Politique: après la frénésie, le temps suspendu (Édito de Mediapart).

Après la frénésie, un temps politique suspendu 

Par Fabien Escalona 

22 Juillet 2024

https://www.actu-environnement.com/ae/news/solutions-fondees-nature-rentables-catastrophes-naturelles-etude-scientifique-44484.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8MzU4MA%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

Au lendemain du scrutin des européennes, il y a six semaines, le temps politique s’était accéléré. La dissolution de l’Assemblée nationale, décidée sans souci de collégialité par Emmanuel Macron, avait eu des effets immédiats, que l’on devait chroniquer au jour le jour sous peine de perdre le fil. 

Le parti d’Éric Zemmour, Reconquête, a implosé face à l’hégémonie écrasante du Rassemblement national (RN) sur l’extrême droite. Le parti Les Républicains (LR) a été déstabilisé par le départ de son propre président, Éric Ciotti, pour les rives lepénistes. Les gauches, après s’être divisées entre quatre listes de manière difficilement justifiable sur le fond, ont retrouvé en quelques jours le chemin d’une union programmatique et électorale, sous le nom de Nouveau Front populaire (NFP). 

La campagne électorale des législatives a ensuite débouché sur des résultats inédits. Arrivé en tête des suffrages à un niveau historique à ce type de scrutin, le RN a vu se reconstituer face à lui, au second tour, un barrage républicain puissant. Mais si le péril de voir Jordan Bardella premier ministre a été écarté, l’Assemblée s’est retrouvée tellement éclatée que personne ne peut annoncer avec certitude quelle force gouvernera le pays, selon quelles modalités et combien de temps. 

Depuis, tout s’est ralenti. Après leur course folle, les aiguilles de la montre font du surplace. Emmanuel Macron, qui a refusé de reconnaître sa défaite et prétend qu’il n’y a eu aucun vainqueur, a décidé d’étirer jusqu’à l’excès la notion d’affaires courantes, en demandant à ses ministres de se tenir prêt·es à les assurer jusqu’à fin août, voire mi-septembre. Ce faisant, il utilise au maximum la latitude que lui laissent la Constitution et les pratiques institutionnelles. 

Le calcul qui sous-tend cette attitude est d’éviter toute véritable alternance ou cohabitation. L’élection pour la présidence de l’Assemblée nationale, perdue par la gauche, fournit un argument au chef de l’État. Certes arrivé en tête en nombre de sièges, le NFP reste minoritaire, sans guère de perspectives d’alliances, et entame son crédit chaque jour en ne parvenant pas à trancher ses désaccords sur l’identité de celui ou celle qui entrerait à Matignon. 

Emmanuel Macron rêve d’un gouvernement issu de son camp, en coalition ou simplement soutenu par LR, penchant tellement à droite que le RN lui épargnerait la censure. De quoi durer au moins un an, dans une configuration de majorité relative mais encore fonctionnelle. Il reste qu’une telle solution gouvernementale, qui réussirait la prouesse d’écarter les deux forces ayant le plus nettement progressé dans les urnes, le RN et le NFP, aurait de quoi provoquer la fureur de pans entiers de l’électorat.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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