets, à Matignon, arguant qu’elle ne parviendrait pas à réunir une base suffisante à l’Assemblée pour gouverner. Depuis, circulent notamment les noms du président Les Républicains des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ou encore de l’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve.

Alors que le chef de l’Etat doit consulter vendredi les forces politiques en vue de former un gouvernement, près d’un mois et demi après les élections, les insoumis mettent en garde le Président qui «serait sur le point de nommer un chef de gouvernement sans tenir compte du résultat politique» de ces législatives, qui ont placé en tête la gauche unie au sein du Nouveau Front populaire (193 députés), mais loin de la majorité absolue (289 députés).

«Manquement condamnable»

«On peut qualifier de coup de force institutionnel contre la démocratie la décision du chef de l’Etat», déplorent les insoumis. Ceux-ci invoquent donc l’article 68 de la Constitution, qui permet au Parlement de destituer le Président pour «manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat».

«Il est évident que le refus de prendre acte d’une élection législative et la décision de passer outre constituent un manquement condamnable aux exigences élémentaires du mandat présidentiel», plaident les signataires de la tribune.

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12 août 2024abonnés

Une telle procédure doit cependant franchir plusieurs obstacles. Premier temps : convaincre Assemblée et Sénat de se constituer en «haute cour». Ce qui passe par une proposition de résolution qui doit être successivement validée par le Bureau de l’Assemblée (le NFP y dispose d’au moins 12 voix sur 22), puis adoptée en commission des lois, et dans l’hémicycle à une majorité des deux tiers. Un parcours similaire doit ensuite être effectué au Sénat.

Deuxième temps : une fois la «haute cour» constituée, celle-ci dispose d’un mois pour statuer, à bulletins secrets, sur la destitution, là encore à une majorité des deux tiers.

«Si ce moyen d’action contre le coup de force de Macron devait être utilisé, il faudrait évidemment l’expliquer avec soin devant notre peuple et organiser méthodiquement son utilisation», font valoir les insoumis.

«Prendre respectivement leur décision»

Dans cette perspective, la cheffe des écologistes Marine Tondelier, interrogée par La Tribune, élude : «Je n’ose imaginer qu’Emmanuel Macron ne nomme pas Lucie Castets. En tout cas, mon énergie et celle des Ecologistes sont prioritairement employées à ce qu’il le fasse», répond-elle.

Si LFI, avec 72 députés, peut théoriquement déposer seul sa proposition de résolution (il faut un dixième des 577 députés pour le faire), le parti de gauche dit vouloir agir sur une «base aussi collective que possible». «C’est pourquoi nous estimons que c’est aux chefs des partis de notre coalition et aux présidences de nos groupes parlementaires d’en débattre et de prendre respectivement leur décision», affirme-t-il.

Mise à jour le 18 août à 13h48, avec l’ajout du tweet d’Olivier Faure.

La gauche se déchire après la menace d’une procédure de destitution d’Emmanuel Macron défendue par LFI

Dimanche, socialistes, écologistes et communistes se sont désolidarisés de l’« avertissement solennel » lancé au chef de l’Etat par leurs partenaires « insoumis », redoutant que cela hypothèque les chances du Nouveau Front populaire de gouverner. 

Par Publié aujourd’hui à 05h35, modifié à 09h47 https://infos.lemonde.fr/optiext/optiextension.dll?ID=HdcHeIWp8ZhrpVGdXEhDdoUe9wR71uM9BgEEUBRpexcYQuEXiUqRF6kos1wKxyL%2BRJzZR1Uk4zoW0830Ao7Yaezw13hjpXyM0E50fsH4

Temps de Lecture 6 min.

Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, lors de la soirée électorale du second tour des élections législatives, à Paris, le 7 juillet 2024.
Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, lors de la soirée électorale du second tour des élections législatives, à Paris, le 7 juillet 2024.  SAMEER AL-DOUMY / AFP

La mort de l’acteur Alain Delon, survenue dimanche 18 août, a probablement atténué la résonance du dernier coup de Jean-Luc Mélenchon dans une opinion publique encore assoupie par les vacances d’été. Mais, encore une fois, le fondateur de La France insoumise (LFI) a fait trembler les murs de la gauche, fissurant le Nouveau Front populaire (NFP), fragile édifice bâti à la hâte en vue des élections législatives du 30 juin.

