Macron et la gauche : le cocufiage permanent (édito MARIANE)

Macron et la gauche : le cocufiage permanent

Billet

Par  Louis Nadau

Publié le 24/07/2024 à 18:00 https://www.marianne.net/politique/macron-et-la-gauche-le-cocufiage-permanent?utm_source=nl_weekend&utm_medium=email&utm_campaign=20240728&xtor=EPR-2&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

En gouvernant selon son bon plaisir, en cherchant à contourner le résultat des urnes au moyen de bricolages partisans, Emmanuel Macron trahit l’esprit des institutions et abîme sa fonction. Avoir « la République » plein la bouche ne suffit pas, encore faut-il s’en montrer digne.

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La République en danger. On a tellement entendu ce couplet, tellement crié au loup, qu’on finit par ne plus s’émouvoir de rien. En refusant de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire (NFP) ce mardi 23 juillet, Emmanuel Macron a pourtant commis une faute morale, une faute politique, illustrant la dérive d’un régime dans lequel le monarque républicain s’arroge le droit de décider, seul, que telle majorité relative – la sienne – est apte à gouverner, tandis que telle autre – celle du NFP – n’en serait pas capable.

Quelle loi fixe un seuil de sièges en dessous duquel une majorité relative ne pourrait plus gouverner ? Il n’appartient pas au chef de l’État de préjuger de la capacité d’une majorité relative à faire voter des textes, pas plus qu’il ne lui revient de décerner des brevets de républicanisme. Disqualifier a priori,changer la règle du jeu selon le caprice d’un homme, n’est-ce pas la définition même de l’arbitraire ? On répondra que le président de la République peut nommer à Matignon le premier quidam qu’il croisera dans la rue, que la Constitution ne l’oblige à rien en la matière. Certes. Il n’en reste pas moins qu’en gouvernant selon son bon plaisir, en cherchant à contourner le résultat des urnes au moyen de bricolages partisans, Emmanuel Macron trahit l’esprit des institutions et abîme sa fonction. Avoir « la République » plein la bouche ne suffit pas, encore faut-il s’en montrer digne.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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