Des incitations à vivre, étudier ou se former en milieu rural pourrait pousser davantage de jeunes praticiens à s’y installer.

Les médecins exerçant en zone rurale ont le plus souvent grandi ou étudié… en zone rurale

Raphaël Lichten| 16 Juillet 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/médecins-exerçant-zone-rurale-ont-plus-souvent-2024a1000d27?ecd=wnl_all_240722_jim_jim-pro_etid6682190&uac=368069PV&impID=6682190&sso=true

Paris, le mardi 16 juillet 2024 – Une nouvelle étude française montre que des incitations à vivre, étudier ou se former en milieu rural pourrait pousser davantage de jeunes praticiens à s’y installer.

C’est une étude qui pourrait donner des idées aux autorités sanitaires et aux dirigeants de notre pays, alors que les déserts médicaux sont une des préoccupations essentielles de ces dernières années, compte tenu de l’érosion de la démographie médicale qui a entraîné de fortes inégalités territoriales.

Pourtant, une nouvelle étude, parue dans la revue BMC Medical Education et coduite par une équipe de chercheurs français, estime qu’ils sont loin d’être une fatalité, et que plusieurs paramètres permettraient de déterminer pourquoi certains médecins se dirigent vers les zones urbaines et d’autres vers les milieux ruraux.

Une étude menée en Bretagne

Nos lecteurs ne sont pas sans le savoir : la France manque de médecins, surtout en zone rurale. La Drees estime que le nombre de médecins devrait continuer à baisser et les effectifs de 2021 ne seront retrouvés qu’en 2035. Globalement, ce sont dans les zones rurales que vit la majorité de la population souffrant d’un manque de médecins généralistes.

Si certaines études internationales existent pour comprendre les raisons qui poussent les praticiens à s’installer en zone rurale ou urbaine, elles ont été réalisées dans le cadre de systèmes différents de notre système français. 

Les auteurs ont donc cherché à comprendre et à identifier les facteurs associés, en France, à l’exercice des médecins généralistes afin de « déterminer les stratégies qui facilitent l’installation et le maintien des médecins généralistes sur ces territoires », comme ils l’expliquent dans un article publié dans The Conversation

Ils ont ainsi mené une étude cas-témoin portant sur deux groupes de médecins généralistes, l’un vivant et exerçant en milieu rural et l’autre en milieu urbain, en Bretagne. Ces médecins ont été destinataires d’un autoquestionnaire sur leurs parcours de vies personnelle et professionnelle.

Les médecins qui ont grandi en milieu rural exercent plus souvent en milieu rural

Les résultats qui ressortent de ces questionnaires sont assez unanimes : les MG exerçant en zone rurale avaient de forts intérêts liés à la ruralité. Ainsi, ils avaient davantage vécu en zone rurale dans leur enfance, et leurs conjoints ou conjointes travaillent ou bien avaient eux aussi grandi en milieu rural. 

Une bonne partie de ces praticiens avait d’ailleurs effectué au moins un stage en zone rurale dans les six premières années de leur formation médicale, et ils y ont aussi pu effectuer des remplacements au moins 3 fois. « En somme, l’installation d’un médecin généraliste en zone rurale est favorisée par au moins l’un de ces facteurs : y avoir vécu, étudié, ou remplacé », résument les auteurs de l’étude. L’origine rurale des MG a aussi été citée comme un facteur important d’installation en territoire rural par d’autres études non françaises.

Mettre en place des mécanismes incitatifs à l’installation en milieu rural

Les chercheurs estiment que les stages universitaires des étudiants en médecine dans les territoires ruraux devraient être renforcés et plus nombreux. « La réalisation de tels stages s’est d’ailleurs révélée efficace dans de nombreux pays : aux États-Unis, au Canada, au Japon ou encore en Australie », précisent-ils. 

Le remplacement en zone rurale est aussi une bonne idée : une étude canadienne a montré que 44,6 % des médecins généralistes choisissent d’exercer dans une région où ils ont déjà travaillé en tant que remplaçants. Et de souligner toutes les aides et mesures que pourraient prendre les pouvoirs publics pour faciliter et accélérer ces implantations en territoire rural. 

«Des mécanismes facilitateurs portés par les collectivités (un hébergement par exemple), ou des mécanismes conventionnels pourraient favoriser la venue prolongée de remplaçants sur des bassins de vie ruraux», expliquent ainsi, pour conclure, les auteurs de l’étude. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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