Dans un texte paru dans La Tribune dimanche, cosigné avec le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, et la présidente du groupe à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon accuse Emmanuel Macron de « coup de force institutionnel » et d’« abus de pouvoir ». Dans cet « avertissement solennel », LFI somme le chef de l’Etat d’« admettre le résultat des législatives » et de « nommer première ministre Lucie Castets », sans quoi le mouvement déclenchera l’article 68 de la Constitution, qui prévoit la possibilité de démettre le président de la République en cas de « manquements à ses devoirs ».

L’initiative des « insoumis » a été concoctée en secret, en marge de la nouvelle union de la gauche. Manuel Bompard a simplement prévenu ses partenaires par SMS, samedi, de la sortie du texte le lendemain.

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Concrètement, la mise en œuvre de l’article 68 de la Constitution n’a aucune chance d’aboutir, au regard des équilibres politiques actuels. Une résolution doit d’abord être adoptée à la majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale et au Sénat. Puis une haute cour, constituée d’élus des deux Chambres, dispose d’un mois pour se prononcer, là aussi à la majorité des deux tiers. La légitimité juridique de la démarche serait également questionnée. « Le chef de l’Etat est dans son rôle constitutionnel. En l’absence de majorité, il consulte les groupes politiques afin de nommer un premier ministre », justifie l’Elysée, qui dénonce « une agitation bien peu conforme à l’esprit de la République et à la lettre de la Constitution » et note un « goût pour le désordre peu rassurant ».

Au-delà de la faisabilité de la procédure, c’est surtout les conséquences politiques de la démarche que socialistes (PS), écologistes et communistes (PCF) craignent, à cinq jours d’un rendez-vous crucial avec Emmanuel Macron, en compagnie de Lucie Castets. Dimanche, tous se sont désolidarisés de leurs turbulents partenaires, conscients qu’une telle menace promet d’hypothéquer définitivement les chances du NFP de gouverner, en offrant sur un plateau une bonne raison au chef de l’Etat de repousser leur candidate à Matignon.

Puissant séisme interne au Parti socialiste

Le président du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner, voit là une « provocation incongrue », « une [action] isolée, incorrecte par rapport à la démarche d’être reçus collectivement »« En déclenchant un Scud qui n’a pas de poudre, ils fragilisent le NFP et Lucie Castets », ajoute-t-il. De la Corse, où il passe ses vacances, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, ne décolère pas. « L’ordre du jour n’est pas de menacer le président de la République de destitution. La priorité, ce n’est pas de provoquer une crise institutionnelle. LFI a le droit de faire de la présidentielle sa priorité, mais ce n’est pas notre choix », avance-t-il, tout en doutant du « bien-fondé constitutionnel de la démarche ».

Si la cheffe de file des écologistes, Marine Tondelier, préfère ne pas « en faire tout un plat », le sénateur de Paris Yannick Jadot dénonce « une initiative inopportune qui ne construit pas le bon rapport de force avec Emmanuel Macron ». « Ce qui peut apparaître comme une pression supplémentaire nous éloigne de la nomination du NFP [à Matignon] et de l’impératif de crédibilité qui est devant nous », se désole l’ancien candidat écologiste à la présidentielle.

Seul le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, ancien « insoumis », banni par Jean-Luc Mélenchon pour cause de désaccord politique, préfère nuancer. « C’est une bataille politique intéressante qui peut s’engager dans le pays : il faut revenir à un régime parlementaire, en finir avec l’héritage du bonapartisme, du présidentialisme, avec un personnage hors de tout contrôle populaire », analyse-t-il. Tout en précisant que cela ne peut pas « être une bataille identitaire, partidaire », mais qu’il « faut que ce débat prospère dans la société, pour faire évoluer les consciences ». Historiquement, LFI a toujours milité pour passer à la VIe République.

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Au PS, la tribune a également provoqué un puissant séisme interne, réactivant les clivages au sein du parti à la rose entre le premier secrétaire, Olivier Faure, artisan du NFP, et les opposants de Jean-Luc Mélenchon. Alors que la colère commençait à gronder sur les boucles de communication, dimanche matin, M. Faure, qui fêtait ses 56 ans, a réagi en deux temps.

