https://www.courrierinternational.com/reveil/2024-08-13#article-6
La Chine se tourne vers l’Afrique pour répondre à sa demande croissante en produits de la mer, mais ses besoins sont-ils conciliables avec les intérêts nationaux africains ? interroge le “South China Morning Post”. Sur les côtes africaines, les ports créés spécialement pour répondre à la demande chinoise se multiplient, fragilisant les populations locales.
South China Morning PostTraduit de l’anglais
Réservé aux abonnés Lecture 3 min.Publié le 13 août 2024 à 05h00
Un nouveau port de pêche chinois va voir le jour en Tanzanie. Il devrait être inauguré l’année prochaine et créer plusieurs milliers d’emplois. Le port de Kilwa Masoko, dont le coût a été chiffré à 111 millions de dollars [102 millions d’euros], est construit dans le cadre de la Belt and Road Initiative (BRI) [les nouvelles routes de la soie], dont le but est de développer des infrastructures permettant de connecter l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Avec ce nouveau port, la Chine cherche à satisfaire son énorme demande intérieure en produits de la mer. Les bateaux de pêche chinois sont accusés de menacer les stocks de poissons, en particulier en Afrique de l’Ouest, et d’avoir parfois recours à des pratiques illégales.
Navires de pêche chinois et petits bateaux locaux
La ville de Kilwa Masoko abrite des plages magnifiques et les ruines d’anciennes villes swahilies. Elle dépend fortement de la pêche mais, selon le gouvernement tanzanien, elle manque des équipements et des infrastructures nécessaires au développement de cette industrie.
Le nouveau port sera tourné vers la pêche commerciale en haute mer. Il devrait créer 30 000 emplois directs et indirects et améliorer le sort des communautés locales, qui vivent principalement de la pêche et de la culture des algues.
Il pourra accueillir jusqu’à dix grands navires de pêche sans commune mesure avec les barques et les petits bateaux utilisés actuellement par les pêcheurs locaux.
Les installations comprendront plusieurs usines de transformation de produits de la mer, une unité de production de glace, une aire de réparation navale et des locaux permettant de stocker 90 tonnes de poisson congelé par jour.
Ce port en Tanzanie fait partie du nombre croissant d’infrastructures de pêche que la Chine a construites …..(suite abonnés)