Le résultat les intrigue et les pousse à envisager une année d’expérimentation supplémentaire » : jusqu’à 1 200 patients par mois au centre de consultation sans rendez-vous d’Albi

ABONNÉS
Publié le 28/07/2024 à 11:01 https://www.ladepeche.fr/2024/07/28/le-resultat-les-intrigue-et-les-pousse-a-envisager-une-annee-dexperimentation-supplementaire-jusqua-1-200-patients-par-mois-au-centre-de-consultation-12098538.php
Un an après son ouverture, le centre de consultations médicales non programmées d’Albi reçoit près de 1 200 patients par mois. Avec 11 médecins retraités devenus indispensables.
A lire aussi : Plus de 20 patients par jour au nouveau centre de consultations médicales d’Albi
En juin 2023, pour son lancement, le centre de consultations médicales non programmées d’Albi comptait 6 médecins, tous retraités, qui recevaient 20 à 25 patients par jour.
Un an après ils sont 11 médecins retraités dont un pédiatre, à exercer chacun deux demi-journées par semaine, pour recevoir aujourd’hui 1 100 à 1 200 patients par mois. « On ne s’attendait peut-être pas à autant de patients mais on n’a pas trop de limites », témoigne Yves Carcaillet.
Médecin généraliste à la retraite, à l’origine de ce projet porté par l’Amra, association des médecins retraités d’Albi, Yves Carcaillet insiste surtout sur le travail collectif qui a permis la réussite de ce projet. Une expérimentation prévue pour deux ans avec un fonctionnement financé aux trois quarts par l’ARS, la ville d’Albi ayant rénové et mis à disposition les locaux au 26 rue Porte Neuve.
« Le résultat les intrigue et les pousse à envisager une année d’expérimentation supplémentaire », confie le Dr Carcaillet, en évoquant la possible participation financière de l’ARS pour une 3e année d’expérimentation envisagée.
« Le but n’est pas de faire du suivi de patients »
« Nous appliquons le tarif des généralistes, à 26,50 €. Avec nos recettes de consultation, nous couvrons le salaire des médecins, mais pas le fonctionnement du centre. Si nous passions à 30 €, ce qui est dans les tuyaux, nous pourrions couvrir une partie des dépenses », poursuit le praticien albigeois.
Côté patientèle, les personnes viennent surtout de la grande périphérie albigeoise mais aussi, pendant l’été, de Mirandol-Bourgnounac, Gaillac, ou encore Réalmont. Plus les touristes de l’Albigeois qui trouvent là une solution d’urgence
« Le but n’est pas de faire du suivi de patients, nous ne sommes pas là pour ça. Mais ceux qui n’ont plus de médecin traitant, qui ont des examens à faire, reviennent pour leurs résultats. Et quand les associés de médecins partis à la retraite, ne reprennent pas la patientèle, les gens reviennent nous voir », reconnaît Yves Carcaillet.
En attendant le médicobus
Côté hôpital, non seulement les patients qui s’adressent sans rendez-vous au centre albigeois, déchargent d’autant les Urgences, mais ces dernières, dans le prolongement de la régulation mise en place cet été avec des infirmier(e) s en pratique avancée, trouvent dans le centre albigeois un deuxième niveau de sélection. Et lui envoient certains patients.
null
A lire aussi : Les urgences s’adaptent à la période estivale
« Nous sommes un centre de consultation externalisé de l’hôpital », confirme le Dr Carcaillet. Lequel se réjouit que parmi les 11 médecins actuellement en exercice, moyenne d’âge 69 à 79 ans, « tous sont partants pour continuer. J’ai même d’autres candidats sous le coude », précise-t-il.
Des médecins retraités qui pourraient aller à la rencontre des patients, dans le cadre du projet en suspens de médicobus. Un dispositif que l’ex préfet du Tarn, Michel Vilbois, avait été chargé par l’État de mettre en place dans le Carmausin Ségala Val 81 et dans le Villefranchois Mont-d’Alban.
A lire aussi : Pose de la première pierre de la maison de santé
« Quand toutes les autorités, Hôpital, ARS, CPAM, département, mairie, conseil de l’ordre des médecins, travaillent ensemble, on trouve des solutions », résume Yves Carcaillé. En espérant la même coopération pour toutes les communes tarnaises confrontées au manque de praticiens.
Le Tarn compte aujourd’hui, tout compris, 56 Maisons et Pôles de santé dont 21 maisons de santé pluriprofessionnelles financées par le département. Une 22e ouvrira en septembre à Lisle-sur-Tarn.