Il a commencé vers 11 heures par un message prudent évitant soigneusement d’évoquer l’initiative « insoumise ». « Dans un contexte où l’extrême droite est en embuscade, où Macron cherche à contourner le choix des Français, nous devons faire preuve de responsabilité en montrant que nous sommes la force qui assure au pays justice et stabilité », a-t-il écrit. Ce n’est que deux heures plus tard qu’il a finalement pris ses distances avec les « insoumis ». « Cette tribune n’est signée que par les dirigeants de LFI. Elle n’engage que leur mouvement », a-t-il alors précisé, jugeant que seule « la censure »était « la réponse à une nomination d’un premier ministre qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine ».

La lettre de LFI semble faire le jeu d’Emmanuel Macron

Il faut dire que les deux courants minoritaires, respectivement conduits par la maire de Vaulx-en-Velin (métropole de Lyon), Hélène Geoffroy, proche de François Hollande, et l’édile de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, qui pèsent ensemble la moitié du PS, avaient déjà demandé la tenue d’un bureau national avant le 23 juillet pour « dire clairement notre refus d’une procédure de destitution ». Chez les partisans de la première, on considère désormais « impossible dans ces conditions d’aller voir le chef de l’Etat », tranche l’ancien député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci, qui était dès le départ défavorable à un rendez-vous commun avec LFI.

Pour l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, la « manœuvre » « insoumise » était « mûrement réfléchie »« Mélenchon veut entraîner la gauche dans un affrontement avec le président, car il souhaite la radicaliser pour en être le champion lors d’une présidentielle anticipée ou pas. C’est toujours la même stratégie : le PS, les Verts et le PCF sont pieds et poings liés au NFP, et, à la fin du match, c’est Mélenchon qui gagne », analyse-t-il.

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Au PS, certains observent que depuis le départ, LFI sabote la candidature de Lucie Castets, en l’empêchant d’abord d’aller nouer des coalitions au-delà du NFP, en l’obligeant ensuite à rétropédaler, comme lorsqu’elle a laissé entendre dans Le Parisien, le 13 août, que le smic à 1 600 euros, l’une des mesures phares du NFP, était un « horizon ». Finalement, la lettre des « insoumis » semble faire le jeu d’Emmanuel Macron, qui rêve de voir le NFP se disloquer. « La décantation se poursuit », remarque-t-on à l’Elysée. Pour le chef de l’Etat, il n’est de toute façon pas question de nommer Lucie Castets, officiellement parce qu’un gouvernement comportant des membres de LFI serait immédiatement censuré.

Pour Matignon, l’hypothèse Cazeneuve

Parmi les personnalités de gauche citées pour Matignon, les noms du maire (PS) de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Karim Bouamrane, poussé par l’aile gauche du camp présidentiel, et de l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve circulent toujours. Ils correspondent « au barycentre de l’Assemblée nationale et de la vie politique », commente l’Elysée. Les deux hommes ont en commun d’être de farouches opposants de LFI, un mouvement exclu par Emmanuel Macron de « l’arc républicain »« Ce serait uniquement pour saper l’union de la gauche », juge Luc Broussy, un proche d’Olivier Faure.

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Selon nos informations, l’hypothèse Cazeneuve a d’ailleurs été évoquée lors d’une réunion de groupe du PS, vendredi 16 août. Il en est ressorti que l’ancien ministre de l’intérieur ne rencontrerait pas d’opposition de principe chez les députés du PS, même si la potion pourrait avoir un goût amer pour certains. Ont surtout été discutées les lignes rouges politiques que le PS ne franchirait pas. Olivier Faure a, lui, fait part de ses réticences, arguant en substance que tout autre candidat que Lucie Castets serait un candidat choisi par la droite. Bernard Cazeneuve avait quitté le PS au moment de la formation de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Depuis, il n’avait cessé de croiser le fer avec le premier secrétaire, l’accusant d’avoir « toutouisé » le PS.

Si Fabien Roussel avait tendu la main à Bernard Cazeneuve, souhaitant rassembler « au-delà de la Nupes », la pilule serait plus difficile à avaler pour les écologistes, qui lui reprochent toujours la mort de Rémi Fraisse, ce militant écologiste tué lors d’affrontements avec des gendarmes, sur le barrage de Sivens (Tarn), en 2014, lorsqu’il était ministre de l’intérieur. A la mi-juillet, M. Cazeneuve avait laissé la porte ouverte. « Je n’ai jamais refusé de mettre de la sagesse là où il y a de la déraison », avait-il dit.

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La menace de destitution d’Emmanuel Macron, nouvelle pierre d’achoppement entre LFI et le PS

Olivier Faure s’est immédiatement désolidarisé de l’initiative insoumise. Les critiques du NFP au sein de son parti n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la « stratégie populiste » de LFI vouée « délibérément à l’échec ».

Anne Hidalgo

Assemblée Nationale

Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon en mai 2022, pour présenter le programme de la Nupes.
Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon en mai 2022, pour présenter le programme de la Nupes. (Thomas SAMSON/AFP)

Par Hadrien Valat

Publié le 18 août 2024 à 16:46Mis à jour le 18 août 2024 à 16:55 https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/le-ps-seleve-contre-la-menace-de-destitution-demmanuel-macron-brandie-par-lfi-2114072

Bon gré, mais surtout mal gré pour une partie d’entre eux, les socialistes se sont résignés au lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale à une nouvelle alliance avec les frères ennemis insoumis. Jusqu’à présent, la frange du parti à la rose hostile au NFP n’avait pas fait de trop de vagues. La menace de procédure de destitutioncontre le président agitée par LFI aura été la goutte de trop -ou le prétexte idoine- pour tirer à nouveau les couteaux.

Accusant Emmanuel Macron de « coup de force institutionnel contre la démocratie » pour son refus « de prendre acte » du résultat des législatives et de nommer Lucie Castets à Matignon, les cadres de La France insoumise ont brandi dans « La Tribune Dimanche » l’article 68 de la Constitution, qui permet au Parlement de destituer le président pour « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».

« Impraticable »

Olivier Faure , le Premier secrétaire du PS, pourtant un des architectes de la Nupes puis du Nouveau Front populaire, a été contraint de monter au créneau : « cette tribune n’est signée que par les dirigeants de LFI. Elle n’engage que leur mouvement. La réponse à une nomination d’un PM qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine, est la censure », assure-t-il. « La destitution est impraticable. Elle suppose une majorité des 2/3 dans les deux assemblées », justifie le patron des roses.

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Les contempteurs de l’alliance avec LFI prennent beaucoup moins de pincettes. « Discutée ? Non. Approuvée ? Non. Engageant le NFP ? Non. Cette tribune -ni fait ni à faire- n’engage que ses auteurs », tacle ainsi le maire socialiste de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, très critique du parti de Jean-Luc Mélenchon. « Et on continue de vouloir gouverner avec LFI ? Ou de faire semblant ? », assène le sénateur PS de Paris Rémi Féraud.

« Stratégie populiste et démagogue »

« Toutes celles et ceux qui continuent de croire ou de nous faire croire qu’une alliance avec la stratégie populiste et démagogue de LFI peut être gagnante nous emmènent dans le mur. Ils constituent et une impasse, et un repoussoir pour de nombreux Français », égratigne Lamia El Aaraje, adjointe d’Anne Hidalgo, sur le réseau social X.

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« Ou comment rendre service au Président avec une menace constitutionnellement et politiquement impraticable, qui divise légitimement la gauche (à nouveau mise devant le fait accompli) », se cabre le député de l’Essonne Jérôme Guedj, qui croise régulièrement le fer avec les insoumis. « Une démarche solitaire, vouée délibérément à l’échec et peu crédible : bref du Mélenchon pur jus », décoche-t-il.

« Les histrions de LFI menacent de destitution le Président de la République. Les agités s’excitent : gesticulation vouée à l’échec. Revenons aux choses sérieuses », tance également le sénateur socialiste Hussein Bourgi. Cette nouvelle secousse au sein du NFP intervient à seulement cinq petits jours de la rencontre prévue entre Emmanuel Macron et l’alliance des gauches, où les quatre partis joueront leur va-tout pour obtenir la nomination à Matignon de leur candidate Lucie Castets.

Hadrien Valat

18 AOÛT 2024

-Lauriane- Politique et féminisme

Pourquoi le PS refuse de s’engager vers une destitution d’Emmanuel Macron ?

 https://blogs.mediapart.fr/lauriane/blog/180824/pourquoi-le-ps-refuse-de-sengager-vers-une-destitution-demmanuel-macron

Emmanuel Macron, Président de la République, a décidé, le 9 juin dernier, le soir même des résultats des élections européennes, en se basant sur l’article 12 de la Constitution, de dissoudre l’Assemblée nationale. Cet article dispose qu’il devait consulter les 3 plus hauts personnages de l’Etat avant de procéder. Il n’a pas respecté le premier alinéa en les « informant » uniquement. Ce soir là, il a dit pour justifier sa décision :  » Je ne saurais donc, à l’issue de cette journée, faire comme si de rien n’était ». 

A l’issue des élections législatives, en raison de la volonté de tous les partis de gauche de se regrouper dans le NFP, d’un certain nombre de désistements républicains, le Rassemblement national n’est pas arrivé en tête (mais a gagné beaucoup de sièges) et la coalition du Président en a perdu beaucoup. 

Depuis, le gouvernement a réussi a remettre sa démission. Il est donc « démissionnaire » et règle les affaires courantes tout en préparant la rentrée (par Nicole Belloubet : il y aura bien des groupes de niveaux par exemple), et le budget (les lettres de cadrages viennent d’être envoyées avec un nouveau gel de 10 milliards pour le budget 2024), et ce ne sont que deux exemples. 

Mais le Président de la République n’a pas nommé de nouveau gouvernement. Dans un premier temps, il était compliqué de savoir qui nommer. 

Cependant, lorsque Lucie Castets a été choisie par la coalition arrivée en tête à l’Assemblée, il eut été constitutionnel de la nommer. Selon l’article 8  » Le Président de la République nomme le Premier ministre ». Il ne le choisi pas. Il ne doit pas consulter les partis. Il le nomme.

Selon l’usage de la Vème République, il ne choisi effectivement pas la personne, elle est désignée, 2 exemples : en 1988, ce sera Michel Rocard, en grande inimitié pourtant avec François Mitterrand.  En 1993, ce fut Edouard Balladur qui fut nommé, alors que la personnalité la plus importante de la droite à l’époque était Jacques Chirac, qui ne souhaitait pas être Premier ministre. Le Président de la République nomme mais ne choisi pas. 

Le 23 juillet, le Président de la République, au lieu de lancer une campagne de diffamation ridicule contre elle, aurait dû nommer Lucie Castets au poste de Premier Ministre. Peut importe les jeux olympiques ou la couleur du ciel.  

Or, ce même 23 juillet, il annonce qu’il ne fera rien avant le 15 août.

Se passent les jeux Olympiques et nous, de nous retrouver avec un storytelling d’un Président jupitérien grâce à qui la France n’a jamais récolté autant de médailles. Il déclare à la fin des Jeux Olympiques  » Nous qui avons vécu pendant deux semaines dans un pays où on a eu le sentiment que l’air était plus léger (…) On n’a pas envie que la vie reprenne ses droits ». La sur-escalade au Moyen-Orient est insupportable, mais on a plein de médailles. Consternant. 

Le 16 août seulement, le même homme qui disait  » Je ne saurais donc, à l’issue de cette journée, faire comme si de rien n’était », annonce qu’il convie les chef.fe.s de partis et de groupes à l’Assemblée nationale … le 23 Août. Ne soyons pas trop pressés. Pourquoi maintenant et pas dès le 8  juillet ?  

L’article 68 de la Constitution ?

Comme il a été beaucoup commenté, le seul garant de la Constitution, c’est le Président lui-même. Il peut la piétiner, ne rien respecter, cette constitution a une grande faille à savoir que le Président a quasiment les pleins pouvoirs concernant l’application de la Constitution. Il est le seul garant de son application.

Il reste l’article 68 de la Constitution, notamment depuis la réforme de 2007. 

S’il ne le savait pas, ses conseillers lui ont rappelé : il ne faut pas trop jouer. Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais … on ne sait jamais. 

Les français adorent les séries américaines, et cela ressemblent beaucoup à la procédure d’impeachment.

Dans quelques jours, toute la twittosphère connaitra les moindres détails de cette procédure qui n’a jamais été mise en place. Et que LFI agite. Parce qu’il y a eu, selon eux un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». 

Ne pas nommer un gouvernement, dérouler la procédure budgétaire, acte le plus important d’un gouvernement, avec l’orientation politique de la force la plus minoritaire de l’Assemblée, n’en déplaise aux commentateurs politiques, il s’agit bien d’un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». 

Le fait de réunir les chef.fe.s de partis et de groupes le 23 août prochain est un bon argument pour montrer qu’il est à l’écoute, qu’il ne s’enferme pas dans un rôle de monarque. Et d’ailleurs, vient qui veut, l’invitation est large même Lucie Castets peut venir ! Le Roi est trop bon. 

La procédure de destitution n’a que peu de chance d’aboutir, mais elle existe. Elle peut au moins être débattu à l’Assemblée nationale. Ce serait un vote pour ou contre la méthode anticonstitutionnelle de Macron qui l’obligerait de nommer un.e Premier ministre. Et si le PR résiste, les élu.e.s seront compté.e.s et une nouvelle élection présidentielle aura lieu. 

Pourquoi le PS ne souhaite-t-il pas peser dans cette opération ? La réponse est dans la conséquence : l’élection présidentielle à venir.

Quittons le droit constitutionnel pour la politique.

Aujourd’hui, qui peut présenter un candidat crédible et qui peut gagner à la présidentielle ? 

Le rassemblement national, évidemment, avec une question à se poser cependant, à savoir s’il vaut mieux Jordan Bardella ou Marine Le Pen. Le risque est très grand. 

LFI ensuite, avec Jean-Luc Mélenchon, qui va se présenter comme recours, comme gauche utile, comme sauveur.

A droite, tout est ouvert, Pécresse, Ciotti, Wauquiez, Bertrand : un festival de possibilités comme de lignes. Aucune chance de gagner. 

Dans le bloc centre droit, futur-ex présidentiel, on imagine Edouard Philippe. On ne sait jamais, le vote utile. 

Mais pour la gauche de gouvernement, le PS ? Personne ne se détache. Cela ne veut absolument pas dire qu’il n’y a personne de présidentiable au PS. Il y a beaucoup de talents. Et le PS est déconcentré. Les baron-ne-s locaux n’ont pas été capable de s’imposer comme Premier ministre, alors comme Président … Mais si le challenge n’est pas le même. 

Il reste Raphaël Glucksmann. La révélation des élections européennes. Mais il n’est pas du PS. Il est de Place publique. Et Olivier Faure le sait très bien, car il fait tout pour s’en débarrasser, maintenant que PP a réussi à refaire une santé au PS. (et le PS de donner de la visibilité à PP). 

Raphaël Glucksmann est la personnalité de gauche préférée des français et il est à la tête, avec Aurore Lalucq, à la tête d’un petit parti qui commence à prendre de l’ampleur, Place Publique. 

Pour le PS, une élection présidentielle maintenant, cela veut dire, devoir se mettre en ordre de marche derrière Raphaël Glucksmann. Or le PS se reconstruit depuis l’élection présidentielle de 2022. La NUPES a permis a des candidats PS d’être élus, d’autres candidats l’ont été grâce à leur notoriété; au total, un groupe de 28 députés PS et apparentés a pu être sauvé.

La campagne des élections Européennes cette année avec Place Publique, a été menée au bénéfice d’un bel arrangement : la force de frappe de l’appareil socialiste avec en tête de liste un homme totalement légitime au parlement européen et engagé dans de nombreux combats humanistes. Un beau score, qui a révélé Raphaël Glucksmann, un peu plus que prévu. Ce n’est pas tout à fait réussi pour le PS, car ce bon score est à partager. Viennent les élections législatives surprises, avec des négociations qui doivent être rapides. Pour le programme, ce sera surtout LFI et PP qui auront le lead sur les idées. Pour les circonscriptions, il faut d’avantages de bouteille et PP se fait avoir. 

Sans candidat, le PS n’a donc aucun intérêt à revendiquer des élections présidentielles. 

Est-ce la bonne stratégie ? 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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